vendredi 20 juillet 2012

Tashkent!


Rebonjour a tous, en direct de Bukhara, en Ouzbekistan!

C<est Francois qui ecrit! On vous avait laisse la derniere fois en route vers l<aeroport de Bishkek. Donc apres avoir pris le minibus vers l<aeroport (et avoir fait le trajet debout, parce qu<il etait plein), on s<est finalement rendus au minuscule aeroport international de Bishkek, une horreur en beton arme situee en plein champs. Apres avoir mange ce qu<il nous restait de bouffe, on a change ce qu<il nous restait de soms kyrgyzs en soms ouzbeks. On a quand meme ete un peu surpris quand on a recu, pour l<equivalent de 60$, des liasses de soms ouzbeks! On vous expliquera pourquoi plus tard! On a ensuite passe les douanes kyrgyzes puis on a attendu dans le hall des departs. Trouver notre porte n<a pas ete tres complique: nous etions le seul depart de la soiree a l<aeroport! Pourtant il y avait des dizaines d<avions sur le tarmac, mais ils ne sont pas pour les passagers ordinaires disons! L<armee americaine loue en effet la piste de l<aeroport de Bishkek et s<en sert comme base aerienne pour envoyer du materiel en Afghanistan (ca explique aussi les nombreux controles de securite par lesquels on a du passer). Les immenses avions de transport de l<US Air Force s<alignaient donc cote a cote sur le bord de l<aeroport, et entre eux se trouvait notre avion d<Uzbekistan Airlines. Apres avoir eu la chance de visionner plusieurs pubs kyrgyzes a la tele, on est alles s<installer dans l<avion. Le vol d<une heure s<est passe sans probleme et on etait un peu tristes de quitter le Kyrgyzstan, un pays vraiment extraordinaire! On est arrives a Taschkent, la capitale de l<Ouzbekistan, vers 20h et, apres s<etre entasses dans un bus, on a passe les douanes. Ce fut un peu fastidieux. Bon, je vous avais dit que je reparlerais de l<argent en Ouzbekistan. Aux douanes, il faut remplir deux copies de formulaires indiquant, outre les trucs habituels, combien d<argent on a sur nous et precisant qu<a la sortie du pays, il faudra ressortir avec moins. C<est deja un peu louche en soi, mais ce qu<il l<est encore plus, c<est que leur monnaie est completement devaluee. Pourtant, les billets sont restes les memes depuis 10 ans! Ce qui donne la situation absurde suivante: le plus gros billet de banque (1000 soms) equivaut grosso modo a 0,40$ USD (1$USD = 2800 soms ouzbeks)! Enfin, ca, c<est selon le taux de change du marche noir, qui est plus ou moins fixe sur ce que vaut le som ouzbek sur les marches internationaux. Or, le gouvernement a pour sa part fixe un taux officiel completement deconnecte, auquel seul lui obeit puisque tout fonctionne selon le taux du marche noir! On peut donc en tirer les conclusions suivantes: 1- Il y a decidement un probleme avec l<argent en Ouzbekistan 2- Comme l<argent local ne vaut rien, toute transaction pertinente se fait en dollars americains 3- On ne peut pas utiliser les guichets automatiques pour sortir des soms ouzbeks, parce que c<est au taux officiel: il faut donc sortir des dollars americains qu<on change ensuite au marche noir (on vous explique plus tard!) 4- Vous pouvez donc vous imaginer qu<il nous faut une valise pour notre argent au moment de changer 100$USD en soms ouzbeks quand le plus gros billet ne vaut meme pas 50 sous! 

Bref, apres avoir remplir un exemplaire du formulaire nomme plus haut (et s<etre faits retournes par le douanier pour en remplir un deuxieme exemplaire), on est finalement entres en Ouzbekistan. Comme toujours, notre premiere rencontre fut avec les chauffeurs de taxi! Ceux qui gravitent autour du terminal international de l<aeroport de Taschkent etaient vraiment du type collants et Meme allait mordre le prochain qui nous suivrait en disant "Taxi? Taxi?"!!!! (Meme: le dernier chauffeur de taxi gossant a eu droit a "WE SAID NO!!!!! OK????) On a fini par trouver l<autobus qui allait au centre-ville. Premiere impression sur l<Ouzbekistan: meme la nuit, il fait vraiment plus chaud qu<au Kaz ou qu<au Kyrgz! Ensuite, l<architecture est vraiment moins sovietique. La capitale ouzbeke suinte la richesse (et, dans ce pays, la corruption qui va avec!) et il y a plein de batiments modernes ou tres bien restores. EN soi, la ville est jolie mais elle fait, disons, tres monumentale. Le president du pays a la folie des grandeurs et ca parait! Bref, comme on ne savait pas trop ou descendre, on essayait de se reperer jusqu<a ce qu<un monsieur un peu bizarre dans l<autobus nous fasse comprendre, apres nous avoir jase ca un bout en ouzbek, qu<on devrait descendre ici. On s<est retrouves en plein milieu d<une place bondee de gens qui se promenaient et chillaient autour d<une fontaine dans une ambiance assez festive (lumieres et musique!) Par contre, on n<avait aucune espece d<idee de l<endroit ou on etait! Apres avoir tente de demander notre chemin vers la station de metro la plus proche a plein de gens visiblement bien intentionnes mais ne comprenant pas trop ou on voulait aller (ils nous ont tous indique des directions differentes), on a tente de se rabattre sur les noms de rues... qui ne sont visibles nulle part a Tashkent! Quant a se reperer avec des monuments, la nuit, c<est pas trop simple a Tashkent, qui est parsemee de landmarks imposants! Bref, tout ca pour vous dire qu<il nous a fallu 30 minutes pour se rendre au metro, a force de tourner en rond. On a ensuite passe la nuee de policiers en entrant dans la station  (la presence policiere est lourde en general en Ouzbekistan, mais c<est encore pire dans le metro: on sent que c<est une dictature pas mal plus qu<au Kazakhstan). Il etait a peu pres 11h, on avait pas mange, on etait creves, il fallait faire un changement de ligne pour se rendre a l<hotel et, pour comble, le metro n<arrivait pas. Le moral est passe de tres ordinaire a mauvais quand Meme, qui s<etait assise par terre parce qu<il n<y avait plus de place sur les bancs, s<est fait dire par un monsieur qu<on avait pas le droit de faire ca! Apres un bon moment, on s<est finalement rendus a notre station... pour constater qu<elle donnait sur un bazar desert et plonge dans le noir, loin de la rue ou on devait aller! Apres s<etre fait a peu pres expliquer par une madame qui sortait du metro comment se rendre a la rue la plus proche, on s<est engages dans le noir et on a finalement atteint notre hotel (Gulnara Guesthouse) 15 minutes plus tard. Miraculeusement, il avait encore de la place pour le soir meme! En fait c<est plus un B et B qu<un hotel: une grande maison avec une cour interieure pleine d<arbres, et avec un gerant hyper sympa et parlant un anglais parfait! Le tout pour un prix resolument correct: une bonne adresse si vous etes a Taschkent! Affames et completement creves, on s<est fait une soupe avant se sombrer dans le sommeil.

Le lendemain, on a dejeune (excellent dejeuner en plus) puis on s<est prepares a partir. L<hotel etait plein de Francais, ce qui ne semble pas quelque chose de tres anormal en Ouzbekistan. Ca a vraiment l<air d<etre une destination tendance en France, parce qu<on en a croise des milliers depuis qu<on est en Ouz! A Khiva et Bukhara, la plupart des marchands savent quelques mots de francais et certaines affiches touristiques sont meme directement ecrites en francais! C<est fou! Bref, on leur a jase un peu, puis Meme a emprunte l<ordi de l<une d<entre eux pour ses courriels. On est ensuite partis explorer la ville. En chemin, on a fait quelques achats au supermarche local. Au moment de me remettre la monnaie, le gars m<a plutot remis une poignee de bonbons! Au debut j<ai pas compris, mais je me suis vite rendu compte qu<il me manquait 100 soms, soit ... 0,04$! Comme le gars n<avait pas de change, il m<avait donne des bonbons a la place! On s<est ensuite diriges vers le metro. On a croise en s<y rendant tout plein d<enfants qui nous disaient hello et aussi plein de monde qui nous disaient "Change money?" Voila, ca c<est le marche noir: si on veut changer des dollars americains en soms, on va voir une de ces personnes-la, on s<entend sur un taux de change (2800 soms pour 1$) et on procede a l<echange. C<est techniquement illegal, mais, en pratique, tout le monde (y compris les policiers!) change ses dollars au marche noir (ici, a Bukhara, un changeur nous a demande si on voulait changer de l<argent alors meme qu<il discutait avec un policier)! C<est tres avantageux de faire ca parce que lorsque le gouvernement fixe les prix de quelque chose (disons une entree pour une attraction touristique), il le fait au taux officiel... On realise donc des economies substantielles a payer en soms echanges au marche noir plutot qu<en dollars! Bref, une fois au metro, on s<est faits controler nos passeports par un policier au moment de passer les tourniquets. Ce genre de truc est assez frequent dans le metro de Tashkent et ne pose pas trop de risques (malgre la corruption qui ronge la police ouzbeke), dans la mesure ou il y a plein de monde autour et que les policiers se sont fait dire assez clairement par le gouvernement de ne pas voler les touristes (personnellement je n<aurais pas voulu etre dans les souliers du policier pince a racketter les touristes, les sanctions disciplinaires en Ouzbekistan ne doivent pas etre tres agreables...) En plus notre policier etait jeune et particulierement sympa, et a regarde avec grand interet nos passeports tout en nous jasant ca. On a finalement pu repartir sans probleme vers la gare. Le metro de Taschkent ressemble beaucoup a celui d<Almaty mais en plus vieux. Les stations font tres sovietiques, mais elles sont en general assez jolies (il y en a une consacree a Gargarine ou on se croit dans un module spatial). Arrives a la gare en compagnie de 2 touristes francais qu<on avait rencontres dans le metro, on voulait acheter des billets pour Urgentch, dans l<ouest du pays, mais les seules places disponibles avant 5 jours etaient... ce soir meme! On a donc file ensuite a notre hotel apres avoir vainement cherche un guichet automatique sous le soleil brulant de midi. En chemin, on s<est fait controler notre sac dans le metro par un policier puis, apres avoir recupere nos sacs a dos a l<hotel, on a achete quelques provisions puis on s<est diriges a nouveau vers le metro. La, le meme policier qui nous avait controle le matin meme nous a demande nos passeports. On a essaye de lui faire comprendre qu<il les nous avait deja demandes ce matin, mais comme il insistait, on les lui a remis et il s<est mis a nous refaire la meme scene que le matin meme, avec autant d<enthousiasme ("Oooooh Canada very good! You like Uzbekistan? Good? Harasho ("ok" ou "bien" en russe, tout le monde dit ca tout le temps)? You go Khiva tonight? Oooooh very good, very good!") Il a ensuite pris la peine de nous informer, tout fier, qu<il avait controle deux autres Canadiens ce matin, un gars et une fille, maries comme nous (!), et qui allaient a la gare!!!.... On a laisse la notre policier amnesique et on est alles retirer de l<argent americain dans un grand hotel ( c<est uniquement la qu<on peut en retirer, et pas question de retirer des soms au taux officiel ailleurs!... encore une fois, il y a decidement un probleme avec l<argent en Ouzbekistan, et c<en devient un pour nous aussi tellement c<est complique!). On est ensuite alles au cafe internet d<en face ou on a change notre argent US. On est par la suite arretes dans un genre de fast food ouzbek ressemblant tres vaguement a un A et W (tres peu de chaines de fastfood connues dans les Stans pour l<instant! On a seulement vu un PFK a Almaty!) Comme d<habitude, le jeune staff hyper motive s<est empresse de prendre notre commande, tout content de parler anglais! Alors que Meme a herite d<un hamburger plutot normal, mon hotdog etait presque comme les notres, a l<exception du fait qu<il contenait deux saucisses et que l<interieur etait garni d<un tas de carottes rapees!

