mardi 7 août 2012

Shymkent, Sayram et Aralsk

Saaalut!!!

François: On s'était laissés après notre agréable passage des douanes Ouz-Kaz! Après notre belle ride de minibus, on a débarqué au milieu de nulle part, en périphérie de la ville. Suite à une légère errance, on a fini par demander notre chemin puis on a pris un bus vers le centre et on a finalement trouvé notre hotel. En fait, notre hôtel était situé au sein d'un centre commercial un peu défraîchi (du genre la Plaza Ste-Thérèse). Au comptoir, il n'y avait personne... Finalement, un madame est arrivée puis nous a fait visite une chambre à l'étage. Comme la chambre était correcte malgré le fait que l'hôtel était désert, on l'a prise puis on est allés manger dans un petit resto situé en face dudit centre commercial. Comme on n'avait rien mangé depuis notre maigre déjeûner à Tashkent, disons que le laghman faisait du bien! Ensuite, on est allés à proximité écrire le blog dans un café Internet, puis on est revenus à l'hôtel dormir. Là, petit malaise: il n'y avait toujours personne à la réception de l'hôtel malgré les portes grandes ouvertes du centre d'achat sur la rue, et les couloirs menant aux chambres (innoccupées) à l'étage étaient très faiblement éclairés... Si on ajoute ça au profond silence ambiant (déchiré à l'occasion par des bruits sourds de dilatation dans le plafond), l'ensemble faisait assez glauque et pour la sécurité, on repassera... J'étais pas trop à l'aise mettons! On a fini par s'endormir, seulement pour être réveillés à 4h du matin par le vacarme des pigeons qui utilisaient le toit en tôle comme un chilling spot en vogue... On est ensuite allés déjeûner au restaurant (désert, ou presque) adjacent à l'hôtel ou était inclus notre déjeûner... De façon assez surprenante, c'était correct...! Après une bonne douche (froide), on est partis pour une nouvelle belle journée de paperasse: il nous fallait acheter 3 billets de train et nous enregistrer. Ah oui, on a oublié de vous dire ça: au Kazakhstan aussi il faut s'enregistrer (i.e. avoir une belle étampe sur notre déclaration de douane). Il faut normalement le faire une fois seulement et après ça va. Ça se fait automatiquement quand tu arrives au pays par avion, mais pour une raison bizarre, si tu arrives par la route, ben ils étampent pas ton papier et tu dois le faire toi-même en dedans de 5 jours sans quoi c'est 100$ d'amende... Cette aberration bureaucratique exige que tu fasses un tour à l'OVIR le plus proche, le bureau d'enregistrement des étrangers. Ça promettait côté paperasse!

Donc on est d'abord partis en bus vers la gare. Le gars qui collectait l'argent dans le bus (je sais pas si on vous l'a dit mais, dans les autobus publics, il y a le chauffeur et le gars/madame-qui-collecte-l'argent-et-gueule-les-destinations-du-bus-aux-passants-par-la-fenêtre) nous trouvait trop sympa et, peut-être pour nous faire plaisir (?), a demandé au chauffeur du bus de pousser au maximum le volume de la musique techno qui rugissait dans l'autobus, transformant le vieux bus pourri en partybus! On a aussi jasé un peu avec une jeune Kazakhe toute contente de nous parler en anglais et à qui on a laissé notre adresse courriel.... Honnêtement ce genre de scène a dû se produire une bonne dizaine de fois pendant notre séjour en Asie centrale: on ne compte plus le nombre de fois ou on a donné nos adresses courriel! On est finalement arrivés à la gare à moitié sourds et on s'est dirigés vers le guichet, ou une madame archi sympathique a bien voulu nous aider avec nos billets. À un certain moment par contre, on a réalisé qu'on ne pourrait pas aller à l'OVIR aujourd'hui parce que c'était dimanche et donc qu'on ne pourrait pas prendre de train le lendemain parce qu'ils faudrait s'enregistrer. S'enregistrer, oui, mais ou? Le Lonely Planet ne disait meme pas si on pouvait le faire à Shymkent! Un peu perdus, on a quitté la file et on s'est mis en tête d'aller voir sur Internet le site web de l'enregistrement donné par notre guide. Naturellement, la loi de Murphy jouant, il n'y avait aucun café internet près de la gare, malgré un tour de reconnaissance de ma part qui m'a tout de même permis de découvrir une magnifique fresque de Lénine peinte sur le côté d'un immeuble. On est donc revenus en ville en prenant le bus le plus lent du monde, pour découvrir au café internet qu'effectivement on pouvait s'enregistrer à Shymkent, mais sans savoir ou exactement. Par contre, on a appris que certains hotels pas trop chers pouvaient le faire pour nous, alors on a repris l'autobus vers un autre hotel situé tout près d'un immense monument avec fontaines et drapeau géants. Pour à peine plus cher, l'endroit était décidément mieux que la veille, à l'exception du staff hyper bête. On nous a rapporté qu'en Russie, le personnel hotelier est particulièrement désagréable: si c'est vrai, nous en avons eu un bel avant-goût! Ils ont malgré tout bien voulu nous enregistrer, mais le lendemain seulement...

Après ça, on est partis manger du plov dans une gargotte du coin puis on est retournés à la gare. Arrivés aux guichets, notre madame super fine allait prendre sa pause diner mais on s'est précipités et elle a bien voulu prendre un deux minutes pour nous aider!! Finalement, on a pu booker nos 3 billets de train!! Assez contents, on s'est dit que ce serait le temps de commencer à visiter la ville. Shymkent est une ville très jolie et relaxe, avec de beaux et grands parcs de même que de grands arbres feuillus, ce qui donne aux avenues une très belle allure. Les gens (sauf le personnel d'hôtel) y sont comme partout en Asie centrale d'une gentillesse ahurissante mais... reste qu'il n'y a pas grand grand chose à faire dans la ville même! C'est plutôt un arrêt obligé (bien qu'agréable) pour qui visite le sud du Kazakhstan! On a donc marché un peu le long de la plus grande rue et on est tombés sur la South Kazakhstan State University. Puisqu'on nous avait demandé d'y jeter un oeil, on est allés faire un tour en touristes. La place était pleine à craquer d'étudiants venus s'inscrire, alors disons que c'était très animé! Après, on a flâné lentement vers le parc central de la ville ou on est restés assis sur un banc près d'une fontaine en forme de pissenlit à parler et à observer les gens pendant un bon moment. Pendant qu'on était là, on s'est fait donner du jus dans ce qui nous semble être une opération promotionelle puis deux madames avec un bébé sont venus nous jaser un bon moment, nous demandant ce qu'on faisait comme voyage, si on aimait le Kazakhstan, etc., etc.!! Puis, on s'est mis à la recherche d'un resto pour souper. Encore une fois, on ne trouvait que l'habituel plov-laghman-shaslick (mais comment font-ils pour ne manger que ça???), au grand désespoir de Mémé, jusqu'à ce qu'on trouve une cafétéria pas trop mal. On est ensuite revenus faire du lavage à l'hotel. Bref, une journée pas vraiment enlevante, mais disons qu'avec toute la paperasserie, c'était prévisible!

Le lendemain, Mémé a été déjeuner au resto de l'hotel parce que, grosse niaiserie, comme on payait pour une chambre, ben c'était un déjeuner qui était compris, même si on était deux! Ensuite a commencé la pénible tentative de voir comment on allait être enregistrés avec l'OVIR. Le staff, aussi agréable qu'une gastro, nous a d'abord fait comprendre (les deux femmes de la réception ne parlaient pas un mot d'anglais) que ce service-là nous coûterait un peu moins de 10$ par personne (alors que c'était gratuit selon ce qu'on avait lu sur internet) et ensuite qu'on ne pourrait ravoir nos passeports qu'à 14h (il était 9h): on pourrait joyeusement perdre notre temps à les attendre sagement à l'hôtel. Comme on voulait faire quelque chose de notre journée, on leur a dit qu'on irait ailleurs puis qu'on reviendrait à 14h prendre nos passeports à la réception. Les 2 se sont alors mises à nous engueuler en russe, on ne comprenait plus rien jusqu'à ce qu'une bonne âme dans le lobby appelle une amie qui parlait anglais qui a finalement pu nous expliquer qu'on n'avait pas le droit de ne pas avoir nos passeports sur nous et que la police pouvait nous arrêter autrement! Ben là! Ça aurait été si difficile que ça de dire et mimer "niet passeport problem politisia"??? On s'est donc résolus à attendre dans notre chambre que nos papiers reviennent, ce qui n'a pris que 2 h finalement (au moins!).

Une fois notre situation régularisée au Kaz, on a pris un minibus vers la gare de bus.  Naturellement, il était bondé: avez-vous déjà essayé de vous tenir debout dans l'arrière d'une camionnette? Disons que ça fait mal au dos! On a raté notre arrêt et, comme toujours, tout le monde était beaucoup trop gentil et essayait de nous aider: le chauffeur a fini par arrêter un autre minibus qui allait dans la bonne direction et on est embarqués dedans! Une fois rendus à la gare, drame: Mémé avait oublié ses lunettes de soleil dans le premier minibus! Avec quelques babounes, on a pris un autre autobus vers notre destination, le petit village de Sayram, ou il y avait apparemment de petits monuments à visiter. Le village était poussiéreux mais très animé, avec un cachet de campagne qui nous l'a tout de suite rendus assez sympathique à nos yeux. Comme on mourrait de faim, on a commencé par dénicher un petit resto situé dans un sous-sol et ou les télés diffusaient en continu des images de La Mecque (je ne savais pas qu'il existait un genre de CNN mais exclusivement dédié à La Mecque!) Les plats qu'on a mangés sont parmi les meilleurs qu'on a eus (surtout pour le prix!) au Kazakhstan! Au bout d'un moment, la serveuse est venu nous amener deux gros verres de kampot, l'excellent jus de cerise kazakh. Comme on n'avait rien commandé, on était un peu surpris mais la serveuse nous a fait comprendre que c'était le gars et ses amis à une autre table qui nous l'offrait! Comme on le remerciait, le gars est venus nous parler. Enfin, parler: il ne parlait que russe et kazakh, mais on pouvait quand même se débrouiller pour des choses basiques du genre "ou travaillez-vous", "vives-vous à Sayram", enfin vous voyez le genre! En tout cas il était bien fin, on lui a aussi donné notre adresse courriel et on est ensuite partis explorer le village. On cherchait un minaret mais on est plutôt tombés sur quelques mausolées. Il faut le dire, ils étaient moins impressionnants, plus petits et moins colorés qu'en Ouzbékistan, mais c'est compréhensible quand on sait que seul l'extrême-sud-ouest du Kazakhstan était sédentaire autrefois (le reste étant habité par des nomades, il ne reste aucun monument ou presque). Au moment de visiter le 2e mausolée, un monsieur (très petit) qui passait en Mercedes nous a arrêtés et a tenté de nous expliquer qu'il voulait être notre guide pour nous faire visiter les environs. Il était bien gentil mais comme on n'a jamais réussi à comprendre si c'était gracieusement ou non, on a refusé poliment... On a ensuite marché assez longtemps en direction d'un hypothétique 3e mausolée qu'on a finalement jamais trouvé (le Lonely Planet, qui avait décidément quelques ratés ces jours-là, ne donnait pas de carte du village) et on est revenus vers le centre en passant sous une grande arche. On a fait un peu de magasinage dans le bazar local (Mémé a fait bien glousser les vendeuses en essayant des robes) puis on a acheté une crême glacée et des genres de petits gâteaux secs qu'on a mangé en cherchant le fameux minaret. Après plusieurs tentatives infructueuses, on l'a finalement déniché... Disons qu'à 15 mètres de haut, c'est pas le plus gros! Mais on était (ok ok j'étais) vraiment content d'avoir pu admirer la vue du haut de cet imposant édifice!

Après ça, on est rentrés à Shymkent sans problèmes, on est allés au bazar acheter à manger pour notre épopée en train vers Aralsk (on partait le soir même, à 1h du matin), on est allés chercher nos trucs à l'hôtel puis on a trouvé un super resto ou les serveurs étaient encore une fois tout contents de nous avoir et de parler avec nous en anglais! Après un repas une coche au-dessus de l'ordinaire habituel (c'était décidément une bonne journée), on a filé au café internet écrire le blog en attendant notre train. Une heure avant le départ de notre train, on a pris un taxi pour se rendre à la gare (enfin, comme on fait ici, on a fait signe à n'importe quelle voiture de s'arrêter). Le gars qui nous a pris, un policier qui revenait de la job, a accepté tout de suite notre prix et était vraiment sympa! Comme la rue menant à la gare était bloquée, il a fait un super long détour, au point ou on commencait à s'inquiéter un peu et à douter qu'on se rendrait bien un jour à la gare. Finalement, nos soupçons étaient totalement non-fondés puisque non seulement on s'est bien rendus mais, en plus, au moment de payer, le gars nous a dit théâtralement: "No no I can not accept, you are guest in my country, keep your money!" Malgré nos protestations, il ne voulait rien savoir... On vous déjà dit à quel point les gens en Asie centrale sont extraordinaires?

Après un peu d'attente, on a pris notre train pour Aralsk (18h de trajet), une ville éloignée dans l'ouest du Kazakhstan située au bord de ce qui fut autrefois la mer d'Aral. Surprise: on avait notre compartiment pour nous tout seuls!! On a bien dormis puis, le lendemain, on a été périodiquement dérangés par des madames qui voulaient nous vendre des cossins. Il y en a une qui était particulièrement collante: elle vendait des poissons fumés et elle est passé au moins 5 fois, en restant un bon 5 minutes à chaque fois même si on lui faisait comprendre très clairement qu'on ne lui achèterait pas ses poissons! À un moment donné, elle a juste laissé son tas de poissons sur le lite de Mémé puis elle est partie! On est restés un peu bêtes et alors que j'essayais de lui courrir après pour lui remettre ses fichus poissons, elle est revenue avec encore plus de bébelles à vendre! Elle a finalement arrêté de vouloir nous vendre des affaires quand Mémé s'est mise à lui parler uniquement en français! Comme elle ne comprenait rien, elle est vite partie!

On a aussi vécu un épisode un peu plus troublant qui en dit peut-être long sur la surveillance interne au Kazakhstan... Après un certain temps, deux gars en civil sont entrés dans notre compartiment et nous ont tendu des cartes d'identité sur lesquelles on voyait très bien qu'ils étaient de la police. Ils ont demandé nos passeports et nos déclarations de douane. Un peu méfiants, on leur a d'abord tendu les photocopies mais ils insistaient pour voir les originaux. Ils ont regardé nos documents un certain temps, nous les ont redonné puis sont repartis sans un mot. Police secrète ou simplement des policiers en civil? On n'a jamais trop su. Ce qu'on sait c'est que l'ouest du Kazakhstan est une zone un peu plus sensible depuis les émeutes de décembre 2011 qui y ont fait quelques morts et pour lesquelles le gouvernement a été très critiqué, chose rare ici. En tout cas...

Le reste du trajet à travers la steppe semi-désertique a été sans histoire. On a croisé en chemin la base de lancement spatial de Baikonour mais il n'y avait pas de décollage ce jour-là (apparemment que visiter ça est possible mais très complexe et coûteux: dommage, ça aurait été plaisant!). Finalement, on est arrivés à Aralsk.


MP: Comme le train est arrivé à Aralsk avec un peu de retard, on s'est dépêchés pour aller à l'agence d'écotourisme le plus vite possible, sinon il aurait fallu dormir au miteux hôtel Aral! Le centre-ville d'Aralsk est minuscule, mais on a quand même pris quelques minutes pour trouver la place, aidés par un monsieur un peu bizarre qui avait très envie de parler à François. On a finalement appris qu'il était le frère d'une des employées de la compagnie et qu'il était saoul (il n'était même pas 18h)... Le gars de la compagnie nous a expliqué le plan, on a discuté des coûts, etc., puis la dame chez qui on allait dormir à Aralsk est venue nous chercher pour nous mener chez elle. Aralsk est une ville assez pauvre, anciennement 2x plus grosse dans le temps ou la mer s'y rendait et que l'industrie de la pêche était forte. Maintenant, ça a l'air un peu abandonné, les rues en terre, les maisons entourées de clôtures en tôle... On est partis à la recherche d'un petit café avec l'espoir de trouver quelque chose de réconfortant pour Franco qui avait mal au ventre. Malheureusement, ce ne fut pas le cas, c'était même pire que tout! La fille nous a présenté les plats qu'elle avait, mais finalement elle n'a rien compris de ce qu'on voulait et on s'est ramassés avec 2 plats de ce que François avait commandé, et c'était loin loin d'être appétissant: un gros tas de céréales brunes, un oeuf miroir à peine cuit (ce qu'on n'aime pas) et une saucisse hot-dog toute molle... En fait, c'est le pire restaurant qu'on ait fait depuis le début du voyage, c'était horriblement mauvais. En plus, le thé était tiédasse et c'était quand même cher au final. Au moins, ils avaient les Olympiques à la télé, donc ça nous a fait passer le temps, parce que le temps passe lentement à Aralsk! On est ensuite revenus à notre homestay ou notre madame avait invité une voisine avec laquelle elle mangeait en buvant de la vodka. François a eu droit à quelques déclarations d'amour et à deux shots de vodka puis on est allés de coucher.

On a déjeuné avec notre madame du homestay, une espèce de bouillie blanche à la levure et des oeufs miroir, un déjeuner asie-centralien normal quoi. Notre chauffeur est venu nous chercher dans sa vieille jeep beige en tôle et ce fut le début d'un long deux heures de nids de poule dans le désert! Dès qu'on a quitté la ville, on est descendus dans ce qui a déjà été le lit de la mer d'Aral. C'était assez dur de croire que les steppes qu'on voyait à perte de vue avaient déjà été recouvertes d'eau. De temps à autre, on voyait les contours de ce qu'il reste de la mer, mais on croisait surtout beaucoup de chameaux! Il y en avait partout, je n'aurais pas cru qu'on allait en voir autant. On est arrivés à Jalanash, un petit village ou il y a non loin un cimetière de bateaux. Il y en a déjà eu 7, mais les gens ont commencé à récupérer le métal des bateaux donc maintenant il n'en reste que trois. C'est quand même fou de penser que ces bateaux-là n'ont pas été déposés là par exprès, mais qu'il y avait bel et bien de l'eau ici avant. On se rend compte aussi à quel point il devait y avoir de l'eau: on voit au loin des falaises de peut-être 200 m de haut, qui devaient jadis être recouvertes ou du moins être atteintes par l'eau! Alors qu'on prenait des photos de chameaux qui se reposaient sous un gros bateau (il y en a encore un qui m'a craché dessus quand j'ai voulu approcher, ça a pas l'air très sympa comme animal), on s'est rendus compte que notre batterie d'appareil photo était vide! On a continué notre route en passant de temps à autres dans des villages, ou le chauffeur arrêtait pour jaser avec de vieux amis. On est finalement arrivés au village ou on allait passer la nuit. Le chauffeur est descendu parler avec le monsieur de la maison, puis on est partis vers la mer à quelques kilomètres. Rendu là, le chauffeur a essayé de nous faire comprendre qu'on ne pourrait pas dormir au village. Avec l'aide très rudimentaire de notre guide français-russe, on a un peu compris que quelqu'un était mort au village et qu'on allait devoir passer la nuit ici sur la plage, dans des maisons de pêcheurs. J'ai écrit trop vite, "maison" est un beaucoup trop grand mot. C'était un trou dans la terre. Vraiment. Comme une maison de hobbit mais en vraiment crade. De l'extérieur, la seule façon de voir qu'il y a quelque chose là c'est qu'on voit la cheminée du poêle sortir du sol. On entrait sous terre et on tombait dans un espèce de bunker plein de sable, tout sale, plein de pêcheurs sales fumant clope sur clope. À 60$ la nuit, on trouvait ça un peu exagéré de dormir là-dedans. On a donc essayé par tous les moyens de rejoindre quelqu'un qui pourrait nous traduire et nous expliquer. Le gars de l'agence était parti, on n'a jamais compris s'il avait un cellulaire ou non, on a aussi essayé d'appeler Talgat mais le cellulaire du chauffeur n'avait pas l'air de marcher. Bref, on a fini par se dire qu'il valait mieux dormir là-dedans et profiter de la mer que de repartir tout de suite vers Aralsk... On est entrés dans le trou et on a regardé les autres jouer aux cartes en se demandant si on allait avoir ou non un dîner. Écourés par la fumée de cigarette, on est partis vers la plage. Autre déception: la "plage" était en fait de la boue et il fallait dépasser 3m d'algues pour se rendre à l'eau...

On est revenus vers le bunker et on a mangé des nouilles sauce à l'huile et au boeuf en conserve. C'était quand même assez bon étonnamment! On a pu avoir une conversation très rudimentaire avec les pêcheurs. On a dit qu'on était mariés et ils ont demandé (comme tout le monde le fait ici) si on avait des enfants. À notre réponse négative, ils ont fait une face à François du genre "Ouin tu fais pas ta job", déclenchant l'hilarité de tous les autres gars de la place. Ils n'avaient pas l'air super enthousiastes qu'on soit chez eux donc on n'a pas beaucoup parlé mais ils ont eu l'air de beaucoup aimer lire notre guide de conversation français-russe. Après le dîner on est allés marcher sur le bord de l'eau. Si on oublie les algues du début, la mer est très belle et les paysages de steppes sont assez sympas. L'eau est vraiment limpide, ce qui est surprenant, on était sûrs que ça allait être pollué à cause de tous les pesticides que les soviétiques ont utilisés dans leurs champs de coton. L'après-midi a donc été très relax, on a marché et on a jasé assis sur une chaloupe au bord de l'eau. Notre chauffeur est venu nous chercher pour le souper, et on a eu droit à une nouvelle portion de nouilles au boeuf en canne. Les pêcheurs, qui étaient partis en ville, sont revenus et sont allés vers la plage. Là on était vraiment énervés parce qu'on se disait qu'ils allaient aller pêcher et on espérait pouvoir y aller avec eux! C'est en effet ce qu'ils comptaient faire vu que la mer s'était calmée, mais malheureusement ils ont découvert que leur barque avait un trou... Ils ont donc passé la soirée à réparer leur bateau. Un peu déçus, on est retournés avec eux au bunker et on les a regardé jouer aux cartes toute la soirée, essayant de comprendre les règles de leur jeu (ce qu'on a jamais réussi à faire). On se serait crus dans un vieux saloon du far west, parce qu'en plus ils n'avaient pas l'électricité donc on s'éclairait avec une lampe à l'huile et une ampoule au plafond connectée à la batterie de leur jeep... On ne pourrait donc pas recharger l'appareil photo! Ce qui était encore moins bien, c'est qu'ils fumaient cigarette sur cigarette, il y avait un nuage dans l'air, c'était irrespirable! Je passais mon temps à sortir pour m'aérer un peu, mais je finissais toujours par rentrer quand une bestiole X grouillait dans les buissons à côté... Finalement, un des gars nous a montré l'endroit ou on allait dormir, un autre bunker sous la terre, mais là ils avaient enterré une ancienne carcasse de camion rouillée pour faire les murs et le toit. C'était sale et un peu glauque, et justement on s'est mis à imaginer tout ce qui pourrait nous arriver ici dans cette carcasse de camion sous terre, dans les steppes profondes alors que personne ne savait qu'on était là. On a aussi paranoïé (ok, surtout moi) quant au fait que peut-être que tout ça était arrangé et bla bla bla. Bref, moi j'étais vraiment stressée et je me voyais déjà fracasser la lampe à l'huile sur la tête du pêcheur qui viendrait nous couper la gorge pendant la nuit. Ils ont fini par rentrer dans notre bunker pour dormir et on a fini par dormir aussi.

Après une nuit plus ou moins bonne, on s'est fait réveiller par un pêcheur criant "chai chai chai" (thé) pour nous faire lever. Quand on est sortis, on a vu un petit hérisson qui s'était pris dans un vieux filet de pêche! C'était probablement ça que j'entendais dans les buissons la veille, et il a dû se débattre longtemps parce qu'il avait l'air tout faible et avait une patte en sang à cause d'une des mailles du filet. C'était vraiment triste donc on a essayé de le sauver, avec une tige en métal, des ciseaux et un canif. On a réussi à couper chaque maille qui était prise dans ses pics, ce qui a été très long, d'autant plus qu'on avait pas envie de se faire piquer non plus! On a fini par le libérer, il ne restait qu'un bout du filet pris trop profondément sur son dos. Il a été capable de se lever et a marché quelques mètres jusqu'à un ce qu'il rentre comme un épais dans un buisson, ou il est resté pris. J'essayais de lui faire peur pour qu'il aille un peu plus loin mais on s'est dit que peut-être qu'il voulait se reposer là. On était vraiment contents et on est allés déjeûner avec notre chauffeur (des biscuits secs et du thé, un déjeuner de champion...). J'étais tellement contente d'avoir sauvé la vie d'un hérisson que j'ai même osé montrer au chauffeur mes médiocres talents en dessin en lui dessinant la scène! L'avant-midi a été consacré à la plage, François le preux chevalier a même essayé de me faire un chemin entre les algues mais c'était peine perdue tellement il y en avait. On s'est baignés un peu, l'eau était bonne. En fait, on ne peut pas beaucoup se baigner car le fond de la mer est vraaaaaaiment plat (d'ou le paysage de steppes partout), même après 30 m on a juste de l'eau aux fesses! Dans l'eau, il y a les mêmes buissons qu'on retrouve en-dehors de l'eau, ce qui pourrait laisser croire que la mer reprend tranquillement sa place. Il paraît même que d'ici 2030, l'eau devrait se rendre à Aralsk (à 60 km!)!!

On a rejasé sur la chaloupe, puis le chauffeur nous a fait comprendre qu'il aimerait qu'on parte bientôt. On est repassés voir notre ami le hérisson qu'on avait appelé Riba (poisson en russe). Il était dans son buisson encore, mais malheureusement il était mort... Probablement qu'il s'était trop épuisé pendant la nuit... Au moins, il avait un air beaucoup plus reposé que quelques heures plus tôt donc on s'est dit qu'au moins il était mort plus heureux! On a dit merci aux pêcheurs et on est partis pour deux heures de souffrance dans le jeep.