On s<est ensuite diriges vers la gare, ou il a fallu passer encore plein de controles ou les gens se bousculaient, criaient et tentaient tous de passer les premiers! Rien de tel pour nous rappeler qu<on est bel et bien en Asie! On a finalement pu acceder a notre train. On avait des billets en 2e classe (aussi appelee "couchette dure"), la moins chere mais aussi la plus folklorique! Rapidement, on a compris qu<on n<avait pas de compartiment (de toute maniere, les compartiments etaient tous ouverts, sans porte) et que nos couchettes se trouvaient juste en retrait de l<allee! Une surprise plus grande fut de comprendre qu<il n<y avait PAS d<air climatise dans notre section de train. Ca c<etait plus grave parce qu<il faisait a peu pres 1000 degres dans le train lorsqu<il etait arrete! On a donc mange notre bouffe en suant a grosses goutes, puis le train est parti, ce qui a permis d<avoir au moins un peu d<air et de rendre plus supportable notre voyage! Comme nous etions les seuls touristes du wagon, inutile de dire que nous sommes rapidement devenus l<attraction principale! Un monsieur nous a vite adopte et nous a remercie d<avoir fait un si long voyage pour venir visiter son pays! On a plus parle par contre a un gars de mon age qui parlait un peu anglais, qui disait vouloir etudier au Canada (mais on n<a pas compris en quoi... il nous dit qu<il etudiait en "ILLS" ou quelque chose du genre... ca sonne une cloche a quelqu<un? et apparemment ca n<a pas rapport avec la medecine, malgre ce qu<on pourrait croire!) Il nous a aussi montre son livre de math, une antiquite sovietique datant des annees 1980! Meme etait bien impressionnee! Puis, ce fut la tournee des passeports: tous les occupants des couchettes proches des notres nous ont montre leur passeport (les Ouzbeks doivent l<avoir sur eux lorsqu<ils prennent le train, meme sur les lignes nationales... ) et ont voulu voir les notres, ce qu<on a fait vu l<absence de risques... Le monsieur qui nous avait adopte nous a fait comprendre en riant qu<il n<allait pas nous soutirer d<argent pour le passeport (disons que ce n<etait pas trop stressant avec lui ni avec les autres dans la cabine)! Tout le monde etait bien impressionne par nos passeports en tout cas. On a bien ri! Apres, on est alles se coucher sur nos couchettes (on nous avait fourni des draps et des matelas, ce qui avait fait passer le statut de couchette dure a semi-molle!) et on a reussi a dormir assez confortablement finalement malgre la chaleur, la circulation constante des gens dans l<allee et la poussiere du desert du Kyzylkoum (que l<on doit traverser pour aller a Urgentch) qui s<infiltrait partout dans le train!

Urgentch, Khiva et Bukhara pour un peu plus tard!! A bientot!

mardi 17 juillet 2012

Bishkek, suite et fin

Hello, comme nous disent les milliers d<enfants de Khiva depuis qu<on est arrives!

Toujours a Bishkek, Francois est revenu de sa promenade et de sa rencontre policiere impromptue, m<a raconte sa mesaventure puis on a mange nos restes du diner a la table commune de l<auberge. On a rencontre plusieurs autres backpackers, dont deux Francaises, une botaniste et l<autre qui faisait sa these sur la geologie du lac Song-Kol... Assez precis... Il y avait aussi deux Polonaises, le couple d<Allemands qu<on avait rencontre a Song-Kol, et un vieil Allemand vraiment bizarre qui demenageait aux Philippines et passait par la voie terrestre... parce qu<il voulait s<habituer a l<Asie... Les Francaises avaient decouvert un lac un peu plus loin donc on est partis avec elles, les Polonaises, et deux Allemands. Finalement, c<etait un espece d<etang vaseux, avec une plage completement deserte et il faisait deja presque nuit. On est restes un bon moment, pendant que les Francaises buvaient de la biere (dans des bouteilles de plastique, une premiere!) et on a bien ri durant toute la soiree! On a profite du depart des Allemands et des Polonaises pour s<y joindre, parce qu<on etait dans les faubourgs nords de la ville, dans des rues miteuses, sans eclairage... Les Francaises sont restees, question de faire un bain de minuit dans le lac boueux (drole d<idee)! Finalement, le retour s<est fait sans probleme et on est alles dormir dans le dortoir surpeuple (et qui puait les pieds a cause du vieil Allemand qui avait vraiment un probleme d<hygiene corporelle).

Le lendemain, le plan etait d<aller voir les montagnes du sud de Bishkek pour une journee. On a demande au gars de l<hotel s<il  connaissait un bon chauffeur de taxi. Pour faire une histoire courte, on a compris qu<il se proposait lui-meme, mais comme on devait partir plus tard on a reussi a avoir un bon prix. On a dejeuner a l<hotel avec deux Francais (il y en a toujours des milliers peu importe ou on va!) qui etaient en voyage depuis 24 mois, pour faire un petit tour du monde a velo!! Ils etaient bien gentils et on a attendu avec eux qu<on puisse partir pour la montagne. Arrives aux montagnes, le climat etait completement different: pluie torrentielle et froid! On a mange un somptueux lunch de pain et de faux nutella, a sec au moins et on est repartis dans une semi-accalmie. Des le debut, il y avait comme un millier de choix de sentiers, donc on prenait celui qui etait le plus use, mais c<etait vraiment pas evident. On s<est rendus a une riviere, la ou le sentier la traversait, mais la riviere etait en crue donc on ne pouvait pas traverser. Par contre, plus bas un panneau disait que le sentier se faisait des deux cotes de la riviere, et comme de fait il y avait un sentier qui suivait la riviere de notre cote. On a donc continue la-dessus. On a vu un aigle, puis la riviere est devenue un canyon rocheux dans lequel la riviere en furie continuait a s<avancer! Le sentier devenait de plus en plus ardu, genre qu<on avait un pied entre la falaise d<un cote et la falaise qui menait a la riviere de l<autre. A un certain moment, il y avait meme une paroi rocheuse qu<il fallait escalader a l<aide d<une corde. C<est aussi a ce moment ou on se rendait compte qu<on setait probablement trompes de sentier qu<il s<est mis a pleuvoir. On a essayer d<aller un peu plus loin mais vraiment, la seule solution etait de revenir sur nos pas et de repasser par la paroi rocheuse rendue toute glissante par la pluie. Apres une crise de ma part de "il n<est pas question qu<on revienne par la, c<est beaucoup trop dangereux!", je me suis rendue a l<evidence et on a redescendus avec mille precautions! Tout s<est bien passe, mais on etait trempes jusqu<aux os donc on est revenus au debut du sentier pour prendre un the et essayer de se rechauffer. Malheureusement, la porte etait grande ouverte et malgre le the brulant on avait tout aussi froid. Francois l<eternel insatisfait (Francois: bon bon bon c<est toujours ma faute!) voulait essayer un autre sentier donc on est alles a l<autre hotel du coin pour reprendre du the et se rechauffer avant le nouveau depart. On a parle a un Kyrghyz en vacances a l<hotel beaucoup trop content de nous parler et qui insistait pour qu<on donne son nom comme guide a tous nos amis qui allaient venir au Kyrghyzstan! La pluie s<est calmee et on etait semi-secs donc on est partis vers un autre petit sentier qui suivait une riviere bouillonnante entouree de haute montage (vous allez finir par connaitre les types de paysages kyrghyzs!) On est revenus voir notre chauffeur personnel qui nous attendait depuis ce temps puis on est revenus a l<hotel!

On s<est rendus en Marshroutka dans le centre de la ville, on a marche dans une place devant l<opera, puis on est alles dans un restaurant etrangement situe dans un centre d<achat. C<etait finalement super chic, vraiment bon et pas cher, et comme d<habitude il y avait beaucoup trop d<employes presents pour le nombre de clients! On a mange au son de videoclips turcs puis on est alles au cafe internet. De retour a l<hotel, on a jase avec d<autres backpackers dont deux Israeliens qu<on avait croises a Altyn-Arashan. On croise vraiment beaucoup d<Israeliens qui voyagent, souvent apres leur service militaire.

Le lendemain etait la journee "bazars"! Il y a plein de bazars interessants a visiter a Bishkek, on en a fait deux, le bazar d<Osh et le Dordoy. On est alles au premier d<abord. Ca commence avec les grands etalages de legumes, fruits, noix, bonbons, epices, salades... Le marche est vraiment divise entre specialites, toutes les noix ensemble, tous les shampooings ensemble... De temps en temps il y a un magasin pas rapport, comme un etalage de fromages au milieu des vetements pour bebes! On y trouve vraiment de tout! On s<y est promene pendant deux bonnes heures (c<est enorme!). On a achete du fromage qui, ayant rechauffe, s<est revele peu tentant... On a visite le coin des viandes, assez impressionnant dans un batiment ou flottait une odeur un peu ecoeurante et ou le plancher collait... C<etait plus hygienique qu<au Vietnam mais reste que la vision de carcasses pendant sur des crochets a temperature piece me donnait envie de devenir vegetarienne... Une visite dans le coin du lait et des fromages maison, avec son odeur douceatre de lait caille, levait le coeur apres 2 minutes. J<ai essaye quelques robes, dans des cabines d<essayage rudimentaires ou la vendeuse tient un drap devant toi (en regardant aux 30 secondes si tu as fini), separee par quelques vetements derriere qui te cachent du reste du bazar. On s<est fait un snack de samosas, de salades et de jujubes trop durs puis on a quitte pour manger dans un parc plein d<arbres, a l<honneur des soldats morts sous l<URSS.

Apres, on est partis pour le deuxieme bazar, moins specialise dans la nourriture et plus dans les babioles de Chine... Son autre particularite est qu<il est fait d<immenses containers un par-dessus l<autre dans lesquels les gens ont installe leur boutique. On deambulait tranquillement quand Francois s<est fait pincer le gras de bras par un homme derriere lui, musulman orthodoxe accompagne de sa femme portant le niqab. Il etait super enthousiaste de parler a Francois (et juste a lui...) pour lui dire qu<il venait d<Allemagne et qu<il etait musulman (ah oui?). On est revenus en prenant au hasard un minibus qui nous a finalement amenes a l<oppose d<ou on voulait aller. Le temps pressait pour attraper notre avion, donc on s<est juste presses pour aller chercher nos sacs a l<hotel avant de nous rendre a l<autre arret pour prendre l<autobus vers l<aeroport. Apres que ledit autobus (qui passe aux 20 mintes) soit passe devant nous en ne s<arretant pas parce qu<il etait plein), on s<est mis a stresser pour arriver d<arriver a temps pour notre vol. Heureusement que l<aeroport s<appelle Manas, ca voulait dire qu<on allait reussir! Manas est un heros mytique kyrghyz, il est paaaaartout! Tout ce qui est un peu nationaliste kyrghyz a le nom Manas dedans, chaque ville a sa rue, sa statue, son hotel, ses restaurants...