De retour à Aralsk, on avait comme vague plan de se promener sur le rivage et d'aller voir un mémorial aux anciens pêcheurs. Chose la plus étonnante qui soit dans cette bourgade perdue de 30 000 habitants: croiser d'autres touristes! C'était 3 hongrois qui voyageaient 10 jours au Kazakhstan. Ils nous ont dit qu'ils voulaient aller à la piscine, et on les a suivi. C'était un concept assez étrange: dans une espèce de grosse tente en plastique ou les anneaux olympiques sont dessinés en gros, il y a une petite piscine gonflable, des exerciseurs et un table de ping-pong... On a jasé avec les Hongrois dans la piscine à l'eau semi-transparente. On a aussi pu prendre une douche, chose quand même rare dans ce voyage! Après, le plan était d'aller voir une ancienne usine de mise en conserve de poisson. Le seul moyen qu'on a trouvé pour y arriver était de sauter par-dessus les clotures en béton. J'étais semi-sûre que c'était une bonne idée de risquer la questionnette par des policiers kazakhs, mais rendus de l'autre côté, on s'est aperçus qu'il y avait plein d'autres moyens d'accéder légalement au site. On a marché sur les rives, côtoyant les immenses grues pour décharger les bateaux. On a marché plus loin jusqu'à des carcasses de bateaux, la vue de la ville était assez glauque, genre ancienne ville industrielle à l'abandon. En revenant vers la ville, on a croisé deux autres touristes britanniques! C'est quand même assez incroyable! On est tous allés dans un resto pour souper ensemble. Comme j'étais celle qui parlait le plus de russe (c'est dire...) je suis allée voir ce qu'ils avaient au menu. J'ai eu la chance de comprendre tout ce que la fille disait et de pouvoir expliquer les plats aux autres, alors tout le monde était convaincu que je parlais parfaitement russe! On a passé un super beau souper puis on a marché avec les Hongrois vers la gare de train. Le nôtre était 20 minutes plus tard, les pauvres allaient attendre le leur jusqu'à 3h du matin! On s'est fait inviter à Budapest avant de sauter dans notre train pour rencontrer nos deux peu-charmants compagnons de cabine. Le voyage vers Turkestan s'est bien passé, on a même eu froid pendant la nuit avec le vent du désert, une sensation qu'on avait presque oubliée!

lundi 6 août 2012

Tashkent


Salut, ici Marie-Pascale!

On vous avait donc laissés à notre arrivée du train de Samarcande vers Tashkent. Disons que ça a été très foireux! Vous vous souvenez de Malik, l'employé du musée de Shakhrisabz qui nous avait invités à dormir chez lui? On avait compris qu'on devait l'appeler à notre arrivée à la gare à Tashkent. On est donc partis à la recherche d'un téléphone à la gare. Alors qu'on demandait à des policiers s'il y en avait dans les environs, un Ouzbek nous a passé son téléphone! Malik ne répondait pas au téléphone, alors on se mettait vraiment à penser que ça ne fonctionnerait pas, puis Malik a rappelé sur le téléphone du gars. C'est là qu'on a compris qu'il aurait fallu l'appeler plus tôt dans la journée, qu'il pensait qu'on ne venait plus finalement! Comme il était 23h00, il a proposé qu'on aille chez lui en taxi, mais on avait aucune idée d'ou il habitait alors avec le gars on est partis à la recherche d'un taxi, le gars, Malik et le chauffeur se sont tous arrangés pour qu'on se rende. On est partis en remerciant chaleureusement notre Ouzbek providentiel puis on a roulé dans la nuit jusqu'aux faubourgs de la ville pour une bonne demie-heure. Notre chauffeur était super sympathique mais au bout d'un moment on se demandait si on était à la bonne place quand on s'est arrêtés dans un bazar perdu... Après quelques appels, on a trouvé Malik qui nous attendait sur la route un peu plus loin. On était vraiment contents de le revoir et on s'est excusés de notre mauvaise compréhension! On s'est rendus à son appartement, qui est en fait celui de ses beaux-parents, un bloc soviétique dans un quartier résidentiel très calme et avec beaucoup d'arbres. On a rencontré sa femme (Indira) et son beau-frère (Cevinch?), qui parlent tous deux un très bon français! On a pris un thé et du melon d'eau avec eux, en jasant longuement. On a fait connaissance avec Timur, leur bébé de deux mois (Francois: Mémé et le bébé ont semblé beaucoup s'apprécier, surpassant la gêne habituelle de Mémé face aux bébés). On a passé une très belle soirée, ce sont des gens très cultivés, ouverts et vraiment drôles, et on peut avoir des conversations plus profondes que ce qu'on peut avoir avec Talgat et Assel par exemple, puisqu'ils parlent un meilleur français. On a dormi dans leur salon sur les classiques matelas ouzbeks. En fait, comme dans les yourtes, les Ouzbeks (et les Kazakhs et les Kyrgyzs)  mangent traditionnellement à des tables basses, donc assis par terre sur des matelas minces et très colorés. C<est souvent aussi sur ces matelas qu<on dormait dans les yourtes et chez l<habitant.

Le lendemain, on a dejeune avec Indira et Cevinch pendant que Malik reglait des papiers pour leur nouvel appartement qu<ils venaient juste d<acheter. Ce fut tres interessant, on a parle notamment de la censure des medias en Ouzbekistan, de la propagande etc... On est ensuite partis en ville accompagnes de Cevinch mais la journee s<annoncait penible (et ce fut le cas)! En effet, on avait plein de paperasse a faire: sortir de l<argent et acheter des billets de train... Deux etapes qui semblent assez faciles a faire mais qui prennent un temps inimaginable en Asie centrale!! On a commence par prendre le bus pour se diriger vers un hotel chic de la ville qui a un guichet pour cartes etrangeres (on se rappelle qu<il nous restait environ 2$ en soums sur nous...) Pourquoi faire simple quand on peut faire complique? Le guichet n<avait plus d<argent. Bien sur, c<est tellement frequent. On s<est donc diriges vers le monstrueux hotel Uzbekistan, exposant sans honte son sovietisme sur la place centrale de Tashkent! Heureusement que Cevinch etait la pour nous dealer le taxi au prix ouzbek, sinon ca nous aurait coute cher!On a finalement fini par sortir de l<argent! Apres, il fallait echanger nos $US en soums, alors direction un petit marche connu pour ses changeurs au noir. Juste avec tout ca, il etait rendu 12h30! Etape suivante: billets de train. Arrives a la gare, c<etait la cohue comme toujours, avec des files qui sont en fait des amoncellements de gens, et les eternels depassements de tous ceux qui croient que leur temps est plus important que le tien... Cevinch nous disait qu<on ne pouvait aller qu<a une seule caisse de la gare qui etait faite pour les etrangers (mais la file est bien sur pleine d<Ouzbeks). On a donc attendu un peu, jusqu<a ce que la caisse ferme pour l<heure du diner. On est partis manger dans une petite gargotte a cote de la gare avant de revenir vers ladite caisse. Il a fallu jouer du coude un peu pour prendre notre place, les Ouzbeks ne voulant clairement pas nous laisser passer malgre l<ecriteau disant que cette caisse etait pour les etrangers et qu<ils avaient priorite et pouvaient depasser... Comble de malheur, le train pour Shymkent qu<on souhaitait prendre n<etait pas avant une semaine, et aucun autre train ne pouvait nous emmener au Kazakhstan comme on le voulait. Depites, on est partis de la file pour reflechir a nos affaires, et au meme moment ,une autre dame de la gare est venue nous dire qu<on pouvait aussi prendre un autre train, celui qui va vers Moscou et arreter en chemin. Apres longues questions a la madame, on retourne dans la file, tout a l<air de marcher pour les reservations. Erreur, la fille nous dit qu<on ne peut pas arreter a Chymkent. Etonnes, on demande pourquoi: on finit par comprendre que, he bien on peut oui, mais il faut payer le billet jusqu<a Moscou (350$ chaque)!!. Quelle bonne alternative! Plusieurs personnes de la gare ont fini par nous expliquer que ce serait plus simple de le faire en taxi et apres longues tergiversations de notre part, on a fini par trouver qu<il n<y avait aucune autre bonne option en fait... Avec tout ca, il etait peut-etre rendu 15h30! Hilala, decidement l<Asie centrale n<est pas une destination facile....

Commencait alors notre visite de la ville, raison pour laquelle Cevinch nous accompagnait! On est d<abord passe a un BnB pour reserver une place pour la nuit. He oui, une autre joie de l<Ouzbekistan: son enregistrement obligatoire! Il fallait au moins passer une nuit a l<hotel a Tashkent, meme si nous on aurait bien aime encore dormir chez Malik et Indira! Apres, on a marche jusqu<au Khast Imam, le seul vraiment gros monument de Tashkent situee dans la vieille ville. En fait, c<est un complexe avec une mosquee, des mausolees etc, mais surtout avec le plus vieux coran du monde (de l<an 655) (Francois: c<etait assez impressionnant... et aussi un peu glauque: le cheick a qui il appartenait au 7e siecle a ete assassine alors qu<il lisait son Coran et aujourd<hui la page a laquelle le Coran est ouvert est maculee de sang...). Apres, on s<est diriges vers la ville, ou on a monte sur le toit d<un edifice pour avoir une vue sur la ville. Tashkent n<est pas une laide ville, c<est un heureux melange d<immeubles sovietiques, d<un vieux quartier aux rues croches et etroites (heureusement) preserve on ne sait pourquoi et de parcs\monuments megalomanes eriges par le president, mais ce n<est pas la gagnante niveau charme. Par contre, l<avantage de Tashkent par rapport aux autres grandes villes du coin, c<est sa scene culturelle! On avait donc comme idee de passer nos soirees a aller a l<opera, au cirque ou au theatre. Justement, on etait a cote du cirque donc on est passes voir si on pouvait acheter des billets... mais il etait en renovation. Etape suivante: l<opera, assez tentant avec ses grands classiques russes et ses magnifiques salles, a 2$ le billet! Nos espoirs ont vite ete demolis lorsqu<on a vu que les portes de l<opera etaient barricadees et que l<interieur etait en renovation aussi. Le theatre d<a cote etait "en vacances" lui aussi. Mmmmh... Il faut dire qu<on est dans la basse saison, mais reste qu<on etait tout de meme decus!

Une pluie diluvienne a ensuite commence a s<abattre sur la ville et on a saute dans le bus bonde nous menant chez Malik. Bonde? Le record va au banc de deux places qui accueillait deux madames, deux enfants, un bebe et deux adolescentes...! On a soupe chez Malik (pour lui et sa femme, il etait en fait hors de question qu<on aille souper ailleurs!!!), des pates aux patates tres bonnes, qui nous changeaient de la nourriture habituelle! La soiree a ete encore bien drole comme toujours et on est partis vers notre hotel pour la nuit, se faisant inviter a venir prendre une biere avec des amis et dormir chez eux le lendemain! A l<hotel, on a revu encore une fois le Britannique croise a Bishkek et Samarcande, avec qui on a jase un peu. On a fait un peu de lavage avant de rencontrer deux autres backpackers qui buvaient de la vodka tranquillement dans la cour interieure. Ca a tout de suite clique! Il y avait un Suisse et un Autrichien, qui etaient decidement tres droles! On s<est mis a parler de tout et de rien et on a ritcomme jamais, jusqu<a se faire dire par la proprio de la place qu<il fallait arreter de rire sinon on allait reveiller tous les voisins (qui, pour certains, se levaient a 3h30 pour manger a cause du Ramadan)! L<Autrichien etait vraiment tout un phenomene, a 24 ans il avait visite 58 pays et nous racontait son experience il y a quelques mois dans des destinations tendance comme la Somalie et la Syrie comme si c<etait Paris. Apres une soiree aussi exceptionnelle avec Malik et ces deux-la, on est alles se coucher (assez tard) tout heureux!

Ce moment de bonheur a ete de courte duree et disons qu<on a paye pour le lendemain, se reveillant avec des maux de ventres et des nausees (et on n<avait rien bu la la!). Francois n<a pas vraiment dejeune, et moi ca a commence une demie-heure plus tard. C<etait assez fulgurant et desagreable, assez pour qu<on appelle Malik pour lui dire qu<on allait reserver a nouveau a l<hotel pour y dormir toute la journee. C<est aussi ce qu<on a fait, ca aurait juste ete impossible de faire autre chose cette journee-la tellement on filait mal! Francois a reussi a aller assez bien pour sortir acheter de l<eau au bazar et a aller au cafe internet en soiree, mais moi j<ai dormi de midi a 9h00 le lendemain matin...!

Relais par Francois! Apres notre journee passee a dormir a Tashkent, Meme se sentait un peu mieux et on s<est dit qu<on profiterait de l<amelioration de son etat pour passer au Kazakhstan. La frontiere etant tout pres de Tashkent, on a d<abord pris un autobus vers un bazar situe en peripherie de la ville. Apres quelques achats (on manque de shampooing) et quelques hesitations (le Lonely Planet n<est jamais tres clair quant a savoir ou exactement attendent les bus quand il faut faire un transfert), on a fini par s<entasser dans un minibus Daewoo en direction des lignes. Arrives a destination, il a fallu descendre: on doit passer la frontiere a pied! C<est quand meme completement bizarre qu<il n<existe pas de passage "routier" entre les deux pays les plus riches de la region, c<est dire a quel point le commerce intra-Stans semble peu significatif... Bref, on a marche jusqu<au checkpoint ouzbek en se faisant gosser de maniere assez triste pas une toute jeune mendiante qui nous a pris le bras pendant au moins deux minutes... On ne sait jamais trop comment reagir face aux mendiants: leur donner de l<argent encourage la perpetuation du comportement et cautionne l<equation selon laquelle les touristes sont des machines a sous, mais ne pas leur donner entraine quand meme obligatoirement de la culpabilite puisqu<apres tout, que represente 10 sous pour nous? C<est donc toujours un cas de conscience...

A la barriere, le soldat ouzbek de faction, gros fusil d<assaut sous le bras, a regarde nos passeports d<un air patibulaire puis on s<est diriges vers le poste de controle ouzbek ou un gentil douanier (chose rarissime) nous a aide a remplir les formulaires ecrits en ouzbek et en russe! On a ensuite quitte la zone ouzbeke pour aller se cogner aux douanes kazakhes. Apres a voir refuse poliment l<offre d<un gars bizarre qui n<arretait pas de traverser les douanes kazakhes sans montrer son passeport et qui voulait nous faire passer les douanes (??), on a ete faire "la file" avec tout le monde. C<est la que ca a commence a se gater: comme toujours, c<etait la cohue, il y avait des files mais tout le monde depassait, il faisait tres chaud, les gens se chamaillaient et les douaniers etaient treeeeees leeeeeents!! Pour comble, Meme a commence a vraiment mal filer: maux de ventre, nausees, maux de tete, son teint oscillait entre livide et jaunatre et elle etait litteralement pliee en deux, accotee sur la barriere qui separait les files. J<ai passe les douanes et j<aurais voulu rester pour voir comment Meme allait survivre a tout ca, mais un officier m<a signifie que je devais degager la voie!

Meme: Apres le passage de Francois, deux jeunes Kazakhs qui avaient tout fait depuis le debut pour depasser dans la file ont eu l<amabilite de me laisser finalement passer avant eux. Probablement que je n<aurais pas pu avoir l<air plus louche que ca : la face jaune et les yeux dans la graisse de bine, ayant de la difficulte a me tenir debout tellement ma tete tournait!! Justement, en plus de la lenteur douaniere habituelle, il s<est mis a me poser plein de questions: ce qu<on avait fait, ce qu<on allait faire au Kazakhstan, comment on avait trouve le pays... Je repondais 2-3 mots a la fois, le visage crispe par la douleur emanant de mon bedon. Ca a pris un bon 5 minutes, les 5 minutes les plus eternelles de ma vie. A la fin j<etais rendue pliee en deux, assise en petit bonhomme pour ne pas m<evanouir, quelque chose qu<on evite habituellement de faire dans un passage aux douanes... Il a fini par me demander "problem?" et je lui ai fait comprendre que j<etais malade et il m<a remis mon passeport. Les 3 metres me separant des douanes et de l<endroit ou m<attendait Francois ont ete tres penibles, j<ai failli m<evanouir, je voyais plein de points blancs. Quand Francois m<a vue, il a attrape mon sac et j<ai couru vers les toilettes mais des employes mon bloque l<acces. On a fini par sortir dehors, avec le vent providentiel ca allait mieux! Serieusement, je ne pourrais pas imaginer un passage de douanes plus desagreable et louche, je suis encore etonnee de ne pas avoir passe a la fouille!

Francois: Apres etre sortis du batiment des douanes, on est restes un certain moment a l<ombre par terre question que Meme se remette un peu... tout en repoussant les assauts des gossants chauffeurs de taxi (Taxi? Taxi Shymkent? Where are from? First time Kazakhstan? You wedding? Childrens? ...) Hey Chose tu vois pas que ma blonde est blanche comme un drap et qu<elle va s<evanouir si elle se repose pas, est-ce qu<on pourrait avoir deux minutes pour souffler un peu??? Ahlalalalala! Apres un bon quinze minutes, du repos, de l<eau, des Fruit-to-go et les essentiels Gravol, on est finalement sortis de la zone douaniere pour se refaire achaler par des chauffeurs de taxi. On a change de l<argent puis on a trouve une marchtrutka vers Shymkent. Le reste du trajet a ete sans histoire, mis a part les habituels et omnipresents nids-de-poule dans la route. Les paysages etaient bien jolis: de petites collines couvertes de champs de ble et des villages blottis au creux de petites vallees verdoyantes. On est finalement arrives ensuite a Shymkent, apres un transit de presque 5 heures depuis Tashkent (dont deux aux douanes!!!)

vendredi 3 août 2012

Samarcande!

Zdrastvuyte de Turkestan!

MComme vous savez, on se dirigeait vers le sanctuaire d'Hoja-Ismael, un lieu saint d'Ouzbékistan. C'était super beau, mais complètement neuf, on aurait pu croire que ça datait d'il y a deux ans... Le président a aussi fait demander de rénover en enlevant la peinture rouge originale, pour ne pas que ça devienne un lieu de rencontre communiste! Il y avait un gros tombeau en marbre devant lequel des imams et des ouzbeks priaient. Comme on est des touristes civilisés, on a respecté l'écriteau qui demandait de ne pas sacrifier d'animaux ici! (François: le gars qui vendant les billets à l'entrée a tenu à savoir si Mémé était ma blonde... Quand je lui ai dit que oui, il a fait une face de "bon choix!" en levant son pouce en l'air! J'ai trouvé ça assez drôle!) On est revenus à Samarcande et on avait convenu avec le chauffeur d'aller à la banque (la seule de la ville qui accepte les cartes étrangères!) Quand on est arrivés, il était trop tard pour retirer de l'argent (?) et de toute façon, il ne restait plus d'argent dans le guichet... On a donc essayé d'aller à une autre banque, dont le guichet était aussi fermé! On est donc revenus à nos hôtels respectifs, puis le chauffeur nous a fait comprendre qu'il voulait qu'on lui donne plus d'argent que ce qui était convenu. Hilala... On est allés chercher le gars de leur hôtel pour qu'il traduise et on a compris que le chauffeur voulait qu'on paie plus parce qu'on avait fait deux banques plutôt qu'une et qu'on était 4 dans la voiture plutôt que deux... Bref, on a fini par lui donner 2$ pour la banque, mais pas question de payer plus, le prix est par auto, pas par personne! La situation était quand même délicate puisque c'était le mari de la tante de la mère du gars de l'hôtel, donc il n'osait pas lui dire que ça n'avait pas d'allure, mais ne voulait pas nous dire de payer plus!

Avec nos maigres 17 000 soums dans nos poches (6$), on est partis souper dans un resto pas loin, dans lequel on a fini par revoir les Hollandais! Un professeur du Caire en art islamique est venu nous rejoindre. Il était super intéressant, on a parlé du printemps arabe et de la situation actuelle en Égypte. On a passé le reste de la soiréee à l'ordi de l'hôtel pour satisfaire nos lecteurs! On a aussi rencontré notre premier Canadien du voyage (et le dernier à date...), un canado-pakistanais qui avait voyagé aussi en Iran et dans les zones tribales du Pakistan!

On a oublié de vous conter la première nuit à l'hôtel! Notre chambre avait l'air climatisé et on payait plus cher pour ça. En se couchant, on a remarqué qu'il marchait une fois sur deux, qu'en fait il ne faisait que souffler de l'air de dehors! Le pire c'est qu'à intervalle plus ou moins régulier, il faisait un bruit terrible, comme un moteur qui s'emballe mais vraiment fort! On n'allais jamais réussir à dormir avec ça! (Notez aussi que notre magnifique chambre était dotée de conduites de gaz naturel qui fuyaient, d'ou l'odeur permanente de souffre...) François est descendu voir un employé pour dire que ça n'avait pas d'allure pour l'air climatisé, qu'on ne paierait pas pour ça! Le gars est monté dans la chambre et, selon la loi de Murphy, l'air clim s'est mis à souffler de l'air froid et à être silencieux... On a quand même négocié pour baisser le prix de la chambre si ça recommençait. Le propriétaire était tellement désolé qu'il nous a fait un prix ridiculement bas, n'arrêtant pas de s'excuser. À la fin on se sentait tellement mal même, mais on s'est dit qu'on allait passer la nuit et voir le lendemain. Finalement, mis-à-part quelques bruits de moteur, l'air climatisé a bien marchée! On s'est excusés au propriétaire et on lui a dit qu'on paierait le prix initial, ce dont il était bien content!

La deuxième nuit a été correcte aussi. On s'est levés tard le lendemain, donc est s'est dépêchés pour se rendre à la banque avant qu'elle ne ferme. On est entrés, un policier nous a demandé nos passeports et nous a dit qu'on ne pouvait pas utiliser le guichet automatique, qu'il fallait aller voir une madame à l'intérieur. On est allés à un premier comptoir, pour se faire dire d'aller à un autre, puis à un autre, puis à un autre... La dernière madame nous a dit d'attendre et est partie on ne sait ou... À son retour, on lui a dit qu'on préférait le guichet automatique mais elle nous a dit qu'il fallait le faire avec elle (et donc payer 3% de frais) Pour minimiser les coûts, on a décidé de sortir juste 100%, ce qui était finalement un peu juste puisqu'on devait se rendre à Tashkent avec ça... La banque était assez spéciale: il y a plein de madames employées qui ne font rien, parlent entre elles ou au cellulaire, lisent des magazines... Notre madame est revenue, a scanné ma carte, a rempli des formulaires avec du papier carbone, m'a fait signer 1000 trucs puis m'a remis un papier en nous pointant le fond de la banque. On s'est rendus dans une autre pièce ou il y avait des gens derrière une vitre. Ils ont finit par ouvrir la vitre et prendre mon papier et me remettre 100$ US... Sérieusement, on se croyait dans la maison des fous des 12 travaux d'Astérix! C'est le système bancaire le plus bureaucratique!

Cette paperasserie administrative ouzbèque complétée, on est partis à la recherche de l'autre plaie d'Ouzbékistan: la nourriture! On a cherché un endroit ou manger quelque chose de potable et d'un peu différent de d'habitude... Apres 30 minutes de recherches, on s'est rabattus sur des espèces de shish kebab dans un pain hot-dog avec beaucoup de ketchup, c'était pas si pire... Après on s'est premenés dans la section russe de Samarcande, qui était assez petite en fait! On s'est promenés dans un parc puis on a lentement rejoint le centre principal d'attraction de Samarcande: le Registan. C'est un complexe de 3 grandes medressas érigées par Tamerlan. On allait entrer quand on s'est fait arrêter par ce qui semblait être le responsable des billets, qui nous a dit qu'il fallait payer 23 000 soums par personne. On a trouvé que c'était un peu cher donc on est juste restés à côté à discuter et il est venu nous voir en disant "ok ok discount, 20 000 for two". On a accepté et on est rentrés, on a visité les trois medressas, qui étaient magnifiques, il y en avait une ornée de deux gros lions en céramique contrevenant grossièrement à la règle d'absence du vivant. Plus loing, on a vu 3 Ouzbeks traverser une clôture pour entrer sans payer. Un peu après on les a croisé et je leur ai dit "Aracho!" ("bien" en russe) en les pointant pour les féliciter du stratagème, mais ils ont pensé que je les trouvais beaux alors ils ont juste rougi et dit merci. Ça a créé un espèce de malaise et j'étais assez gênée de les revoir après... On est revenus lentement à l'hôtel, s'arrêtant pour prendre une crème glacée, qui était vraiment bonne parce que pas trop molle contrairement à l'habitude.

Avant d'aller souper, on est allés changer notre argent US en soums, et on a réussi à comprendre comment le marché noir marchait! En fait, le matin François était allé avec le gars de l'hôtel dans un genre de petite épicerie ou ils vendaient beaucoup de pains, pour lesquels les gens payaient en soms. Donc les marchands finissaient par se ramasser avec tout un tas de soms, et comme ils préféraient les avoir en dollars, ils les échangent à d'autres gens qui veulent des soms. Après, on s'est dirigés vers un café internet après avoir avoir en vain cherché un taxi pour aller souper dans la partie russe (ils demandaient 2x le prix ouzbek). On a décidé d'aller écrire le blog dans un vrai café internet plein de gamers, avant d'aller manger une super bonne pizza dans un café à côté. On est revenus à l'hôtel en suivant une gang de gars bruyants et visiblement saouls, et plus tristement, en se faisant longuement aborder par un enfant qui mendiait dans la rue. Justement, on s'est rendus compte qu'on n'avait pas vu de mendiants, ce qui est quand même assez étonnant, donc on s'est dit qu'ils devaient être chassés...