Dernier commentaire avant de quitter la ville de Bishkek: les voitures! Ce commentaire s<applique aussi a Almaty puisque c<est semblable. Il y a en ville un heureux melange de voitures luxueuses (Mercedes de l<annee, Lexus, Audi) et de vieux tacots brinquebranlants. Le tout jure un peu entre les vieux camions sovietiques ou on voit le radiateur a travers le capots, les camions chinois flambants neufs, les marshrutkas qui n<ont de Mercedes que le nom et les vieilles Lada vert hopital qui laissent echapper un panache de fumee noire. Autre truc cocasse, les autobus et les camions de transport portent encore les inscriptions qu<ils avaient dans les annees 80 en europe. Ex: a Almaty, un des autobus disait que son trajet etait "Lyon-Grenoble"! Bref c<est un joyeux amalgame!

La suite et l<Ouzbekistan pour bientot! Continuez d<ecrire des commentaires, on adore vous lire!

dimanche 15 juillet 2012

Bishkek!

Salam alaykum de Khiva, en Ouzbekistan!

La, cest nous deux qui ecrivons, car un seul ordinateur est disponible!

Donc, nous etions rendus le matin suite a notre arrivee au lac Song-Kol. On sest reveilles au son du coq et des vaches et on a salue les Allemands, tout en leur apprenant que non ils ne partiraient pas a cheval... Ils ont voulu chercher notre guide pour comprendre, mais celui-ci etait introuvable! Apres ne pas avoir pris de douche pour la troisieme journee, on a dejeune avec notre chauffeur (Elim) et son cousin puisqu<il etait deja arrive de Kochkor pour venir nous chercher dans sa rutilante lada verte (achetee neuve il y a 6 ans, mais ayant l<air vieille de 15...). On sappretait a partir quand finalement on a revu notre guide, qui etait parti depuis 2 h a la recherche de deux de nos chevaux, qui s<etaient probablement enfuis durant la nuit! Seul le fidele Peteux etait encore la! On a laisse notre guide a la mine basse, en esperant qu<il allait pouvoir retrouver les chevaux durant la journee... On est partis pour 3h de route en lacet dans les montagnes, traversant les rivieres a gue, derangeant des troupeaux de yaks et de moutons, puis longeant la falaise sans garde-fou. On s<est arretes a plusieurs reprises parce que la Lada ne voulait plus monter la cote! Apres 2h de route defoncee, on a suivi une magnifique route panoramique dans un canyon, sur laquelle notre chauffeur zigzaguait pour depasser les autres voitures. A Kochkor, on a commence par faire notre arret a la banque pour pouvoir payer l<agence de tourisme. Cetait l<heure du diner, donc la cloture devant l<ATM etait fermee (super logique...) On a donc attendu jusqu<a ce que ca ouvre pour semi-comprendre que les cartes visa ne marchaient pas avant 14h...? On se rappelle que c<est le seul guichet qui accepte les cartes etrangeres de la ville! On s<est donc rendus au CBT et on a conclu avec le responsable qu<on allait aller avec notre chauffeur a Bishkek (qui devait y aller de toute facon) et qu<on lui remettrait l<argent la. Juste apres, on a croise les Norvegiens qui avaient exactement le meme probleme que nous: ils allaient donc venir avec nous a Bishkek! Pour aucune raison comprehensible, le chauffeur est disparu pendant 10 minutes avec la voiture, et est revenu nous chercher. On s<est rendus a sa guesthouse et on a pris un the en attendant quil se prepare pour Bishkek. Ca a ete super interessant parce qu<on a pu jaser avec sa soeur et sa femme, la premiere parlant super bien anglais! On a demande a la femme de notre chauffeur si elle avait etudie, et elle etait economiste, mais depuis qu<elle etait mariee elle etait venue habiter avec son mari et sa famille et s<occupait de la cuisine pour toute la maison et les touristes!! La soeur nous a explique que c<etait souvent comme ca, que quand son autre frere allait se marier, sa femme allait venir travailler chez eux, et que quand elle serait mariee elle irait dans la famille de son mari. C<est difficile de savoir si c<etait une famille plus conservatrice, mais ca donne quand meme une idee du role traditionnel de la femme au Kyrghyzstan, le pays le plus ouvert de la region!

Puis on est partis en taxi collectif (c-a-d que chacun paie sa place dans une minivan donc ca coute moins cher) et on est alles mettre de l<essence. C<est vraiment quelque chose de particulier ca: les taxis et les autobus s<arretent souvent pour mettre de lessence quelque temps apres le depart, quand ils sont pleins de passagers! Chez nous, on se dirait "mais pourquoi il n<y a pas pense avant?", en tout cas... La route s<est bien passee, avec des beaux paysages comme toujours. Ah non c<est vrai, notre chauffeur etait un peu fou: il depassait tout le monde sur l<autoroute comme un dement, parfois meme il depassait sans avoir le temps et les voitures qui arrivaient en face se tassaient pour le laisser passer! Arrives en vie a Bishkek apres une pluie apocalyptique, on s<est stationne dans une rue random, puis Elim nous a fait comprendre que le reste du trajet se ferait dans la voiture de son frere. On a tous fini par payer ce qu<on devait, on a dit adieu aux Norvegiens et on est partis a la recherche d<un hotel. En chemin on a mange des kebaks dans un joli parc. Bishkek est une belle ville, en fait ca ressemble beaucoup a Almaty, mais en moins gros, les immeubles sont plus petits, et il y a au moins autant d<arbres et de parcs! On a fini par trouver l<hotel qu<on cherchait, pas evident cache derriere une grosse porte en fonte avec rien d<indique... Bon la je (Meme) vais faire ma precieuse. La place etait vraiment bof... correcte... tout au plus...  La maison aurait pu etre tres joli, mais c<etait clairement laisse a l<abandon. Il se faisait tard alors on a decide de rester quand meme. Le dortoir etait dans une petite piece, le monsieur (qui etait sympathique mais excentrique) avait cree un deuxieme etage en plywood, sous lequel il jouait au solitaire nuit et jour. Cetait pas si pire, mais la salle de bain, la toilette et la cuisine faisaient vraiment pitie... Bref, on s<est dit que c<etait juste pour une nuit! On est partis faire le blog tard en soiree, en se faisant peur mutuellement a notre retour a pied, vu que ce n<etait pas super securitaire la nuit a cause du manque d<eclairage (mais on avait peu a faire). Finalement on a bien dormi, on a mange du gruau dans un pavillon du jardin neglige et on a parle a d<autres backpackers le lendemain matin.

Notre premiere etape fut d<aller acheter nos billets d<avion pour Tashkent en Ouzbekistan. On avait decide de prendre l<avion parce que passer la frontiere terrestre ne peut se faire que dans le sud du pays, une region qui a ete troublee en 2010 par des violences ethniques (donc semi-securitaire meme si beaucoup le font quand meme...). On s<est rendus aux comptoirs d<Ouzbekistan Airways! Ca a ete super facile reserver nos billets, mais le paiement a ete une autre histoire. Je (Meme) suis partie a la recherche de guichets, ce qui deja etait long, mais ma carte visa ne fonctionnait pas! Je suis entree dans une autre banque ou une madame faisait office d<ATM, ca n<a pas marche mais j<ai fait connaissance avec le gardien de securite beaucoup trop content de me parler, qui a voulu me montrer ses talents d<anglais en me disant "I love you!"! Apres, Francois est reparti a la recherche d<autres guichets et ca a fini par marcher vraiment loin... On allait donc partir a Tashkent deux jours plus tard! On est alles au cafe internet pour comprendre pourquoi ma carte ne marchait pas et on a re-croise un suedois qui etait a l<hotel, qui a fait Suede-Kyrghyzstan a velo! On a dine dans un resto turc, mais je me sentais deja moins bien alors on est partis directement vers notre nouvel hotel. En chemin on a visite une superbe eglise orthodoxe, le royaume des babouchkas devotes et minuscules. On a aussi croise deux cooperantes americaines (qui allaient enseigner dans les villages pendant 2 ans et demi) qui etaient vraiment super heureuses de voir des touristes qui avaient choisi le Kyrghyzstan! On a pris une marshroutka (minivans Mercedes converties en autobus) et ca a ete super complique de faire comprendre au chauffeur ou on voulait aller. Ils ne sont pas vraiment aidant, ils disent de descendre n<importe ou meme si on n<est clairement pas rendus a la bonne rue, alala! On a fini par trouver l<hotel, aide par une grand-maman minuscule et edentee qui nous a reconduit jusqu<a la porte en nous jasant ca en kyrghyz! Cetait une jolie place, style auberge de jeunesse et on a encore recroise les Allements space du lac Song-Kol. Je suis allee me coucher et Francois est parti explorer la ville, je vous le passe a l<instant!

Bon je (Francois) fait le dernier bout! Je suis donc parti a pied dans le but de visiter les parcs et les monuments de Bishkek. En chemin, j<ai ete aborde par une femme mi-trentaine, debut quarantaine qui s<est mise a me parler en anglais. La situation est devenue assez cocasse quand elle a insiste pour me donner son numero de telephone, en provoquant les gloussements de ses amies derriere elle (tse je profite toujours du fait que Meme dorme pour cruiser les passantes) ! Au moment ou j<allais poliment accepter le papier qu<elle me tendait, un policier est sorti de derriere un buisson pour parler a la dame et m<a demande la chose qu<un voyageur en Asie centrale doit redouter le plus: voir mon passeport. Il faut savoir que la police est corrompue partout en Asie centrale, et qu<ils profitent souvent du fait qu<ils peuvent demander a voir le passeport des etrangers pour leur soutirer de l<argent s<ils veulent un jour revoir leur passeport... Selon le Lonely Planet, ce type d<arnaque est particulierement frequent a Bishkek... Naturellement, je me suis mis a stresser! La chose a faire dans ce moment-la, c<est de montrer une photocopie de passeport et de visa. Or, je me suis rappele que si j,avais dans ma poche ma photocopie de passeport, ma photocopie de visa se trouvait, elle, stupidement dans ma pochette ventrale, a cote de mon passeport... J<ai donc d<abord voulu qu<on aille ensemble voir mon passeport au commissariat, puis, comme ca n<a pas marche, j<ai pretendu que mon passeport etait a l<hotel. La madame a qui j<avais jase plus tot essayait de m<aider mais elle me disait juste de montrer mon passeport, alors je ne lui faisait que moyennement confiance disons (elle aurait pu etre de meche avec les policiers)! Ah oui parce que finalement il y avait 6 policiers autour de moi: il y avait une autopatrouille stationnee derriere le buisson! Et ils voulaient tous que j<aille vers l<autopatrouille, pres d<un vieux batiment en ruine! Comme les policiers se faisaient hyper insistants, j<ai fini par sortir mon passeport. Un des policiers l<a pris et a ecrit le numero dans un vieux carnet, pendant qu<un autre lisait mon guide de voyage... On m<a ensuite demande de leur montrer ce que j<avais dans mes poches, puis, finalement, on m<a rendu mon passeport et serre la main avec beaucoup de "salam aleykum"! On ne m<avait pris aucun argent et j<avais mon passeport avec moi: soit j<ai ete chanceux, soit il s<agissait juste d<un controle de routine. La seconde option est plus plausible: avec le recul, je pense que le policier a surpris ma conversation en anglais avec la dame, puis l<echange de papier avec le numero de telephone (que le policier a d<ailleurs regarde). Comme il y a beaucoup de traffic de drogue dans les Stans (l<Afghanistan et son heroine n<est pas loin...), notre conversation anodine aurait pu en effet ressembler a un deal de drogue! En plus, la madame m<assure que les policiers n<allaient pas me prendre d<argent parce qu<il y avait un officier superieur avec eux... Ben la... disons que c<etait pas evident a voir!!