Le lendemain, on est partis visiter la vieille ville. On a d'abord longé une rue piétonnière qui était autrefois l'axe principal de la vieille-ville, mais qui est aujourd'hui complètement déshumanisée par ses commerces neufs. En fait, la vieille-ville se cache derriere, cachée par de grands murs! On a commencé par visiter ce qui fut un jour la plus grande mosquée du monde islamique. Son dome à l'entrée était immense! On y a rencontré des Belges qu'on avait rencontrés à Tashkent. Ils nous ont raconté leur périple à la mer d'Aral du côté ouzbek. Justement, on était en train de songer à aller y faire un tour du côté kazakh vu qu'il nous restait du temps. Ils nous ont vraiment donné le goût d'y aller, même si c'est un spectacle assez désolant... Après la mosquée, on est allés voir la tombe souterraine de la mère de Tamerlan située en face. Dans tous ces mausolées, on y voit des gens qui prient, ce qui crée une ambiance de recueillement un peu partout. Après, on a traversé un boulevard stalinien pour atteindre une suberbe mosquée en bois, située sur une colline. En face, il y avait un cimetière, et comme vous savez j'aime les cimetières pour une raison obscure. Il était à flanc de montagne, dans un espèce de désert. Les cimetières musulmans sont agréables à visiter parce que les pierres tombales ont une photo du défunt, on peut voir de quoi les gens avaient l'air. Les petites allées en terre sont graduellement devenues des véritables avenues droites et dallées, avec des occupants qui avaient l'air de plus en plus riche. Finalement, on est arrivés dans la nécropole de Samarcande, le Shah-I-Zinda, rempli de mausolées et de tombeaux richement décorés. Un des cousins du prophète Mahomet y serait enterré, ce qui en fait un lieu prisé de pélerinage. La céramique était vraiment magnifique. Après avoir bien visité, on a croisé un Britannique qu'on avait croisé à Bishkek et on a parlé un bout avec lui.

Tout proche, il y avait un grand bazar, supposément connu pour ses places à plov. Places à plov super dures à trouver. On a fini par les dénicher en demandant à environ cinq personnes. Le propriétaire de la place, un fumant personnage, nous a fait comprendre de manière très imagée qu'on avait bien fait de venir chez lui et non chez son voisin, car sinon on aurait eu la chiasse... Il a aussi nous faire comprendre qu'il n'était pas marié et j'ai eu droit à baise-main! Après avoir salué le comique personnage, on a marché vers la tombe de Daniel de l'ancien testament. C'était assez loin et le prix était un peu indécent. D'autant plus que comme vous savez on a mal calculé notre retrait d'argent et il nous restait un nombre assez ridicule de soms... On a donc juste profité du paysage, à côté d'une rivière. De l'autre côté, des camions détruisaient ce qui avait déjà été des vieilles maisons, ce n'était sûrement pas assez chic pour le Président... On est allés vers le dernier monument, l'astrolab d'Ulugbek (petit-fils astronome de Tamerlan). On s'est fait prendre en photo avec des Ouzbeks (ça faisait longtemps que c'était arrivé ça!) On y a aussi rencontré 3 madames françaises qui elles aussi avaient conclu que le prix était trop élevé. On est revenus en bus vers le bazar, on a fait quelques achats en prévision de notre voyage en train vers Tashkent (la traditionnelle soupe en sachet!). On a marché dans les rues "honteuses" de la vieille-ville, visitant au passage deux jolies mosquées en bois, c'était bien agréable! On y a re-rencontré les Belges du matin, s'étonnant ensemble d'à quel point les petites rues sont encombrées et que malgré tout les voitures s'obstinent à vouloir passer entre les tas de terre et les caniveaux.

Après une autre crème glacée, on a repris nos sacs à l'hôtel et on est partis en autobus vers la gare de train. Contrôles habituels des gares de train, avec des policiers qui avaient plus envie de passer leur temps à discuter avec des touristes qu'à vraiment les contrôler. On a attendu le train avec des millions d'Indiens qui allaient eux aussi à Tashkent, puis avec un Français qu'on avait déjà rencontré. Comme souvent, il y a eu des problèmes avec les billets. Nos places étaient déjà occupées alors le contrôleur nous a amené dans une autre cabine. Là, il y avait trois sièges et une dame et sa fille étaient déjà là. La fille était debout, mais on trouvait que ça n'avait pas de sens qu'elle passe le voyage debout et qu'on lui prenne sa place! On a donc essayé de faire comprendre ça au contrôleur, qui a fini par nous mettre dans une autre cabine. Bref, c'était bien compliqué. Malheureusement, un problème n'attend pas l'autre: le volume extrêmement fort des téléromans ouzbeks projetés dans les télés des cabines. Profitant de l'absence de nos compagnons, on a réussi à baisser le volume, à partir de là le voyage a été beaucoup plus agréable. On a parlé un peu à nos compagnons de cabine, dont un vieux monsieur qui nous a donné un gros sac de tomates(?)!!

La suite, Tashkent, plus tard!

À bientôt!

lundi 30 juillet 2012

Bukhara, Samarcande et Shakhrisabz


Hellloooo!!!

Ici Francois! On vous livre la suite de Bukhara!

Donc apres notre premiere journee en ville, on a passe la seconde a visiter ce qu<on n<avait pas pu voir lors de la premiere! (N.B.: on a oublie de vous dire que, la veille, on avait aussi visite une synagogue... aussi bizarre que ca peut paraitre, il y avait historiquement une tres grande population juive a Bukhara jusqu<a la chute de l<URSS mais il n<en reste que 300 aujourd<hui. Au bas Moyen-Age, Juifs et musulmans partageaient meme les memes lieux de culte, faute d<espace! Le gardien de la synagogue, un vieux monsieur enthousiaste qui portait des verres de fond de bouteille, nous a fait visiter l<endroit au complet en nous jasant en ouzbek: c<etait bien interessant, du moins ce qu<on a compris!) On a donc commence notre journee assez tard (en fait la chaleur nous rend lents je pense... on s<est leves a 9h et on etait seulement prets a sortir vers 12h!) et rapidement on a eu faim et on est aller manger les meilleurs plov et laghmans qu<on ait mange a date dans un petit resto qui ne payait pas de mine (a rajouter a votre carnet d<adresses en Ouzbekistan!) Ensuite, on a visite une medressa puis les bazars couverts de la ville, qui a l<origine etaient consacres a un type de marchandise chacun (chapeaux, fruits, etc.) mais qui aujourd<hui hebergent surtout des souvenirs pour touristes. On a change de l<argent au marche noir, on a visite quelques boutiques puis on a ete voir la grande mosquee et le grand minaret (epargne par Gengis Khan) qui sont les pieces maitresses de Bukhara. C<etait encore une fois magnifique, mais on commencait vraiment a etre tannes de payer tout le temps pour entrer dans chaque monument! Au moment de sortir, on  a ete abordes par un jeune Ouzbek parlant parfaitement le francais (et son ami qui parlait super bien espagnol) a qui on a parle un bon bout avant de se diriger vers l<ancienne citadelle de Bukhara, l<Ark (oui le nom sonne mal en quebecois). En fait, il ne reste que les murailles en terre du palais parce que ce dernier a ete joyeusement bombarde par les bolcheviques dans les annees 1920... On ne pouvait malheureusement pas visiter parce que c<etait en renovation, alors on a ete chercher de l<ombre dans un parc voisin. On s<est alors encore fait aborder par un Ouzbek en francais, mais cette fois-la c<etait pas juste pour pratiquer: il voulait nous servir de guide (remunere) dans la ville. On a refuse poliment mais on a quand meme jase un bout avec lui parce qu<il etait vraiment sympa (on vous a dit a quel point les gens sont gentils et aimables en Asie centrale?). Il nous a entre autres conte une blague sur la polygamie dans laquelle il disait que, pour etre heureux, l<homme ouzbek devrait avoir 3 femmes: une Ouzbeke pour les enfants, une Francaise pour la beaute et une Juive pour l<argent (!) !!! 

Apres ca, on est alles visiter une autre medressa puis un parc ou se trouvait le plus vieux monument de la ville. En chemin, on est passe devant un autre monument de "la mere qui pleure", cense honorer la memoire des Ouzbeks morts durant la 2e guerre mondiale. Il faut croire que le president de l<Ouzbekistan, Islam Karimov, a vraiment aime le design de la statue parce que chaque grande ville a sa "mere qui pleure"!! Parlant de Karimov, je fais un aparte sur la propagande: en Asie centrale a date, l<Ouzbekistan remporte la palme du nombre de propagande par habitant. Il y en a partout!! Disons qu<on a assez vite su reconnaitre la phrase qui disait que l<independance du pays etait sacree ou quelque chose du genre... Bref, si on se fie a la propagande, l<Ouzbekistan est vraiment un paradis! Apres avoir fait le tour d<un mausolee, on est sortis du parc puis on s<est diriges vers un cimetiere (Meme, qui trippe sur les cimetieres musulmans, devait avoir son fix) mais, clairement, il avait ete  rase pour faire de la place a des magasins flambants neufs! Depites, on est revenus par de petites rues residentielles ou les jolies maisons (et les rues) etaient ensevelies sous des vignes pleines de raisins (pas murs par contre)! En fait, les vignes passent souvent par dessus la rue, sur des genre de toits, c<est assez joli!... On a finalement debouche sur ce qui avait ete la mosquee d<ete personnelle de l<emir de Bukhara, en plein a l<heure de la priere. Inutile de vous dire que l<endroit, tout en bois sculpte, face a un joli bassin et a un jardins et rempli de monde, etait vraiment agreable. Apres, on a visite une autre petite mosquee dans le dedale des rues de terre de la ville, que le gardien de la mosquee a tenu a nous faire visiter lui-meme! Il y avait des gens qui priaient mais le gardien nous a vite fait comprendre que s<il etait la, non seulement Meme pourrait entrer mais elle pourrait le faire sans foulard (malgre nos mimes peut-etre peu convaincants de "foulard")! Les Ouzbeks sont decidement tres ouverts sur la religion! On a apres ete manger des shashliks dans une chaikhana (maison de the) situee dans le parc face a la forteresse, servis par des enfants qui n<auraient definitivement pas l<age legal de travailler chez nous! On a ecoute un moment les videosclips turcs qui passaient a tue-tete dans le resto puis on est revenus vers notre hotel, pres de la place avec le bassin qui etait a nouveau noire de monde! Cette fois, il y avait aussi des jeunes fous qui se jetaient dans le bassin (pas tres creux) a partir des branches des arbres centenaires qui le surplombaient! Ensuite, on a ete au cafe Internet, ou les plombs ont saute au moins 3 fois avant qu<on se decide finalement a partir vers le pompeusement nomme "Amazingly Fast Internet Cafe". La on a recroise le couple de Hollandais qu<on avait vu a Khiva... et aussi le couple de Russes qu<on avait vu a Khiva! Dans la journee, on avait aussi croise, au hasard d<une rue, les Francais qu<on avait rencontre en haut du minaret de Khiva et deux autres qu<ils avaient rencontre a Bukhara, dont un cycliste un peu space qui faisait France-Australie a velo! Apres Internet, on est revenus se coucher.

Le lendemain, on avait decide de sortir de la ville pour visiter d<autres monuments situes a l<exterieur. On est donc partis vers la partie neuve de la ville, pres de l<autoroute appelee mysterieusement "autoroute Karimov", pour prendre un minibus. On est d<abord aller manger dans un cafe en retrait et vraiment pas touristique. Meme, qui voulait des legumes, a fait l<erreur de demander a la serveuse c<etait quoi la meilleure salade. Elle a finalement recu une salade avec des oeufs, creme sure, fromage, boeuf et mayo! Heureusement, la serveuse a aussi amene mon plat (commande au hasard parce que un menu en ouzbek, tse...) en double, ce qui a quand meme permis une ingestion limitee de concombre et de tomates! Nos plats ressemblaient d<ailleurs vaguement a une poutine: morceaux de viande, frites, concombres recouverts d<une sauce brune... Une variante ouzbeke bientot disponible a La Banquise? On a ensuite pris le minibus... pour s<arreter 2 secondes apres le depart du bus parce que la police en avait intime l<ordre au chauffeur! Le chauffeur et le policier se sont ensuite mis a s<engueuler intensement pendant 10 minutes en pleine rue (on a jamais trop compris pourquoi), alors que les passagers attendaient tous dans le minibus. A un moment donne une vieille dame toute menue dans l<autobus a decide de s<en meler et d<aller elle aussi s<obstiner avec le policier! Elle est finalement revenue mais elle continuait a narguer le policier en lui criant des trucs par la fenetre! Ce qu<elle disait devait etre tres drole car tout l<autobus pouffait de rire des qu<elle disait quelque chose! Ca s<est finalement regle d<une quelconque facon et on est finalement repartis. On est arrives finalement au palais d<ete de l<emir. C<etait vraiment joli, avec plein de jardins et de beaux pavillons, mais c<etait peut-etre un peu cher paye.. A l<arriere du palais se trouvait le harem avec piscine et un balcon la surplombant du haut duquel la legende veut que l<emir lancait une pomme a la femme qui le rejoindrait pour la nuit! Apres que Meme se soit amusee avec les paons, on a croise un guide Ouzbek sympa a qui on a jase un bout en anglais puis on est revenus en ville. La on a pris un autre minibus (notre premier Daewoo Damas, un modele emblematique de l<Ouzbekistan!) pour notre autre destination: un mausolee d<un imam vraiment venere dans le monde musulman et l<un des lieux de pelerinage les plus courrus d>Ouzbekistan, appele la deuxieme Mecque. Le complexe en soi etait encore magnifique (comme toujours, photos a l>appui un jour) et comprenait l<habituel trio mausolee-mosquee-medressa, en plus de beaux jardins et d<un superbe cimetiere! Ce qui est le plus beau dans ce type de monument, c<est lorsqu<il y a une cour interieure avec de vieux arbres et un bassin! On est ensuite revenus vers Bukhara, en faisant la journee d<une madame et de sa fille a qui on a jase le peu qu<on pouvait en ouzbek! On est revenus pres de l<Ark et on en a alors profite pour visiter l<ancienne prison de l<emirat. Entre autres joyeusetes, on y trouve notamment un trou a bibittes, ou on enfermait les prisonniers "les moins aimes" en compagnie de scorpions, d<araignees et d<autres trucs du genre... Vraiment plaisant! Apres, le vent s<est leve, le ciel a vire au noir et on a eu une tempete de sable! On etait surs qu<il allait pleuvoir mais, selon le gars de l<hotel, apparemment que c<est bien rare qu<il pleuve en ete ici... Apres avoir ete faire un tour au cafe internet et visite un hammam (bains de vapeur), on a decide d<aller prendre des thes aromatises et des confiseries (on est fancy de meme nous autres) dans une super place ou on a rencontre un Francais et un Marocain a qui on a jase assez longtemps! Le Marocain jeunait et nous disait a quel point les gens ne suivent pas le Ramadan ici! Ah oui, en passant, vous le savez peut-etre, mais c<est le Ramadan ici! Pas trop de differences par contre: a ce qu<on comprend, c<est assez lousse en Ouzbekistan...Apres, on est alles manger du plov dans une petite place pas toursitique (bien tentante, avec sa pub de viking qui boit une biere) ou le proprio etait juste trop content de nous avoir chez lui, puis on est revenus dormir.