Un peu sonne, j<ai pris conge de tout ce beau monde puis j<ai visite les monuments de la ville. J<ai vu au moins deux seances de photos de mariage a la place de la victoire (un genre de yourte en beton avec une flamme eternelle en dessous)  puis je me suis promene dans les parcs avant de finir sur la place centrale du plus pur style sovietique (mais jolie tout de meme) Apres avoir vu le Parlement, je suis finalement revenu a l<hotel pour rejoindre Meme.

Ouf, c<est tout pour l<instant! On vous revient avec le reste plus tard!!

jeudi 12 juillet 2012

Les lacs Issyk-Kul et Song-Kol

Bonjour!
Ici Meme! Le lendemain a Karakol, on a dejeune avec les Suisses puis on a attendu Stan et Annelien qui devaient venir nous chercher avec leur rutilant 4x4. C<est la aussi qu<ont commence les problemes intestinaux. C<est fou: 12 jours apres notre arrivee, c<est un record! Une fois les Belges arrives, on a dit au revoir a Jamilia (si vous allez a Karakol un jour, allez dormir la, vous ne serez pas decus!) et on a fait plus ample connaissance avec leur chauffeur, Sachka. C<etait tout un personnage: Kyrghyz dans la cinquantaine affuble d<une bedaine impressionnante, il etait un peu rustre mais vraiment drole! En fait, il ne parlait pas vraiment anglais, mais il arrivait quand meme a faire des blagues du genre "ooooh Lada Schumacher!" quand une vieille Lada nous depassait, ou encore frappait sur la table en criant "laghman, laghman!" (un plat kyrghyz, une soupe avec des gros spaghettis, du mouton et des legumes) avant les repas!... Bref, on s<est donc rendus a Jeti Oguz, un endroit qui a connu son heure de gloire sous l<URSS en tant que station thermale. On s<est rendus en auto au village en tant que tel, puis dans les montagnes de terre rouge environnantes, le long d<un canyon rocheux. C<etait bien beau et different de ce qu<on avait vu jusqu<a present. Apres une "route" cabossee et sinueuse (on est habitues!) le long d<une riviere, on s<est arretes pres d<un camp de yourtes pour aller voir une cascade. C<etait un endroit assez touristique etonnamment, pour les groupes de touristes. Une famille qui preparait un repas pour un groupe de Coreens nous a donnes plein de fruits et des genre de beignets puis on est partis vers la cascade, apres avoir refuse l<aide de guides pour y aller. Le chemin etait assez simple dans le fond, a flanc de montagnes, et on avait une vue superbe sur les yourtes, le paturage et les immenses chaines de montagnes derriere. On sest reposes devant la chute, en fait plus une cascade avec un mince filet d<eau, pendant que je luttais contre des crampes de plus en plus insupportables... On est revenus tranquilement vers l<auto et j<ai pu taquiner un troupeau de moutons qui mangeaient calmement. On a cherche a diner dans le village de yourtes et on a fini par acheter du pain (paye beaucoup trop cher) pour accompagner notre soupe en sachet de secours. On a pique-nique puis on est repartis vers Jeti-Oguz avec les Flamands. Apres y avoir pense, on a finalement decide de rester avec eux et on a pris la route au sud du lac Issik-Kol plutot que celle du nord qu<on pensait faire initialement. On n<a pas ete decus! Les paysages etaient fabuleux: le lac d<un cote (qui ressemble a la mer tellement il est grand) et les montagnes aux sommets enneiges de l<autre, avec la route et les champs au milieu (Francois: la route qui fait le tour du lac Issik-Kul est magnifique, relativement plate et parsemee de highlights pas facilement accessibles en transport en commun : je suis sur que quand le Kyrgyzstan sera touristiques, il y aura plein de places ou on pourra louer des velos et des motobikes pour la visiter!) . D<autant plus qu<on etait en bonne compagnie pour jaser dans l<auto! On s<est arretes au canyon Chazka, endroit dont on avait aucune idee de l<existence. C<etait incroyable, des dunes de sable rouge a n<en plus finir, un paysage desertique parseme de plants de lavande. On a grimpe jusquen haut d<un piton rocheux, en se disant que dans 10 ans cet endroit allait etre plein de touristes (et que de grimper sur ledit piton allait etre formellement interdit...)

On s<est rendus au Beltam Yourt Camp de Bokobaevo, la ou on allait dormir: on avait  nos yourtes a 300m de la plage! On est alles faire une baignade dans l<eau quand meme froide du lac Issik-Kul! Stan, Sachka et Francois sont alles chercher de l<eau et de la biere au village le plus proche puis on a bien ri en jouant aux cartes avant le souper! Le souper a ete fort interessant. On a parle avec les deux filles de la proprietaire de la place, superbes et tres intelligentes. On a discute des differences entre nos pays respectifs, comme le prix des etudes qui varie selon si c<est une universite d<etat ou une universite americaine. Il en coute 5000$ par an pour etudier dans la deuxieme alors quelles evaluent le salaire moyen a 100$ par mois... Par contre, il y a des bourses pour permettre aux etudiants talentueux dy acceder. Elles disaient aussi que parfois les enfants restent avec leurs parents toute leur vie pour pouvoir s<en occuper et qu<elles ne peuvent quitter la maison que si elles sont mariees (ou si elles partent etudier dans la capitale). Le sujet a devie vers le kidnapping, une pratique kyrgyze ancestrale ou un homme kidnappe litteralement une femme pour qu<elle devienne son epouse. Parfois, la chose peut etre arrangee entre les familles, la fille ne sait juste pas quand elle sera kidnappee. Elles disent que la pratique ne cesse de diminuer (les hommes risquent 5 ans de prison) et qu<elles n<ont pas peur, leur mere viendrait les chercher de toute facon. D<autres touristes sont venus nous rejoindre: une dame qui travaillait pour Handicapes international, son fils botswanais legerement trisomique et leur jeune colocataire francaise a Bishkek (benevole pour enseigner le francais). J<ai cree un malaise quand j<ai demande aux filles (de 16 et 19 ans) si l<autre femme qui etait la etait leur mere, alors qu<elle avait 20 ans... (mais elle avait l<air vraiment vieille!) Malaise, mais pas autant que quand le garcon botswanais a demande s<il pouvait epouser les deux filles en meme temps... Sinon, on a passe le reste de la soiree a rigoler, a boire des bieres (dont une qui avait un gout etrange d>aneth, l<epice preferee des Kazakhs et des Kyrghyzs) et a jouer aux cartes avec les Belges dans notre yourte!

Le lendemain matin, je n<allais pas vraiment mieux alors j<ai dormi pendant que les Belges allaient faire un tour de cheval, puisque de toute facon on allait sur le meme chemin apres. Francois a lu sur la plage, observant Sachka lancer des bouteilles de plastique aux vaches qui voulaient aller sur la plage! (Francois: en fait, le lancer d<objets aux vaches a ete le seul moment actif de Sachka ce matin-la: le reste du temps, il bronzait en etoile et en bobettes, exhibant fierement sa bedaine)  Il a aussi eu droit aux conseils de Dr Sachka pour que j<aille mieux: un shooter de vodka salee! On a profite de la superbe journee sur la plage avec les Belges avnat le diner puis on est partis avec le fidele Sachka vers un lac super sale (dans le sens de plein de sel la la, y<a pas d<accents!), pour avoir un avant-gout de la mer morte! Apres un chemin (etonnamment) en piteux etat, on s<est baignes, ou plutot on a flotte. C<est vraiment drole comme impression parce que tu fais l<etoile et tu penses instinctivement que tu vas couler, mais non! On a pris des photos en train de mediter sur le lac puis on a attendu assez longtemps et avec une inquietude croissante Sachka qui avait disparu pendant un bon moment... Il est finalement ressurgi, tout sale: il etait alle s<enduire de boue/petrole un peu plus loin... Le chemin vers Kochkor s<est fait sans probleme, on est alles au CBT (l>agence de voyage) pour organiser nos prochains jours puis on a dit au revoir aux Belges, qu<on etait tristes de quitter! On est partis vers le B&B de la personne qui allait etre notre chauffeur durant notre trip a cheval vers le lac Song-Kol, le deuxieme plus grand lac du Kyrgyzstan. La guesthouse etait bien mais on se sentait un peu coinces parce qu<on avait aucune idee d<ou on etait dans le village et que tout etait ferme apres 18h... On est donc restes sagement a l<hotel, on a soupe dans la yourte du jardin (confiture de framboises et miel incroyables) et on a fait notre lavage.

Le lendemain apres dejeuner, on s<est rendus compte que le linge n<avait pas du tout seche sur la corde: on est donc partis a la recherche de places au soleil pour le faire secher en vitesse. Avec tout ca, on a fait attendre le chauffeur, qui nous a rassure en disant "Normal, normal, it<s Kyrgyzstan!". En fait, le mot "normal" etait son mot anglais prefere, tout ce qui allait bien etait "normal", tout ce qui etait negatif etait "problem"! On devait commencer par aller a la banque pour pouvoir payer l<agence mais la seule banque de Kochkor qui acceptait les cartes etrangeres ne marchait pas. On allait donc les payer en revenant, alors que le guichet aurait supposement ete repare... On s<est rendus a la Kyzart Pass pour prendre nos chevaux et rencontrer notre guide. Il etait super gentil, souriant et parlait quand meme bien anglais. Apres un cours tres rudimentaire sur les chevaux (tchou pour avancer, tirer la bride pour arreter), on est partis! Mon cheval, le plus feminin des trois, avait la facheuse habitude de faire deux metres et d<arreter pour manger. Francois dit que les chevaux sont comme leur proprietaire... On l<a donc appele Glouton. Il etait aussi vraiment tete dure (Francois: comme sa proprietaire...) et il refusait d<avancer. Il refusait aussi de marcher dans les sentiers et prenait toujours d<autres chemins. Comme jetais archi-lente, le guide a pris une corde et a guide mon cheval aussi tout le long... Celui de Francois n<arretait juste pas de peter (comme son proprietaire?!), on l<a donc appele Peteux. Malgre ce nom laissant presager peu de chance dans la vie, Francois etait super bon et est parvenu a le diriger tout le long! A peine apres avoir ete partis, on etait proche d<une maison de bergers et deux gros chiens se sont mis a attaquer Francois et son cheval. C<est justement a ce moment la que son cheval a decide de s<arreter devant l<enclos de moutons pour pouvoir les regarder un peu, laissant Francois en proie aux chiens... Les bergers qui tondaient les moutons ont calme les chiens et on a eu droit a notre part de kimiz, le lait de jument fermente si populaire durant l<ete! On a chevauche dans les paturages, entre les moutons, les vaches et les chevaux qui vaquaient librement a leurs occupations. On s<est arretes pour diner proche d<une riviere, mais on n<avait pas compris qu<il fallait amener notre lunch et le guide avait oublie le sien alors on a partage un vieux bout de pain, des dattes et une KitKat. On a continue a grimper les montagnes avec les chevaux, avec une vue magnifique sur les jailoo (paturages) et les montagnes. En chemin, on a jase pas mal au guide, qui nous a dit entre autres que son pere avait kidnappe sa mere pour la marier (il nous a assure qu<il ne ferait pas lui-meme la meme chose!) On a croise quelques Kyrghyzs a cheval, qui avaient souvent le chapeau traditionnel. Il s<agit d<un chapeau en feutre blanc decore avec du fil noir, presque comme un haut de forme, qui sert a les proteger du soleil et de la neige. Ca s<appelle des Ak-Kalpak.
 
On a fini par appercevoir au loin nos yourtes pour la nuit, ce qui etait quand meme encourageant apres pres de 5h de cheval, les fesses un peu meurtries... On a pu voir aussi une vache qui venait juste d<accoucher, le cordon ombilical pendant encore! On est arrives dans la famille qui tenait les yourtes (il y en avait 3 en tout) et on a pris un the avec deux Norvegiens qui arrivaient de cheval aussi. On peut dire que c<etait un endroit tres paisible, il n<y a vraiment rien a faire en fait... On a regarde le paysage dehors, je me suis fait amie avec un des chiens de bergers de la place, un espece de gros chien loup assez epeurant mais qui au fond etait un gros nounours... Les chiens de bergers sont vraiment impressionnants, ils protegent vraiment le territoire qui appartient a la famille. Lorsqu<un cheval ou une vache s<aventure dans un coin qui lui est interdit, les chiens se mettent a aboyer et lui courent apres jusqu<a ce qu<il soit rendu tres loin. Par contre, quand un homme est sur le cheval, ils le laissent faire! Il y avait aussi une petite fille qui etait vraiment drole, on a joue avec elle un peu (beaucoup), puis on a joue aux cartes avec les Norvegiens. On a mange une soupe avec des dumplings, c<etait tres bon!

Francois: On a soupe encore une fois vraiment tard: 8h. Difficile de savoir si c<est uniquement le fait des nomades ou si c<est generalise au sein du Kyrgyzstan de souper si tard, mais reste que dans beaucoup de restos les gens arrivent relativement tard pour manger et chez l<habitant, c<est rarement avant 8h! On est ensuite alles dormir. Enfin, pas moi: mes intestins m<ont tenus reveilles pendant un certain temps... Parce que, oui, apres Meme, c<etait a mon tour d<avoir des problemes... Disons qu<aller plusieurs fois aux becosses (une cabane en tole et un trou) en pleine nuit alors qu<il fait a peu pres 0 degre dehors avec du vent et qu<on ne voit rien n<est pas parmi mon top 10 des choses agreables de la vie! Ces virees nocturnes m<ont quand meme permis d<admirer le magnifique ciel etoile... et m<ont aussi donne la possibilite de manquer de trebucher sur le chien qui etait devenu ami avec Meme et qui montait la garde juste devant la porte de notre yourte!

On s<est reveilles le lendemain et on a dejeune (surprise: encore du porridge et des crepes!) Apres avoir dit adieu a la famille qui nous hebergeait (et en particulier a la petite fille espiegle qui, en passant, ressemblait a Marianne quand elle etait enfant avec sa coupe champignon), on est repartis a cheval vers le lac Song-Kol. On a d<abord commence par gravir des pentes assez escarpees, jusqu<a ce qu<on se rende a une passe de 3300m d<altitude au sommet des montagnes. Par endroit, il y avait encore des plaques de neige et le sol etait parseme d<edelweiss. Et je ne vous parle pas de la vue magnifique, avec le lac au loin!  Meme a encore reessaye de diriger son cheval elle-meme, mais, fidele a son habitude, il s<est vite decide d<arreter pour de bon pour brouter. Lors de notre descente vers le lac, elle a toutefois reussi pour la premiere fois a le faire aller a peu pres vers ou elle le voulait! Pas mal apres 1 jour et demi! On a continue notre route a travers les paturages denudes, jusqu<a ce qu<on croise des touristes hollandais retraites accompagnes de leur guide francophone. Ils nous ont explique qu<ils etaient ici a moitie pour affaires, puisqu<ils allaient ensuite a Karakol donner de la formation dans des laboratoires medicaux. On a ensuite rejoint les Norvegiens dans la yourte ou on dinait. On a mange un excellent laghman (Meme en a repris 2 fois!) puis on est tous partis ensemble pour notre dernier droit le long du lac Song-Kul. Le lac, le 2e plus grand du Kyrgyzstan, est entoure de montagnes et de paturages: l<altitude fait en sorte qu<il n<y a aucun arbre a proximite. En se rendant aux yourtes ou on allait dormir, on a meme pu presque galoper (on devenait vraiment bons!)! Arrives au campement ou on allait dormir, on a salue les Norvegiens qui allaient dormir ailleurs puis on est alles prendre le the dans une des yourtes. Au Kyrgyzstan, il y a toujours quelqu<un (habituellement une fille) a la table en charge de servir et de resservir le the. Cette fois, c<etait la fille de nos hotes, qui parlait anglais. Elle avait 21 ans et etudiait a Bishkek, comme la grande majorite des etudiants qu<on a rencontres. On lui a demande si elle preferait Bishkek a Song-Kol et, lorsque qu<elle nous a clairement fait part de sa preference pour la premiere des deux, on a fini par comprendre qu<elle n<avait pas trop le choix de venir l<ete dans la yourte familiale... En effet, elle devait aider ses parents et il ne semblait pas y avoir de discussions sur ce point! Apres le the, on est alles se promener un peu pres du lac. L<eau n<etait pas aussi translucide qu<ailleurs (plus gris-brun) et elle est definitivement trop froide pour se baigner En marchant sur la greve, on a croise des touristes kyrgyzs qui ont commence par nous prendre en photo avant de nous aborder joyeusement pour qu<on se baragouine nos maigres connaissances reciproques en russe et anglais respectivement. Enfin je dis "nous": les hommes ne m<ont adresse la parole qu<a moi, ne repondant que par un hochment de tete aux paroles de Meme! Ca a beau fonctionner comme ca chez les Kyrgyzs qui pratiquent l<islam de maniere plus intense, ca reste quand meme un peu bizarre!

Par la suite, on est revenus a la yourte ou on a fait la connaissance d<un couple d<Allemands assez space et au look plutot safari qui dormait dans une yourte voisine. Ils nous ont explique que pour des raisons environnementales (le gars est conseiller politique pour un depute du parti vert allemand), ils faisaient le trajet Berlin-Kyrgyzstan en train aller-retour, c<est-a-dire 5 jours aller et 5 jours retour, pour un prix exorbitant! Et c<est sans parler du cauchemar administratif que represente le fait de s<arranger pour avoir des visas de transit bielorusse, russe, kazakh et ouzbek, en sus du visa kyrgyz! On a beau avoir des convictions, mais a un moment donne la la... Enfin c<etait assez impressionant de leur part. Ils venaient de passer 3 jours a Song-Kol et etaient interesses a revenir a Kyzart en cheval avec notre guide, donc on les a mis en contact! On est ensuite alles souper avec notre guide, non sans avoir auparavant taquine les dindes de la famille (les animaux la...) On a mange du poisson du lac (miam!) et de la soupe tout en jasant d<islam avec notre guide, ce qui a ete tres enrichissant. On a aussi parle des cimetieres kyrgyzes, qui sont vraiment speciaux. En fait, chaque tombe est entouree d<une cloture, pour proteger la personne contre les animaux. Aussi, les vieux hommes riches (ie apres 70 ans) ont parfois droit d<etre enterres dans un mausolee en forme de mosquee (ce que l<islam desapprouve, il s<agit vraiment d<une tradition kyrgyze)! Ils ont tous leur photo sur la pierre aussi! Le resultat est tres particulier! On a ete ensuite marche un peu avant la noirceur avant d<aller dormir. La ca a ete assez complexe d<expliquer a notre guide que s<il revenait a Kyzart avec les Allemands, ce seraient eux (et non nous) qui paieraient pour la journee de retour (on etait censes payer pour le retour du guide et des cheveux a Kyzart la 3e journee, mais puisque les Allemands iraient avec lui, ca ne faisait pas de sens que tout le monde paye 2 fois pour la meme chose!). Finalement le guide a appele l<agence pour nous dire que ses patrons ne permettaient pas qu<il aille a Kyzart avec les Allemands. Comme il leur avait assure qu<il partaient avec eux le lendemain, on lui a dit qu<il serait mieux d<aller leur dire maintenant mais il n<a pas eu l<air d<avoir saisi et est alle se coucher... Ca promettait pour les pauvres Allemands! On est ensuite aussi alles se coucher: une fois que la nuit tombe, en effet, il n<y a plus grand chose a faire dans un camp de yourtes! Par contre, on a ete choyes: on a eu droit au poele chauffe par de la bouse de vache sechee! Et non, ca ne pue pas etonnamment!

Sur ces douces paroles, on vous dit au revoir!

mardi 10 juillet 2012

Karakol et Altyn-Arashan

Rebonjour de Bishkek, la capitale du Kyrghyzstan!
 
Desole du delai, l<acces a internet etait juste innaccessible dans les derniers jours!
 
C<est Francois qui ecrti! La derniere fois, on vous avait laisses a notre arrivee a Karakol, dans l<est du Kyrghyzstan. Comme on vous l<a dit, le transport en bus s<est fait rondement, mis-a-part le fait que mon siege inclinable avait tendance a s<affaisser sur la madame derriere moi (c<est recurrent: ca s<etait aussi passe dans le trajet vers les lacs Kol-Say. Morale de l<histoire: ne pas s<asseoir derriere moi!) L<arrivee a Karakol, apres avoir longe le magnifique lac Issik-Kol, entoure de grandes montagnes, fut un peu un choc. Comment vous decrire Karakol... Disons simplement qu<on a realise vraiment qu<on etait dans un des pays les plus pauvres au monde. Imaginez une ville de 75 000 habitants ou seules quelques rues sont vaguement pavees, au bord desquelles s<eleve un melange de cabanes, de maisonnettes russes laissees a l<abandon et de vieux immeubles sovietiques decrepis entoures d<herbes folles. Sans compter les rues ou circulent un nombre impressionnant de vieux tacots. On a aussi pu voir une charette tiree par un ane, on se croirait vraiment au tiers monde. En gros, on dirait qu<on visite les ruines d<une ville plutot qu<une ville en soi! Le contraste entre la relative proprete d<Almaty et le denuement de Karakol etait assez frappant! On a marche dans la ville jusqu<a une banque question de sortir de l<argent en monnaie locale (des soms) puis on s<est diriges vers un bed and breakfast qu<on avait repere dans le Lonely Planet. Situee au bout d<une allee de terre qualifiee pompeusement de rue, notre guesthouse etait magnifique: une jolie maison situee au fond d<un jardin avec un grand cerisier. On a depose nos affaires et on a pris un the offert par notre hote (la sympathique Jamilia) avant de retourner explorer la ville. Karakol est une ville qui s<apprecie progressivement: on apprend effectivement a voir son cote charmant, avec ses isbas (maisons) russes du XIXe siecle, ses rues bordees de peupliers et ses montagnes, en sus de son air general de pauvrete.
 