Marie-Pascale: Le jour de notre depart vers Samarcande, on s<est leves tres tot (ce qui n<est certainement pas dans nos habitudes de ce voyage-ci...). On a dit merci a la famille du BnB super gentille puis on est partis affronter les taxis en direction de la gare de train, chose qui s<est etonnamment bien passee puisqu<on a fini par avoir le prix ouzbek (donc 2 fois moins cher que le prix touriste)! Le chauffeur etait un papi cute, avec qui on a jase comme on pouvait (donc pas beaucoup). En Ouz, quand ils comprennent qu<on est maries, ils demandent toujours si on a des enfants, en tout cas lui en avait 8... Les gares de train ouzbekes sont presque comme les aeroports cote securite: pour y entrer, on doit montrer son passeport et son billet donc juste ceux qui partent peuvent entrer. Apres on donne notre passeport au policier qui passe les baggages aux rayons X, on passe au detecteur de metal, on redonne son passeport a une madame, qui etampe nos billets, puis on peut se rendre sur le quai ou un autre officier regarde nos passeports et nos billets. Les Ouzbeks se promenent toujours avec leur passeport avec eux, on dirait leur piece d<identite principale! Ca a l<air bien serieux tout ca mais on a fini par se rendre compte qu<ils ne font que feuilleuter nos passeports juste pour dire... quand c<est trop long trouver notre photo ils font semblant d<avoir vu et nous remettent le passeport. Ou sinon des employes de la gare nous le demandent juste pour le regarder, savoir d<ou on vient et engager la conversation! Donc, le train express "moderne" est arrive et on s<est installes dans nos sieges. Le calme a ete court: des teles au volume coince a "on veut vous rendre sourds" ont commence a nous presenter des teleseries ouzbeques... Disons que c<etait un Watatatow avec des acteurs moins bons, qui crient pour mettre de l<intensite a leur propos, dont l<acteur principal avait un mono-sourcil. Ce fut assez penible, d<autant plus qu<on etait fatigues. A la gare suivante, une madame follement desagreable est embarquee et a fait une scene parce que quelqu<un etait a sa place, forcant ladite femme (enceinte jusqu<aux yeux) a changer de wagon pour la madame qui ne voulait pas bouger, soulevant l<ire des 3 vieilles babouchkas a cote. Juste quand j<avais fini par trouver une position confortable et que je dormais presque, la madame desagreable a aborde Francois pour lui dire qu<elle voulait qu<on ouvre la fenetre derriere elle, ne tenant pas compte des yeux suppliants de Francois qui ne voulait pas avoir a me reveiller... Le mal etant fait, la madame a eu droit a quelques insultes en francais de ma part, puis on a passe le reste du voyage a regarder le paysage!

Arrives a Samarcande vers midi, on est alles acheter nos billets de train pour Tashkent et on s<est diriges vers le centre-ville en autobus. On est partis a la recherche d<un hotel, ce qu<on a trouve, mais qui n<etait pas extra cote proprete... on va dire ca politiquement correct... Par contre, il y avait une grande cour interieure avec des arbres et des grandes tables, ce qui faisaient une super belle ambiance, d<autant plus que c<etait le hub des backpackers de Samarkand! On est partis diner juste a cote des monuments centraux de Samarcande: le Registan. On a donc eu droit a un tout nouveau attrappe-touriste: tu commandes deux plats, mais on t<amene aussi du pain, du yogourt, des salades, du the... question que tu finisses par payer 4 fois plus cher que prevu. Heureusement on a compris bien assez vite! On s<est diriges vers un des gros monuments de la ville: le tombeau de Tamerlan. En fait, Samarcande est la capitale de l<empire de Tamerlan, donc il y est bien a l<honneur: parcs, statues, rue... On est d<abord alles dans un petit mausolee, on met les pieds dedans et cache derriere la porte, il y quelqu<un qui nous propose ses services pour nous expliquer le monument. On refuse poliment: "now you<re in, you have to pay tickets". Pfff, on n<a pas ete "in" longtemps vous pouvez nous croire. Quant a lui, le mausolee de Tamerlan est assez impressionnant: un immense dome, de la ceramique partout et tout et tout! Prix ouzbek pour entrer: 500 soms (20 sous), prix touriste: 6 500 soms + je sais pas combien si tu veux prendre des photos! Bin oui... On a justement vu des Francais qu<on avait croises a Khiva et Bukhara qui etaient assis devant le mausolee parce qu<ils trouvaient ca trop exagere comme prix. On a parle avec eux un peu, puis on s<est dit qu<on allait au moins marcher autour faute d<y entrer. En faisant cela, on est entres dans la vieille ville, qui donnait directement sur l<entree a l<arriere du monument, sans gardien! Hey, ca tombe tu bien! On est donc alles voir l<interieur du mausolee, qui etait vraiment superbe! On a continue a marcher dans la vieille ville, ce qui est notre bout prefere habituellement puisque c<est la que les gens habitent vraiment, les enfants jouent dans les ruelles, ca sent la bonne cuisine maison (mais aussi les poubelles), bref la vraie vie! On est passes devant une mosquee ou on a profite de l<ombre et regarde les anes passer. Ca c<est fou les anes, la premiere fois qu<on en a vu on capotait: c<est comme au moyen-age, beaucoup de gens se deplacent en charettes tirees par un ane! Souvent c<est pour transporter des melons, du foin ou faire les poubelles. 

Apres le plan etait d<atteindre des monuments un peu a l<exterieur de la ville, mais justement ce n<etait plus indique sur notre carte donc on s<est un peu perdus,,, On a fini par atteindre une mosquee isolee au milieu d<un cimetiere, vraiment jolie car devant un bassin avec des arbres immenses! On etait super bien a l<ombre, a ecouter les imams faire leurs prieres dans les pieces d<a cote (ils nous ont d<ailleurs salue chaleureusement)! L<autre monument etait une vieille ruine en fait, dans laquelle les enfants jouaient a se faire peur. On est revenus vers la ville en marshroutka puis on s<est reposes un peu a l>hotel avant d<aller souper tard. Au resto, on a rencontre des Hollandais qu<on avait rencontre a Khiva et Boukhara (c<est fou, on revoit toujours les memes!) qui mangeaient avec un Italien. On s<est joints a eux pour une biere et on a mange un poivron fourre au boeuf et au riz, une premiere ici! Les Hollandais nous ont dit qu<ils avaient reserve un taxi pour visiter Shakhrisabz le lendemain et qu<on pouvait se joindre a eux si on voulait. Comme on voulait le faire un peu plus tard, on a bien sur accepte! 

Tot le lendemain, on est partis rejoindre Marit et Bob les Hollandais a leur hotel a cote puis on est partis vers Shakhrisabz, la ville natale de Tamerlan a 1h30 de Samarcande. Les paysages etaient magnifiques, notamment parce qu<on devait traverser une chaine de montagne pour se rendre a la ville! On a commence par visiter le palai d<ete de Tamerlan, qui tenait encore a peine debout, mais c<etait facile de s<imaginer sa grandiloquence a l<epoque! Apres un bakshish au gardien (qui s<etait precipite sur nous pour nous dire que si on voulait monter, c<etait 3000 soms) on est monte jusqu<en haut pour admirer la vue (et le smog...) de la region. On est ensuite revenus a l<auto. Le chauffeur de taxi prenait vraiment son role a coeur et tenait a nous mener a chaque monument en auto, que le suivant soit a 10 metres ou 3 km... Le suivant etait un complexe avec une mosquee et des mausolees. Mosquee super belle et speciale parce qu<elle contient des ceramiques avec des arbres: normalement dans l<Islam, il ne faut pas representer le vivant dans les lieux de culte, c<est donc pour ca qu<il n<y a que des inscriptions et des formes geometriques. Les mausolees a cote etaient un peu decevants car en restauration... mais une "mauvaise" restauration. En fait, on a compris qu<ils mettent du platre partout, recouvrent tout et finissent pas peindre dessus a nouveau! Il n<y a donc rien d<original dans les monuments renoves! On ne croyait vraiment pas que ca pouvait etre leur facon de faire, malheureusement on en a eu la confirmation plus tard, vous verrez. On s<est diriges vers le mausolee suivant, qui aurait du etre la tombe de Tamerlan (qui a finalement ete enterre a Samarcande). Encore une fois, on a du payer un prix d<entree. Ok oui c<est pas cher 2$ a chaque fois, mais 2$ fois 40 monuments ca finit serieusement par faire beaucoup et a taper sur les nerfs!! Samarcande a en effet ete le moment ou on n<etait plus capables de payer sans arret pour tout! Grrr...

Les Hollandais voulaient aller voir le musee de la ville, donc on s<y est rendus. On a ete accueillis par un Ouzbek (Malik) qui parlait parfaitement francais, qui avait (surprise) idee d<immigrer au Quebec! Il etait super content de nous rencontrer et nous a raconte un peu son histoire. Il a etudie en France pendant 5 ans a Sciences Po Bordeaux puis a recu son certificat pour immigrer au Quebec, mais il s<est marie et a eu un bebe recemment, donc tout ca ralentit le processus! Il travaille presentement pour une compagnie francaise qui s<occupe de la restauration "ethique" du palais d<ete de Tamerlan a Samarcande, compagnie qui loue des locaux au musee. Il a tenu a faire le guide pour le musee, donc il nous traduisait en francais les explications de la guide ouzbeque, Marit (parlant francais) traduisant les informations a son copain en hollandais! C<etait vraiment interessant, heureusement car regarder des poteries et des cartes sans explications aurait ete un peu long... Apres, on a parle longtemps avec la Francaise responsable des renovations du palais. Elle nous a explique ce qu<ils faisaient, comment ils s<y prenaient etc. En fait, ils ont creuse pour recuperer les vieilles ceramiques d<epoque, doivent les nettoyer, les recoller etc, le tout sans les repeindre ou les modifier. C<est vraiment un travail de moine car il ne reste souvent que des eclats! Ils sont en train de reconstruire deux bassins qu<ils y avait a l<entree du palais (2 ans pour faire un bassin!), le tout selon les ecrits d<un diplomate espagnol qui a visite la place au 14e siecle... Tout un travail!! C<etait vraiment interessant, et le sujet a devie sur les renovations "facon ouzbeque" donc comme j<ai explique, quand on repeint en blanc et qu<on recommence a zero. Elle etait tres critique, disait que les monuments qu<on voit aujourd<hui ne ressemblent probablement aucunement a ce dont ils avaient l<air a l<epoque, que tout est repense pour que ca fasse beau maintenant, que si un officiel venait a passer dans la ville, il trouverait ca beau et grandiose. Elle nous a dit aussi que pour la meme raison, le gouvernement commence a detruire les sections plus vieilles des villes, les rues toutes croches et les maisons en terre ca fait pas assez beau pour le gouvernement... Que deja en deux ans, elle ne reconnaissait plus Samarcande, qu<ils construisent des murs ici et la pour cacher ces quartiers, que les nouvelles villas de riches poussent ici et la. La conversation fut tres enrichissante, mais en meme temps vraiment deprimante... Je dirais que depuis cette conversation, on ne regarde plus les monuments de la meme facon, on est desilusionnes meme... On trouve toujours ca aussi beau, mais on regarde ca en se disant que c<est l<equivalent de quelque chose qui aurait ete construit il y a 5 ans, a la difference que les fondations sur lesquelles ca repose datent du 15e siecle! Avec elle, on a parle du gouvernement aussi, de la dictature et des impacts que ca a. Elle disait qu<il y avait encore l<equivalent du KGB dans chaque ville, et qu<il se puisse bien qu<on se soit fait suivre sans savoir. Elle connaissait une famille ouzbeque dont le fils avait quitte le pays parce qu<il etait recherche puisqu<il avait publie de (vraies) informations negatives sur le gouvernement. Elle avait loge chez eux une semaine, et tout le long, ils avaient ete sur ecoute, l<internet avait ete coupe, ils avaient des appels douteux etc... Et je ne sais pas si on vous l<avait dit, mais meme en temps que touriste, le gouvernement aime bien nous avoir a l<oeil! Il faut absolument se faire enregistrer aux 3 jours. Pour se faire, il faut dormir dans les hotels, a la sortie du pays ils regardent tous nos petits papiers d<enregistrement pour voir si on est en regle.  On a aussi entendu dire que des hotels refusaient de prendre des touristes chez eux s<ils n<avaient pas ete enregistres la veille! Ca revient presque a dire qu<il faut dormir a l<hotel tous les soirs! Ils peuvent donc nous suivre a la trace... et empecher qu<on aille trop dormir chez des Ouzbeks! Bref: le gouvernement aime bien controler tous ceux qui sont sur son territoire!!