On a d<abord ete au zoo (non sans avoir au prealable traverse une section de la ville digne de Tchernobyl et m<etre fait traite de fasciste par un Kyrgyz visiblement saoul qui a tout de meme tenu a me serrer longuement la main). Le petit zoo de Karakol consacre aux animaux de la region a bien plu a Meme, qui s<est fait crachee dessus par un chamaux frustre d<etre taquine. On a aussi pu voir des aigles (c<est gros!), des yaks, des leopards des neiges, des loups, des ours des Tian Shan et l<animal emblematique du la region, le cheval sauvage de Prezawlski. Apres, on s<est diriges vers la cathedrale orthodoxe de la ville, bien jolie avec son architecture de bois. Par la suite, on est passes par le bazal local ou on a achete du savon (oui oui, on doit se laver parfois!) avant de se diriger vers un resto pour manger. Apres un repas bien gras (mon poulet aux champignons trempait litteralement dans une mer de gras!), on a ete s<informer au CBT (une agence d<ecotourisme) et a l<info touristique locale sur la possibilite de faire du trek dans les montagnes entourant Karakol. Apres avoir obtenus nos renseignements de la part du staff hyper-motive, on est alles a la mosquee, qui est faite sur un modele de temple bouddhiste!  On s<est aussi balade au sein du parc de la ville, assez delabre, puis j<ai ete prendre une photo avec la statue de Lenine (yes!). Apres avoir marche dans l<agreable allee situee derriere la statue (ie la seule belle rue de la ville), on est alles dans un cafe internet dont la connexion etait si lente que faire le blog etait impensable! On a rencontre la un Hollandais qui revenait de faire les treks qu<on allait faire dans les prochains jours. Il nous a fait un peu peur en disant qu<un de ses amis avait ete mordu par un chien sur le sentier et qu<il etait tombe face a face avec un ours! Apres ces revelations troublantes, on est alles manger dans l<un des 4 restos de la ville avant de revenir en taxi a notre BetB. Ah oui, on a oublie de vous dire: il n<y a peu ou pas d<eclairage public a Karakol la nuit (comme dans toutes les villes kyrgyzes apparemment) donc il vaut mieux revenir en taxi le soir!
 
Le lendemain, on a laisse nos affaires chez Jamilia (Meme: sauf un backpack que Francois a porte tout le long, j<ai ete traitee comme une princesse!) et on est partis faire de la randonnee dans les montagnes pres de Karakol. On est partis a la recherche de notre marshrutka (minbus) a destination d<Ak-Suu, le petit village d<ou commencait notre trek. Ce genre de minibus part seulement lorsqu<il est plein, on a heureusement pas eu a attendre longtemps! Quelques mots sur la conduite ici: bien que la circulation soit loin d<etre aussi dementielle qu<au Vietnam et les conducteurs moins suicidaires, reste que doubler 3 voitures alors qu<un camion s<en vient en sens inverse est une chose banale! Heureusement, les routes ne sont pas tres encombrees (si on exclut vaches et moutons) et les conventions routieres sont tout de meme vaguement respectes. Meme qu<ils respectent les traverses a pietons, quelque chose d<impensable chez nous! Arrives a Ak-Suu, on a suivi une vieille babouchka qui nous a montre le debut du sentier. Apres 20 minutes de marche, on a manque se faire sauter dessus par un gros chien visiblement en manque de mollets! Heureusement qu<il etait solidement attache, parce que sinon on aurait serieusement pu dire adieu a nos jambes! Le long de la magnifique route qu<on suivait coulait encastree dans une vallee bordee de hautes montagnes, une riviere tumultueuse. On s<est fait depasser par deux gros vieux camions d<armee remplis d<ecoliers (?) qui avaient eu l<idee bizarre d<emprunter la piste en mauvais etat qui nous servait de sentier.

On a fini par rattraper le premier camion, qui etait tombe en panne, apres un court laps de temps, puis on a rejoint le deuxieme, qui s<etait arrete pour attendre le premier, un peu plus loin. On a alors jase un peu avec ses occupants, des etudiants russes du secondaire qui allaient passer leurs vacances (1 mois) dans les montagnes du Kyrghyzstan. Ils etaient bien gentils en tout cas: a date les Russes que l<on a rencontre n<etaient pour la plupart pas betes et antipathiques comme le veut le cliche, au contraire meme! On a continue a grimper, alternant tantot les passages pres de la riviere au fond d<un canyon verdoyant, tantot les montees en lacet a flanc de montagne. Inutile de vous dire que c<etait vraiment de tres beaux paysages! On s<est arretes pour pique-niquer au bord de la riviere  avant de reprendre notre route en se faisant occasionnellement depasser par des cavaliers kyrgyzs. Finalement, apres 5 heures de marche et une derniere montee harassante (en particulier pour moi qui, en vrai gentleman, portait notre lourd sac a dos), on est arrives a Altyn Arashan, un ensemble de 3 ou 4 maisons blotties au fond d<une vallee herbeuse traversee par une riviere turquoise et surplombee par des montagnes enneigees. On s<est diriges vers une des petites maisons ou on allait passer la nuit. On a alors fait la connaissance de 4 autres touristes qui logeaient aussi dans notre maison: deux Britanniques (Jonathan, un jeune diplomate poste a Astana, la capitale du Kazakhstan, et sa mere Jane) et deux jeunes Flamands, Annelien et Stan, en voyage en Asie centrale comme nous mais en plus organise disons. On a donc passe la soiree avec eux (inutile de vous dire que j<ai passe un certain moment a jaser diplomatie avec Jonathan!) mais, avant tout, on a ete faire trempette dans les sources d<eau chaude qui font la reputation d<Altyn Arashan! En fait, les "bains" sont en soi un peu ghetto: il s<agit de petites piscines de beton situees dans de petites cabanes. L<eau est sulfureuse (i.e. ca sentait donc assez fort le pet) et pleine de particules en suspension. Une affiche defraichie a l<entree des bains declamait aussi haut et fort les vertus des sources chaudes mais precisait de maniere vaguement inquietante que "davantage de recherche etait necessaire pour trouver les efffets secondaires potentiels des bains"!  Malgre tout, a 45-50 degres alors qu<il fait 15 degres dehors, c<etait quand meme tres agreable (ou vraiment trop chaud en fait...)!! En attendant le souper, on a joue aux cartes avec les autres tout en regardant arriver les randonneurs hagards qui revenaient de leur treks de plusieurs jours dans les montagnes (Altyn Arashan est une etape pour les long treks guides dans les environs de Karakol). On voulait faire ce trek au debut, mais finalement on a decide que deux jours serait assez, et a voir la mine des marcheurs qui en revenaient, on a eu une bonne idee! On a ensuite mange, rejoints par une bande de jeunes Russes immigres en Allemagne assez sympas. Les Britanniques et les Flamands etaient venus avec des guides locaux qui leur avaient prepare des tonnes de bouffe! On a continue a jaser pendant que Meme flattait le chat racoleur de la famille chez qui on etait puis on est alles se coucher dans nos lits spartiates aux sommiers metalliques depourvus de ressorts. Il fait assez froid dans les montagnes (le mercure a du descendre pres de zero durant la nuit), donc on s<est bien enmitoufles!

Le lendemain, il pleuvait a verse et il faisait toujours froid. On est sortis pour decouvrir qu<il avait neige durant la nuit sur les hauteurs et qu<a 100 metres au dessus de nous, toutes les montagnes etaient couvertes de neige! Le paysage splendide a compense pour notre dejeuner, assez spartiate. Les Kazakhs et les Kyrghyzs mangent du pain a tous les repas: il y en a donc tout le temps au dejeuner, accompagne de confiture (ce qui est bien) et de beurre ou creme locale (ce qui est moins bien). Le plat de resistance du matin alterne cependant entre un espece de gruau au riz ou a la levure (ce qui varie de vraiment ordinaire a correct, selon le nombre de cuilleres de sucre ajoutees), des crepes ou des oeufs miroirs. Ce matin la, on a eu du gruau a la levure de categorie assez moyenne (Meme: et Francois est vraiment genereux la...) Apres notre dejeuner, on a salue les Britanniques qui partaient puis on est redescendus vers Ak-Suu avec les Flamands (et leurs guides). On a parle tout au long du voyage, alternant entre francais et anglais (en bons Belges, ils parlaient aussi l<autre langue nationale). Le retour s<est fait rondement. On a dine de nos bons (et moins bons) poissons en canne achetes a Karakol pendant que leur guide leur preparaient une super salade. On a quitte les Flamands en arrivant pres de la maison avec le chien dement dont on vous parle plus haut en arrivant (toujours attache!). Stan et Annelien partaient le lendemain avec leur chauffeur (oui oui ils avaient un chauffeur prive) vers la vallee de Jeti Oguz, qu<on voulait aussi aller visiter cejour -la. Ils nous ont donc invite a venir avec eux le lendemain, ce qu<on a accepte! Alors qu<ils revenaient vers Karakol dans leur 4x4, on a pour notre part marche vers l<arret du minibus qu<on a pris pour revenir en "ville". Une fois arrives, on est alles faire le blog au cafe internet (tout en recroisant les Flamands et d<autres touristes vus a Altyn Arashan: Karakol, c<est pas une tres grosse place...). Apres, on est alles mange dans un petit resto. En chemin, on a croise une femme qui visiblement allait se marier ce jour-la: elle etait toute en robe blanche et portait un chapeau pointu. Il y avait aussi des demoiselles d<honneur tout habillees en jaune. On a soupe dans un resto situe dans une mignonne isba. A l<interieur, par contre, tout etait tamise, il n<y avait aucune musique et seul un couple de Kyrgyz chuchottait dans un coin. C<etait un peu etrange comme atmosphere disons! Meme a mange du borsch semi-chaud qui n<a pas semble lui faire car ses intestins ont commence a faire des siennes le lendemain... On est donc revenus a notre Bed and breakfast (chez Jamilia ou on avait laisse nos affaires), ou on a bu du the jusqu<a l<arrivee d<un bruyant groupe d<alpinistes suisses et autrichiens qui se sont installes a la table ou on etait pour boire. On s<est donc mis a leur jaser, tout en prenant des shots de vodka (nos premiers en Asie centrale) avec eux. Ils revenaient de gravir une montagne de 7500m dans les Tian Shan en Chine! Disons qu<a cote de leurs doigts pleins d<engelures, notre balade a Altyn Arashan avait l<air bien pepere! Fidele a son penchant pour les personnes agees, Meme est rapidement tombe en amour avec le papi autrichien qui etait le boute-en-train du groupe et qui, malgre sa connaissance de l<anglais qui se limitait a a peu pres 15 mots, n<arretait pas de rire et de conter des jokes en allemand. On a finalement pris conge de nos amis du moment pour aller se coucher!

Vous devez en avoir assez la, non?

A bientot!!