Notre visite au musee a finalement dure quelques heures, on a vraiment apprecie! Et en bonus, on s<est fait inviter a dormir chez Malik a Tashkent!! Il etait tellement gentil et drole qu<on serait niaiseux de refuser ca! Apres, on est alles manger dans un petit resto puis on est repartis vers Samarcande, avant d<aller vers Hoja Ismael, le mausolee d<un tres grand imam, un peu au nord de Samarcande!

Assez pour aujourd<hui!

On part en train vers Aralsk ce soir, ca va peut-etre prendre quelques jours avant d<avoir de nos nouvelles!

samedi 28 juillet 2012

Elliq-Qala et Bukhara!

Rebonjour a tous, apres une longue absence!


C<est Francois qui ecrit! On est presentement a Shymkent, dans le sud du Kazakhstan! Dans notre derniere entree sur le blogue, nous en tions a Khiva! Donc a pres avoir batifole dans Khiva pendant 3 jours, on a consacre notre derniere journee dans la region a la visite de l<Elliq-Qala (i.e. la "vallee des chateaux") dans le delata de l<Amu-Darya. Le delta est habite depuis des temps immemoriaux et de nombreux rois y ont effectivement construits cites et chateaux entre le 4e siecle avant J.-C. et le Moyen-Age. Aujourd<hui, il ne reste que des ruines de ces royaumes antiques, eparpillees entre le desert et le delta. Comme l<Elliq-Qala est quand meme loin de Khiva et qu<aucun transport collectif ne s<y rend, on a donc loue un taxi pour la journee qu<on a partage avec 2 Italiens sympas mais genes qu<on avait rencontre peu de temps auparavant et qui logeaient a notre B & B. On est partis au matin, avant que la chaleur ne rende notre Daewoo non-climatisee insupportable... En chemin, on s<est arretes a un genre de station-service\garage. Le concept nous a un peu surpris: notre chauffeur nous a demande de descendre, question d<aller mettrer seul mettre du gaz dans un genre de compartiment en beton... Et toutes les autres voitures qui arrivaient la faisaient la meme chose! Un des Italiens nous a alors dit que ce genre de place etait aussi un lieu d<echange entre chauffeur et pompiste\mecano, ou le chauffeur pourrait parler "char" a son aise avec un specialiste, sans craindre les indiscretions des passagers!... On a ensuite repris la route, on a depasse Urgentch (la ou on etait arrives en train, on s<en souvient) puis on est arrives a un enorme pont enjambant le non moins imposant fleuve Amu-Darya. A voir la grosseur du cours d<eau, c<est serieusement inimaginable de croire que, 200 km plus loin, le fleuve se tarit et n<atteint plus la mer d<Aral parce qu<on a pompe toute son eau pour irriguer les chmaps de coton de la region!


De l<autre cote du fleuve, on entre dans une region au nom imprononcable: le Karakalpakstan (chaque "k" doit etre prononce comme un "h" fort et dur, du meme type que le "h" dans Halifax quand on le dit en anglais... essayez, ce n<est pas facile!) A titre informatif,  le Karakalpakstan est peuple de Kazakhs et non d<Ouzbeks: cette incoherence est une autre gracieusete de Staline et de son decoupage absurde des frontieres d<Asie centrale. Le premier chateau (ou qala) qu<on a visite etait une cite enorme du 4e siecle avant J.-C. dont il ne restait que les remparts en terre cuite au beau milieu des champs. C<etait assez impresionnant de voir ces vieilles fortifications tenir encore debout, sans etre demesurement abimees! Au cours de la journee, on a ainsi visite 7 qalas, de toutes les tailles mais tous relativement bien conserves. Un des plus impresionnants etait un chateau situe sur un piton rocheux en plein desert. On est arrives la a 12h, il fasait une chaleur infernale mais notre chauffeur nous a alors intime: " Ok you go, you walk desert to qala, I wait here!" Comme tous les chateaux qu<on a fait cette journee-la, il n<ya pas vraiment de sentier pour se rendre au qala: il n<y a que le chateau, la-bas, et on se rend a lui en se frayant un chemin a travers les broussailles epineuses (cette journee-la j<etais stupidement en shorts: je vous laisse deviner l<etat de mes mollets!) C<est un paradoxe de l<Ouzbekistan ca: alors que les villes de Khiva, Samarkand et Bukhara sont tres touristiques, des qu<on sort de ces places-la, l<infrastructure touristique est inexistante! Bref, on a donc marche dans le sable, sous un soleil de plomb et grimpe jusqu<au promontoire ou etait situe le chateau. Je ne sais pas comment vous decrire a quel point il fait chaud quand on marche a midi dans le desert: le soleil est brulant, le sable est brulant, il n<y a aucune ombre et pour couronner le tout, on subit aussi les assuts d<un vent brulant charge de poussiere. La vue et les ruines valaient naturellement l<effort, mais disons que je ne prendrais pas tous les jours des marches dans le desert! Une fois revenus a notre taxi, Memem a ete photographier des chameaux qui chillaient pres d<un camp de yourtes voisin, puis on est repartis vers notre dernier qala de la journee. On l,a visite puis on a dine avec les Italiens a l<ombre d<un arbre providentiel. Notre repas consistait en un genre de pizza improvisee: pate de tomate badigeonnee sur un pain ouzbek et agremente de saucisson local (on avait achete les ingredients de notre festin un peu plus tot au bazar d<Urgentch). C<etait finalement assez bon, meme si les Italiens nous ont assure que cet ersatz de pizza souleverait sans conteste l<indignation chez eux!
Apres le diner, on est revenus a Urgentch. On est alles sortir de l<argent (dans un guichet automatique qui marchait! Yessss!!!) puis on a quitte a la gare ferroviere d<Urgentch les Italiens et notre chauffeur qui revenaient a Khiva. Le plan etait de trouver un moyen de transport pour Bukhara, a 100 km de la. Apres avoir constate qu<aucun train ou autobus ne partait le soir-meme pour Bukhara, on allait se resoudre a dormir a Urgentch quand, au sortir de la gare, trois chauffeurs de taxi se sont litteralement mis a nous crier apres en nous offrant de partir a Bukhara. On vous a dit qu<on detestait en general prendre le taxi? En effet, on ne peut jamais entierement faire confiance aux chauffeurs, ils essaient toujours de nous avoir et ils sont achalants... Le probleme c<est qu<entre Urgentch et Bukhara, ils sont souvent la seule option possible a moins de vouloir perdre une journee en bus (il n<y a pas de bus de nuit en Ouzbekistan, ordre du presient!) ou d<attendre le prochain train... dans une semaine! A contre coeur, on a donc negocie le prix de la course vers Bukhara, en prenant bien soin de tout mettre par ecrit (le prix pour deux, incluant les baggages, l<endroit exacte ou on voulait aller a Bukhara, le fait qu<il n<y ait aucun frais surprise....) Ne jamais faire confiance a un chauffeur de taxi dans ces pays-la! On a aussi fait signer le tout par le chauffeur, qui ne comprenait visiblement pas pourquoi on tenait a connaitre son nom...


Maintenant c<est au tour de Meme: Dans le taxi, encore vraiment mefiants, on a parle a un jeune Ouzbek qui etait dans l<auto pour essayer de savoir si le chauffeur etait fiable mais ca a un peu foire a cause de sa complete ignorance de l<anglais... Il voulait savoir ou on allait, alors on repetait "Boukhara", qui est quand meme un endroit ultra-connu de l<Ouzbekistan, mais il ne comprenait rien! Il disait "Ah Buqaba Tashkent!" et on repetait non "Boukhara!" Ca a dure un certain temps pendant qu<on le trouvait vraiment bizarre de connaitre autant peu son pays, jusqu<a ce qu<il dise "OOOOH BouHHHHHara!" (prononcer le h avec force) Bref, il faudra ameliorer notre prononciation de l<ouzbek, meme si apres coup on trouve ca encore special qu<il ait pense qu<on voulait aller en taxi dans un minuscule village (Buqaba) pres de Tashkent a comme 20h de route... Le chauffeur est revenu, avec une madame et son fils et nous a fait comprendre qu<on serait les 4 en arriere, pour 8h30 de route! La on a re-argumente comme quoi il n<etait pas question de payer aussi cher pour qu<on soit 4 en arriere, mais ca n<a pas trop marche et 4-5 autres chauffeurs se sont mis de la partie pour nous faire comprendre que c<etait comme ca que ca marchait... On a fini par partir, Francois au milieu colle contre la madame (en surpoids, en plus...) qui avait son fils de 10 ans sur les genoux! On est passes faire le plein de propane (he oui!), le chauffeur a fait quelques arrets personnels puis on est partis. Des le debut, on a su que ca allait etre difficile. Le jeune Ouzbek s<est mis a hurler au telephone avec une voix criarde, son telephone sonnait des qu<il raccrochait! Le chauffeur a aussi decide de mettre de la musique techno ouzbeque, pendant que lui-meme passait des coups de telephone au volant. Ca a fini par se calmer apres une bonne demi-heure de route, quoique le gars ait continue tout le trajet a hurler (il avait une voix vraiment claire et forte) de temps en temps des choses au chauffeur... On a reussi a emprunter le telephone de la madame pour qu<on puisse reserver a un hotel a Boukhara etant donne l<heure tardive ou on allait arriver. Selon le Lonely Planet d<il y a deux ans, le trajet devrait durer 4h. Selon les gens qu<on a rencontre: minimum 8h tellement la route est mauvaise. En optimistes (naifs?), on se disait que la route qu<on suivait n<etait pas si pire apres le Kyrghyzstan et que ca n<allait probablement pas prendre 8h pour faire quelque 400 petits km... Erreur. Toute la route est en construction. En fait, la "route", c<etait des nids de poule relies par de la terre... Ca allait prendre 8h! Le pire c<est qu<on suivait la nouvelle route, toute neuve et belle, mais comme elle n<etait pas vraiment finie ils mettaient des tas de sable dessus pour empecher les autos d<y aller... On a zigzague entre les trous pendant tres longtemps, depassant des camions par-ci par-la... On a longe le desert, c<etait beau mais un peu desagrable avec toutes les autos qui passaient et qui soulevaient le sable. On a aussi pu assister a une mini tempete de sable! Le ciel devant nous etait tout noir, et plus on s<approchait plus il y avait de vent et de sable qui volait. Ca n<a pas dure longtemps mais c<etait quand meme impressionnant a voir! De temps en temps, l<auto avait des problemes et le chauffeur arretait pour mettre de l<eau sur le moteur ou le radiateur (?? pardonnez mes maigres connaissances mecaniques...). Apres un certain temps, la madame et le gars ont echange de place et ce dernier nous a fait comprendre qu<on allait etre plus confortables vu que lui il etait mince...! En effet c<etait plus agreable par contre, mais apres un certain temps, son deo a du atteindre sa duree limite car il s<est mis a puer tres intensement des bras!! La dame en avant, tres subtile, s<est mis du parfum pour changer l<odeur et nous a tous subtilement distribue des gommes, car en plus il avait pas mal mauvaise haleine...! Comme le chauffeur avait termine toutes ses reserves en eau, on est arretes pres d<un restaurant (et on a vu des chameaux sauvages au loin!) pour qu<il arrange son moteur. Francois en a profite pour aller aux toilettes (dans un vieux bidon rouille) et il est tombe nez-a-nez avec une grosse tarentule (Francois: c<etait probablement parmi les "squat toilets" les plus repoussantes que j<ai jamais eu l<occasion de visiter... Serieusement les excrements sortaient du trou en une belle pyramide d<au moins un pied de haut, sans compter le tas de dechets qui trainait dans le fond... Par contre, c<est vraiment quand j<ai vu la tarentule detaler entre les bouteilles vides que je me suis dit que j<allais aller me soulager dans le desert finalement!) Suite a d<autres problemes mecaniques, on s<est arretes dans un espece d<arret-routier (on est d<abord passes par un controle de police, police a qui le chauffeur a discretement donne quelques billets). Finalement, on a compris qu<on changeait d<auto pour le reste du trajet! J<ai aussi essaye d<echanger notre argent US vu que je ne voulais pas payer le chauffer avec un billet de 100$. Ca n<a pas marche alors j<ai fait comprendre au chauffeur qu<il nous fallait du change, et il a fini par trouver une solution assez speciale... A quelques reprises, on a depasse une voiture puis notre chauffeur lui a fait signe de se ranger sur le cote, a parle au chauffeur puis on est repartis. 20 minutes plus tard, on s<est arretes et on a paye au gars de l<autre voiture (Francois: a l><aide de notre ami Ouzbek aux dessous de bras puants qui, dans une tentative de me faire comprendre que je devais payer pour la course maintenant, m<a hurle assez comiquement "MONEY, DOLLARS"!!!) , qui nous a remis le change... On a aucune idee de qui s<etait et de comment notre chauffeur va faire pour recuperer son argent, mais bref, ca a marche! Plus tard, on etait dans la banlieue de Boukhara quand notre chauffeur s<est arrete et a dit : "finish, Bukhara here". D<autres taxis etaient la pour qu<on utilise leur service pour se rendre au centre-ville. Apres quelques ostinages de ma part avec notre chauffeur, il a fini par accepter de payer lui-meme le taxi suivant pour nous mener a l<hotel, comme on avait convenu avec lui qu<on allait au centre-ville. 


On s<est donc rendus a notre BnB vers minuit et demi, qui etait tres bien! On a pris the, biscuits et fruits dans la cour interieure puis on est alles se coucher, le desert ca fatigue! Le lendemain, on a dejeune a l<hotel et on est alles explorer un peu Boukhara. Notre hotel est particulierement bien situe: au coeur de la ville et ses monuments spectaculaires. Il y a en fait un bassin et un parc plein d<arbres tout proche, entoures de trois immenses medressas. Tout de suite apres avoir achete des billets de train pour Samarkand, on les a d<abord visitees, super belles! On s<est aussi fait accoster par un jeune Ouzbek qui apprenait le francais, a qui on a parle pendant un petit bout. En fait, on a fini par remarquer que beaucoup de gens parlaient francais a Boukhara, a cause de la quasi-omnipresence des Francais! C<est bien parce qu<on peut parler aux gens, mais d<un autre cote les vendeurs nous parlent en francais et ca reste plus complique de se parler entre nous sans qu<ils comprennent que c<est beaucoup trop cher, ou qu<on veut utiliser telle tactique pour diminuer les prix... Apres, on est alles diner dans un restaurant pres du bassin, et on a eu du plov qui etait tres bon! Bien contents, on s<est promenes dans la ville et c<etait beaucoup plus agreable pour la temperature qu<a Khiva! Cependant, a la difference de Khiva, Boukhara est une "vraie ville" donc les monuments historiques sont disperses a travers les rues residentielles. Ca fait moins touristique donc mais il faut marcher un peu plus longtemps entre chaque. On a visite bien tranquillement, s<arretant a chaque medressa (il y en a comme 10 par ville!) pour y lire les explications de notre Lonely Planet et retrouver de l<energie pour affronter le soleil! 


Retour de Francois: Le soir, comme on voulait faire changement de la bouffe ouzbeke, on s<est dit qu<on irait essayer le seul restaurant italien en ville. Ce fut une experience interessante. En fait, sur les dizaines de plats disponibles au menu, seuls quatre pouvaient vaguement faire office de plats italiens! On a commande deux plats de pates parmi ceux-ci, mais c<etait davantage du laghman que des spaghettis! On en a aussi profite pour gouter au vin ouzbek (eh oui l<Ouzbekistan est aussi un producteur de vin). On a choisi une bouteille de rouge avec un gros dessin d<ours dessus. Verdict? Boaf. On aurait dit du jus agremente de mauvais alcool et ca goutait le vinaigre balsamique. On n<en n<a pris qu<un verre disons! Et on n<est habituellement pas difficiles: au Vietnam, on considerait le Dalat Wine comme correct! Par la suite, on est revenus a la place centrale pres du bassin. Il etait genre 21h, le soleil etait couche mais la place etait pleine de monde! En fait, comme a Khiva, on dirait que l<ete, la ville de Bukhara vit la nuit, quand il fait frais! On est restes la un certain moment a regarder les gens et a ecouter la musique, puis on est rentres au B & B pour dormir.

La suite eventuellement, quand on pourra! A bientot!!!



mardi 24 juillet 2012

Khiva

Allo les coquelicots, de Samarcande!

Nous nous etions laisses dans le train en direction de Khiva.

Le matin on a longe le desert pendant assez longtemps. Le desert du Kyzyl-Kum n<est pas le genre de desert auquel on s<attend: ce n<est pas des dunes a perte de vue. Il y a quand meme des plantes, des broussailles, bref c<est malgre tout assez vert, sur fond de sable et de rocailles. Un peu avant notre arrivee, Francois se mettait du lipsil sous le regard perplexe des hommes ouzbeks du train, qui n<ont pas ete tres convaincus par sa justification "euh, it<s sunscrean..."!

Apres 18h de train, arrives a Ourgentch, premier constat: il fait chaaaaaud!! Il faut dire qu<on etait en plein soleil de midi, mais reste que c<etait particulierement chaud, le soleil est vraiment fort et meme a l<ombre, il doit faire plus de 30 degres... On s<est eloignes du train et, comme toujours, on s<est fait agresser par les "taxi, taxi, khiva? taxi". Vous aurez fini par comprendre qu<on deteste les chauffeurs de taxi et qu<on essaie de les eviter le plus possible! On voulait donc trouver un autobus public qui menait a Khiva. On a tente de chercher ou on pouvait bien etre, mais les noms de rue etant inexistants et le guide ne comprenant pas de carte de Ourgentch, la tache etait assez ardue... On a essaye de demander a des locaux, qui visiblement ne savaient pas plus que nous le nom des rues, et on a pu assister a une chicane entre deux madames et un chauffeur de taxi quant a ou prendre le bus/combien nous demander pour aller a Khiva en taxi. On a laisse faire puis on s<est lances au hasard vers ce qui semblait etre le centre-ville. On a marche pres d<un Ouzbek, a qui on a demande notre chemin et qui a decide de nous prendre sous son aile et de nous mener a l<arret du trolleybus vers Khiva. On a marche pendant un bon 20 minutes, au soleil brulant, recherchant chaque cm d<ombre, alors que le gars semblait trouver la temperature totalement normale. On a attendu avec lui a l<arret un autre bon 20 minutes, et meme arretes sous un arbre, on sentait la chaleur du sol qui montait vers nous, comme quand on est au-dessus d<un four! L<autobus a fini par arriver apres 1000 ans et on a pu profiter du vent durant le trajet. Bah quoique pas tant que ca vu que sa vitesse de pointe devait etre de 30 km/h et qu<un des employes devait sortir de temps en temps pour remettre les tiges du trolleybus deconnectes des cables electriques... Le trajet de l<autobus etait en campagne, c<etait tres beau entre les champs de tournesol (oui oui!) et les champs de coton. On ne comprend toujours pas qu<est-ce qui a donne l<idee aux sovietiques de transformer la region pour la production quasi-exclusive de coton, parce qu<avec cette temperature-la, l<eau (et ca en prend pas mal pour le coton!) doit s<evaporer en un rien de temps! Heureusement, les enfants du coin ont compris eux, ils se baignent dans les canaux d<eau brunatre et croupie longeant la route, pour se rafraichir...

Aparte geographique: toute la region de Khiva et Ourgentch (le Khorezm) est situe dans le delta de l<Amu-Daria, un des deux fleuves qui alimentait la defunte mer d<Aral. La presence du fleuve cree une oasis verdoyante en plein milieu du desert. Aujourd<hui, le fleuve n<atteint plus la mer d<Aral tellement il est pompe pour les champs de coton...

On est arrives a Khiva, directement devant les fortifications de terre-cuite de la vieille-ville, assez impressionnantes! On est entres par une des portes, en direction de l<hotel auquel on voulait aller, qui s<est avere etre vraiment genial, super bien tenu, pas trop cher et, un essentiel, avec l<air climatise! Khiva est une ancienne cite fortifiee construite au 8e siecle mais qui a connu son heure de gloire dans les annees 1400. La plupart des batiments couvrent donc la periode allant de la conquete mongole (1200-1300) a la fin du 19e siecle. Khiva etait egalement un poste de commerce important sur la route de la soie, celebre notamment pour son marche aux esclaves. Aujourd<hui, la cite est divisee en Ichon-Qala a l<interieur des murs, et le Dishon-Qala a l<exterieur.

Pour debuter notre visite, on est alles,  dans Dishon-Qala, vers le palais d<un des derniers emirs de Khiva (fin 19e siecle), super beau et majestueux. On a visite d<autres monuments (mosquee et medresa) en dehors de la ville, s<arretant pour acheter de l<eau et des cornets de creme glacee, deux essentiels a Khiva! Serieusement, la chaleur a aucun bon sens! Il doit faire entre 30 et 45 degres, meme a 20h quand le soleil est vraiment bas c<est comme s<il etait 14h chez nous! Quand on marche, on sent la chaleur du sol traverser nos souliers, presque comme si on marchait nus pieds sur une plage! Bref, notre sejour a Khiva peut se resumer a : rechercher chaque coin d<ombre! Khiva a conserve sa vieille ville avec ses rues croches et maisons en terre, mais contient aussi de jolis monstruosites sovietiques, comme une grosse horloge bleu poudre en beton, haute de 40 m... On a marche tranquillement aux alentours de la ville avant d<aller manger dans, on a fini par l<apprendre, le seul resto vraiment populaire de la ville. On a mange des plats ouzbeks dont des laghmans (spaghettis) verts dans de la creme sure, c<etait vraiment bon en fait!

Les deux jours suivants peuvent se resumer a: depart sous le soleil de midi, visite de monuments, retour a l<hotel pour pause climatisee, visite de monuments, hotel, souper, visite a la fraicheur relative du soir. Il y avait naturellement plusieurs palais, de tres nombreuses medresas (ecoles coraniques), des vieilles mosquees d<ete a aire ouverte reposant sur des colonnes de bois sculptees, et des minarets. Ces monuments etaient richement decores de ceramiques (surtout bleu et vert), de fresques, de bois sculptee, de marbre... Ichon-Qala etant assez petit et concentre en monuments, ca ressemble un peu a une ville-musee (accentuee par le fait qu<il faut payer un prix pour entrer, puis pour aller aux plus beaux sites...). On y rencontre donc aussi beaucoup d<autres touristes (notamment Francais) L<Ouzbekistan est de loin la destination la plus touristique des 3 pays d<Asie centrale, meme si on est presentement dans la basse-saisons a cause de la chaleur! Ce qu<on a moins aime avec Khiva (et les autres villes touristiques d<Ouz), c<est qu<on doit toujours payer pour les monuments et pour prendre des photos (malgre qu<on reussisse souvent a negocier des "prix etudiants", ie qu<ils mettent directement dans leurs poches sans declarer le billet). Aussi, tous les monuments ont des mini-magasins de souvenirs, tenus par des madames nous helant par: "madam, madam, souvenir, shop, shop, madam please come in". Parfois on leur fait plaisir et on entre (l<astisanat est malgre tout vraiment epoustouflant!) et la on a toujours droit au meme discours: "very good, suzana (travail a l<aiguille), suzana very beautiful, this very good, handmade". Apres un refus poli, c<est: "I can give you discount!" Un peu tannant a la longue...

Bon, c<est aussi a Khiva qu<on s<est vraiment tannes de la nourriture d<Asie centrale... C<est tout le temps la meme chose!! On pourrait meme resumer par viande et gras les 6 plats differents qui existent! Soupes, plov, shashliks (brochettes), dumplings, samosas et kebabs (pas des shish kebab, juste de la viande)... Tout ca est bien bon de temps en temps, mais quand c<est juste ca les choix il y a de quoi se tanner. Et encore, souvent les restaurants n<ont que le 1/3 de ca a proposer, souvent juste des shashliks... On compte les sortes de legumes qu<on a manges sur nos doigts. Qui plus est, l<offre de restaurants est assez limitee a Khiva, les restaurants etaient vides, c<est juste assez gros pour etre touristique mais pas assez pour faire vivre des restaurants. Et le midi c<est pire. Si on veut manger dans les bazars, on a le choix entre shashliks et samosas (juste ca la, pas avec du riz ou des legumes, tu manges ta viande et that<s it). Heureusement que les bed and breakfasts sont bons parce que sinon... Et meme la il faut dire que les oeufs au dejeuner sont frits, et que des fois on eponge le gras avec une serviette avant de les manger! Cela dit, on a quand meme trouve le tour d<avoir des bons soupers tous les soirs. Le plov reste quand meme un de nos plats favoris parce que plus gouteux. Par contre il y en a rarement dans les menus car il faut le preparer d<avance, mais on a pu en gouter un a Khiva! C<etait notre premier en Ouzbekistan malgre qu<apparemment ce soit l<endroit pour en manger! Un autre soir, on a soupe dans une romantique medressa, avec un groupe de touristes.

On a rencontre quelques autres backpackers, un monsieur du Liechtenstein, des Italiens a l<hotel, des Francais en haut d<un minaret, des Russes, des Hollandais... On a revu maintes et maintes fois les 3 derniers dans les autres villes de l<Ouzbekistan, vu que pas mal tout le monde fait le meme trajet (Khiva, Bukhara, Samarcande, ou le contraire)!

Le soir, la temperature est vraiment bien et on aimait bien aller marcher, les rues sont toutes animees et pleines de locaux! On a marche sur les murs de la ville et on est alles sur le toit de notre hotel pour regarder les etoiles. D<en haut on se croirait vraiment dans Ali-Baba ou les Mille et une nuits, avec les toits en terre partout et les medressas illuminees! On y a rencontre un Americain avec qui on a jase un bout et qui etait vraiment sympa!

Bon, on est vraiment creves, alors bonne nuit, bon matin pour vous!