P.S. Dans les commentaires precedents, on demandait de parler des samovar. He bien un samovar est l<equipement dans lequel ils font chauffer l<eau pour le the. C<est un espece de grand vase en metal, avec un robinet en bas pour faire sortir l<eau. Il y en a dans presque toutes les maisons, sauf que dans ce cas ils sont electriques. Ils peuvent deposer la theiere qui contient le the super concentre juste en haut du samovar, pour qu<il reste chaud. Quand on est en campagne ou dans les yourtes, ils ajoutent un gros tuyau en haut, dans lequel ils deposent de la braise pour faire chauffer l<eau. Voila!

jeudi 5 juillet 2012

Lacs Kol-Say!

Rebonjour à tous, en direct de Karakol, au Kyrgyzstan!

Ici Mémé! On était donc rendus dans le tour vers les lacs Kol-Say. À peine remis de nos émotions pour trouver le bus, on a fait la rencontre de notre guide, qui n'a juste jamais arrêté du parler du voyage! L'homme est un personnage en soi: une quarantaine d'années, tout bedonnant, mâchant ses mots et racontant des blagues et des histoires sans arrêt! La "nuit" dans le bus a été sans problème (aussi agréable que peut l'être une nuit sur un siège de bus vaguement inclinable) et on est arrivés vers 7h le matin à Saty, un petit village dans l'est du Kazakhstan. Notre arrivée a Saty était vraiment une plongée au sein du Kazakhstan rural: rues en terre battue, caniveaux a ciel ouvert, vieux véhicules, vaches, chevaux et chiens en liberté, paysans affairés aux champs ou à réparer une vieille Lada... Le tout planté au fond d'une vallée verdoyante cernée de montagnes, près d'une rivière tumultueuse. Bref, une fois arrivés, notre tonitruant guide s'est mis à dispatcher les touristes pour la nuit dans les familles du village, mais évidemment on ne comprenait rien de ce qui se passait (on se rappelle qu'il ne hurle qu'en russe)! On a fini par faire comprendre au guide qu'on ne parlait pas russe, il a crié quelque chose dans l'autobus et personne n'a répondu... Il fallait donc probablement comprendre que personne ne parlait anglais dans le tour! J'avoue que j'étais déçue parce que depuis notre arrivée on n'a pas croisé beaucoup d'autres touristes et ça me manque un peu (François: disons que ce n'est peut-être pas une grosse surprise en venant au Kazakhstan!)... J'espèrais donc secrètement qu'on se trouve des amis dans cette fin de semaine! On a fini par sortir prendre nos bagages et on s'est rendus dans une maison proche, avec deux touristes kazakhes, dont une qui parlait un anglais minimal et un peu d'allemand. On dormait dans une petite maison mais c'était très bien! La cuisine de la maison est à l'extérieur, les "toilettes" aussi. Dans leur jardin, ils faisaient pousser leurs propres patates... et leur propre pot, bien en vue de la rue! On est allés marcher un peu dans le village, voir de quoi ça avait l'air: comme on vous a dit, c'était un vrai village de campagne, assez pauvre, plein de boue, des vaches, des poules, des chiens... Notre marche s'est terminée quand François a pilé dans la seule bouse de vache bien fraîche de la rue, toujours aussi habile! On a ensuite déjeûné avec les deux autres Kazakhes, c'était une espèce de soupe avec des céréales dedans, du bon pain maison et... du lait frais, de la crème, du beurre et du fromage... Je sais pas si c'est parce qu'on est difficiles, mais les produits laitiers kazakhs ne tentaient pas trop à nous et à nos intestins! Les deux filles, elles, se régalaient du lait température pièce (dans lequel flottait de gros bouts de crème jaunâtres)... On a au moins goûté au fromage maison: du lait mélangé avec du sel, séché au soleil! C'était correct... Par contre, le thé est génial! Ils en boivent tout le temps, à chaque repas et il est super bon! C'est du thé noir et ils versent une infusion vraiment vraiment concentrée dans les tasses, avant de rajouter de l'eau par-dessus. On a fait une sieste pour essayer de racheter la mauvaise nuit en bus et on est partis en autobus pour les lacs Kol-Say. On s'est arrêtés devant le premier lac, super joli car l'eau est turquoise pure, entouré de grandes montagnes! Comme apparemment le deuxième lac est encore mieux, une bonne partie du groupe (dont nous) est parti en randonnée. C'était différent de notre randonnée de la veille: là on était vraiment en forêt, sur des chemins escarpés. Juste avant de partir, on ramassait notre dîner (super santé: biscuits au beurre, Snickers et pomme), et on a entendu deux personnes parler anglais. Mon "do you speak english?" était vraiment plein d'espoir! Et en effet: c'était deux Américains, un qui venait visiter son amie qui faisait son doctorat à Almaty (François: vraiment précis comme doctorat: l'impact de la colonisation russe au 19e siecle sur la société kazakhe, notamment via l'étude des plaintes déposées au gouvernement local par les femmes kazakhes malheureuses dans leur mariage). On a donc passé pas mal toute la fin de semaine avec eux! Ils étaient super gentils (surtout le gars) et parlaient très bien russe, donc ils traduisaient ce que le guide disait, du moins ce qu'il disait d'important vu que le 3/4 du temps c'était semi-pertinent... On a monté pendant un bon 4h le long de la rivière bouillonnante qui lie les deux lacs, alors que nous avions une vue magnifique des montagnes... et de notre guide rendu en bédaine. La montée n'a pas été si difficile parce que le rythme n'était pas trop rapide. En effet, les Kazakhs n'étaient pas vraiment équipés pour marcher, plusieurs étaient en sandales! On a dîné devant le deuxième lac, plus grand que le premier, mais aussi beau je dirais. Durant la montée, François s'était lié d'amitié avec un lieutenant de l'armée kazakhe qui étaient vraiment intéressé par le Canada... On a parlé un peu avec lui, il était fan des baignades dans l'eau glacée et exprimait haut et fort ses prouesses dans le lac... Les Américains ont redescendus à cheval, et on est partis un peu après eux, juste François et moi. Je sais pas ce qu'on a fait mais on est vraiment arrivés rapidement, une bonne heure avant tout le reste du groupe. On a attendu sagement, moi refusant toutes les demandes de François pour retourner au lac, essayer un autre trajet, aller voir plus haut en montagne... eh le petit, jamais satisfait! (François: ben là! C'est pas comme si on était au Kazkahstan souvent!)

Après le retour du groupe, on est revenus à la maison de campagne et on a soupé: une grooooosse assiette de boeuf, de patates et de salade de chou. C'est assez classique comme repas: comme aime le dire Talgat "viande, toujours viande". Et on peut dire que les patates ne laissent pas leur place non plus (elles sont bonnes parce que bien beurrées)! On a aussi goûté au poisson que les deux touristes kazakhes qui partageaint notre maison avaient commandé, et on a pu échapper encore une fois au lait frais (le même que ce matin, resté sur la table, qui avait maintenant son lot de grumeaux...) On a jasé un peu avec les filles mais c'était assez complexe avec les rudiments d'allemand de François et de la fille. Après on a eu droit au Banhya russe: un sauna dans le fond! C'était quelque chose, je n'avais jamais rien vu d'aussi chaud!! Après, on était juste crevés et on a dormi comme des bébés dans l'air frais de montagne!

Le lendemain, on allait visiter un autre lac, emblématique du Kazakhstan. Il n'a que 101 ans, il a été créé après un tremblement de terre, donc les arbres de la vallée ont été engloutis. Leurs troncs sont encore présents au milieu du lac, ce qui lui donne sa particularité (en plus de sa couleur turquoise). Par contre, les chemins pour se rendre étaient beaucoup plus ghettos que la veille, on devait y aller en 4x4. Ok bon je dis 4x4 mais c'était plutôt "vieille carcasse cabossée et rouillée de ce qui a déjà été un camion soviétique, rapiécé par du tapis et des bouts de ferraille, sentant le gaz et peint en kaki". C'était juste impossible que ça roule encore et que ça fasse en plus des chemins difficilement praticables en 4 roues... Mais bon, si les Kazakhs le font et qu'il survivent, pourquoi pas nous ? La piste que nous suivions était particulièrement défoncée, traversant à gué une rivière en furie à 2 reprises. On s'est finalement rendus au point de départ de notre randonnée après près d'une heure à être secoués comme dans une sécheuse qui se serait emballée!

On a marché jusqu'au lac, encore turquoise et translucide, puis jusqu'à la rivière qui y mène. On a essayé d'y tremper nos pieds mais c'était beaucoup trop froid! C'est là aussi qu'on a pu découvrir un peu nos compagnons de fin de semaine, dont un beaucoup trop fier de son corps, qui se mettait en bobettes sans arrêt. C'était le premier à plonger dans chaque lac, faisait des poses et restait beaucoup trop longtemps dans cet attirail pour les besoins de la cause... C'était même devenu un running gag avec les Américains, de savoir quand le gars allait se déshabiller! On est remontés comme des paresseux: à cheval! En effet, des habitants de la place nous avaient suivis avec leurs chevaux et offraient de nous faire remonter la pente contre quelques tenge (la monnaie kazakhe). C'était bien, mais quand même un peu douloureux pour les fesses. En haut notre guide tonitruant et ses acolytes avaient installé une grande tente pour pouvoir dîner dessous. On était tous assis par terre sur des couvertures, c'était assez rustique! Une des Kazakhes a acheté une mixture blanche: du lait de jument fouetté, température pièce! On s'en est fait offrir, mais juste l'Américain et François en ont pris. Il paraît que c'est comme du lait chaud mélangé avec du vinaigre, c'est sur. Ai-je besoin de dire que François n'a pas fini son verre?? (François: imaginez-vous voire du lait pasés date tout en mangeant des bonbons surette, le tout contenu dans une vieille bouteille de coke laissée au soleil: voilà, vous venez de boire du lait de jument fouetté) On a mangé un excellent plov, des salades et beaucoup de thé. François était à côté de son ami militaire, qui a remarqué qu'on avait une alliance. He oui, depuis le début du voyage, on a de fausses alliances, c'est supposé nous faciliter les choses pour trouver une chambre d'hôtel. Il y aussi que si jamais je suis seule et qu'un homme m'énerve, je n'ai qu'à montrer mon alliance et il paraît qu'ils ont peur du mari et laissent tomber. Bref, c'est mieux côté sécurité mais en même temps tout le monde nous pose des questions. Donc, François dit au militaire sans être trop convaincu que oui, on est mariés. Au même moment, l'Américaine me demande depuis combien de temps et la la la. J'ai tellement fait une face de poisson parce que je voulais pas leur mentir à eux, mais en même temps je ne voulais pas raconter l'histoire en anglais parce que le militaire aurait compris, alors j'avais juste la bouche grande ouverte avec un air niais. L'Américain a dit: "Oh I see, since one week!" Bref, c'est un peu du caca cette histoire d'alliance...


Après avoir dîné et expliqué aux américains que nous n'étions pas vraiment mariés (la fille qui fait son doc à Almaty a vécu au Kyrghyzstan pendant un an et demi nous a tout de même conseillé de garder nos alliances pour le Kyrgyzstan et l'Ouzbékistan), on est retournés au village, encore dans notre belle antiquité soviétique brinquebranlante (François: quand ces camionnettes-là ne sont pas complètement rouillées, elles sont assez cutes: elles sont aux pays de l'ex-Union soviétique ce que sont les Westfalia au Canada). On a fait nos valises et comme il restait du temps avant le départ, on est allés voir la petite mosquée du village. Super belle, toute neuve, ça fittait pas vraiment dans le décor! Il faut comprendre que depuis la fin de l'ère soviétique, l'Arabie Saoudite et l'Iran subventionnent la construction de mosquées dans tout l'espace post-soviétique, donc ça peut peut-être expliquer! En chemin, on a croisé des enfants, qui jouaient tranquillement sur leurs ânes, et on est revenus vers le bus. Le retour a été quand même long. C'était magnifique: des steppes, des grandes montagnes etc, mais assez redondant (François: le fait qu'il faisait chaud et qu'on a roulé à 15 km/h pendant des siècles sur une route en construction n'aidait pas non plus!). On dirait que le paysage ne changeait pas tellement tout était grand. On a passé le temps en écrivant le blog. Après de longues steppes, le paysage s'est mis subitement à changer, un canyon se creusant progressivement à droite de notre route. On a fini par s'arrêter pour découvrir presque sous nos pieds une rivière qui coulait 200m plus bas, entourée de hautes parois rocheuses dignes du grand canyon! En fait, la comparaison n'est pas fortuite parce que le canyon de la rivière Charyn au Kazakhstan est le 2e plus grand du monde, après le grand canyon américain. C'était vraiment magnifique: on va essayer de visiter davantage le canyon lorsqu'on reviendra au Kazakhstan en août! Sur le bord du canyon il y avait les restes d'un vieux bunker soviétique, mis en place à cet endroit pour contrer une éventuelle invasion chinoise, du temps ou l'URSS et la chine communiste avaient cessé d'être de bons amis et se regardaient en chien de faience de part et d'autre de la frontière. Après le canyon, on s'est arrêtés dans un village pour souper, on a mangé des pirochkis, un peu comme des empanadas mais avec des patates, c'était super bon! On est revenus vers 11h et le militaire ami de Francois nous a négocié un taxi. Il ne s'agissait pas vraiment d'un taxi officiel mais d'une voiture tout ce qu'il y a de plus banal, conduite par un kazakh retournant sans doute du travail. Il faut comprendre qu'en asie centrale, toutes les voitures sont des taxis potentiels: les gens font un signe de la main et une voiture s'arrête, qu'il s'agisse ou non d'un taxi. Les gens cherchent à économiser sur le coût de l'essence: c'est en quelque sorte du covoiturage.On est donc revenus chez Talgat. On se rappelle qu'ils aiment nous nourir? On arrive vers 11h15, Talgat super heureux de nous revoir, dit quelque chose à Assel, qui va dans la cuisine. 10 minutes plus tard: "Le souper est prêt!" Euh.... il est presque minuit? Donc on a re-soupé avec Talgat!



Le lendemain, on était ENCORE à Almaty pour une journée. Almaty est une bien belle ville, mais on avait un peu envie de voir autre chose... Malheureusement, le bus pour se rendre au Kirghyzstan était à 22h la veille donc on ne pouvait pas le prendre au retour des lacs Kol-Say... Il fallait donc attendre au soir a 22h... Le lendemain matin donc, on a fait notre lavage et j'ai aidé Assel à faire des pancakes. Ça peut être le moment de parler du gras. Il y en a partout! C'est exagéré! Les pancakes étaient presque frits, le plov est plein d'huile, il y a des bouts de gras partout, les assiettes suintent l'huile, c'en est déprimant! Bref, on a déjeûné avec Assel avant qu'elle parte avec sa fille Laura pour ses cours de natation. Talgat avait deux entrevues d'embauche cette journée-là. Ça fait trois mois qu'il n'a pas d'emploi, car son employeur l'a congédié quand il a su qu'il voulait immigrer (François: un beau cas de droit du travail si ça s'était passé au Québec!)... Il est donc parti, laissant Alien (leur fils) seul à la maison. Il paraît que c'est normal, laisser des enfants de 5-6 ans seul pour quelques heures! Une "demanderesse d'immigration" durant le souper l'autre jour se demandait justement si la DPJ allait lui enlever ses enfants si elle les laissait seuls pour faire son jogging au Québec...

On est partis vers la gare pour acheter nos billets vers le Kyrghyzstan et on a dîné dans un place à kebab super bonne. Le gars était vraiment gentil (pour ce qu'on comprenait de ce qu'il disait...) et j'ai fini par comprendre qu'il était Chinois (il se pointait en disant Nihao) François s'est donc empressé d'aller lui montrer ses talents en mandarin et ils ont jasé un peu (François: "talents"... n'exagérons rien, la conversation se limitait quand même à des choses assez basic! Entre autres choses, on a notamment appris qu'il était ouighour et qu'il avait immigré au Kaz). Après, on est allés à la recherche d'un café internet pour écrire notre blog. Notre premier essai a été infructueux: on s'est retrouvés dans une place louche et mal éclairée ou il y avait plein de machines à sous! On en a finalement trouve un qui était beaucoup mieux! Puis, on est partis à la recherche d'un bazar. Le problème c'est qu'on était pas mal excentrés et aucun bus ne semblait se rendre au bazar. Après 3 bus pris au hasard, des indications des locaux et 15 minutes à attendre à un arrêt sans que le bon bus passe, on s'est dit que le bazar allait être fermé et on s'est rendus vers l'autre marché de la ville plutôt. Là, légère déception. On s'imaginait un marché comme dans la route de la soie, des tapis, des vieux bibelots, des vieux vendeurs etc... mais c'était un centre d'achat: accessoires pour cheveux, chandails, pharmacies... bref, rien de trop trop dépaysant mais agréable pour l'ombre! On a marché dans un coin de la ville qu'on n'avait pas vu (oui, il y en avait encore!), c'est-à-dire une rue piétonnière touristique. Bah en fait, touristique pour les Kazakhs... Justement, on s'est aussi fait arnaquer pour la première fois. Dans une roulotte ou ils faisaient de la bouffe chinoise, la madame a juste mis plein d'aliments différents et beaucoup plus que ce qu'on avait demandé, alors ça a coûté 20$, ce qui est une fortune ici. C'était pas trop pire comme arnaque, mais ça nous a rappelé d'être sur nos gardes, même au Kazakhstan!

On est retournés chez Talgat, en passant par le supermarché acheter des biscuits pour les enfants et du chocolat. On a fait nos valises en vitesse parce qu'ils partaient pour deux jours dans les montagnes avec des amis, et allaient nous mener à la gare juste avant. On leur a dit au revoir, en se faisant ré-inviter pour notre retour à Almaty à la fin du voyage!

On était d'avance à la gare et comme la ville n'est pas super sécuritaire quand il fait noir, on a jasé dans la gare. À 21h45, on se rend à la barrière pour accéder aux bus, on passe et on se rend au bus. Le conducteur, qui était un vieux Kyrghyz à casquette ayant décoré son autobus avec des toiles de la Mecque, vient nous voir pour nous dire qu'il faut payer pour les baggages. Il nous dit d'aller à la caisse 4. À la barrière, on demande au gardien ce qu'il faut faire, il dit caisse 1, on va voir à la caisse 1, qui nous dit d'aller voir à la caisse 4, qui nous dit d'aller à la caisse 3. On réussi à comprendre qu'on est à la bonne place et que tout le monde attend pour la même chose. On était un peu stressés parce qu'il restait 5 minutes avant le départ de l'autobus... Après s'est sauvagement fait dépasser par un monsieur, on réussit à avoir les billets pour nos valises. Heureusement, il y a beaucoup de mots en russe qui viennent du français, donc souvent on est capables de comprendre ce qui est écrit. Ex: baggages se dit baggages en russe, avocat = advocat, notaire = notarious... police, passeport, commissariat... ça nous facilite grandement les choses, mais si au final on comprend rien de ce que disent les gens!



On est rentrés dans l'autobus presque à temps, autobus qui devaient être à la fine pointe de la technologie il y a 20 ans. Il faisait atrocement chaud et le bus arrêtait à chaque heure pour des raisons inexpliquées. On a passé les douanes kyrghyzes vers 2h du matin. La sortie du Kazakhstan était plus stricte que pour entrer au Kyrghyzstan! Chez les Kyrghyzs, on est allés voir un douanier qui jouait au solitaire, qui nous a envoyé voir un autre qui écoutait un film en fumant dans son bureau, qui a scanné nos passeports, et on est passé. Voir que ça a été si compliqué obtenir ce ** papier, qui a pris 2 secondes à être scanné! On en tenté de dormir pour le reste de la nuit, on est arrivés à Karakol, dans l'est du pays vers 10h le matin. Un peu avant d'arriver, un autre passager nous expliquait dans un anglais de base qu'il était traducteur russe-chinois. Lui et François ont donc passé un bon bout de temps à discuter ensemble après en chinois.


Bon, on vous laisse ici, à notre arrivée à Karakol!

lundi 2 juillet 2012

Almaty, encore et toujours!

Rebonjour tout le monde!

Ici Mémé! On vous écrit d'Almaty (encore!), qui a été notre hub pour les derniers jours!

Attention âmes sensibles: ce message est trèèèèès long! Si vous ne voulez pas lire et simplement savoir si on est encore en vie, la réponse est oui, même si François a bu du lait de jument chaud dans les dernières heures.

Après notre première soirée avec Talgat et Assel, on s'est levés un peu tard et on a visité la ville avec eux en voiture (comme on vous l'a déjà dit plus tôt, ils voulaient vraiment nous montrer leur ville! ils insistent toujours pour nous aider, nous nourrir et nous emmener partout!) Avant tout, par contre, il fallait qu'on s'occupe de nos fameux visas ouzbeks et donc qu'on fasse d'abord un arrêt à l'ambassade d'Ouzbékistan, question de considérer d'avoir peut-être un jour éventuellement le droit de visiter ce pays-là. Après de longues tergiversations entre Talgat et le garde de faction devant l'ambassade, on a fini par comprendre que l'ambassade était fermée le mercredi (???) et donc qu'il fallait revenir demain. Rhaaa! Suite à ça on a visité le parc Panfilov, nommé en l'honneur d'un héros soviétique mort durant la seconde guerre mondiale. À l'entrée du parc se trouvait un monument commémoratif de toutes les guerres qui ont ébranlé l'Union soviétique depuis 1917. Le monument en soi faisait aussi très URSS, avec ses statues massives assez épeurantes! On est aussi passé devant le musée des anciens intruments de musique kazakhs, mais malgré l'intérêt de s'enfermer dans un batiment pour regarder de vieux artefacts n'y était pas de notre part disons en une si belle journée!...  Le parc Panfilov est un joli parc tout simple avec de grands arbres et au milieu duquel trône une magnifique cathédrale orthodoxe. Elle est toute colorée, on la dirait tout droit sortie des cartes postales de Russie! Talgat et Assel étant musulmans (non-pratiquants), seuls François et moi sommes entrés à l'intérieur. Dans l'atmosphère tamisée de l'église, les murs étaient magnifiquement ornés d'icônes dorées vers lesquelles priaient de vielles babouchkas russes édentées.

On est ensuite allés visiter la grande mosquée d'Almaty, qui peut accueillir jusqu'à 3000 personnes. J'ai donc dû me couvrir les bras et me mettre un foulard pour la première fois! Nous nous sommes par la suite dirigés vers la grande salle de prière, ou habituellement les femmes ne sont pas admises (elles vont dans une salle à part). En tant que touriste, par contre, Talgat a demandé à quelqu'un qui semblait être le responsable de la mosquée si je pouvais y entrer et il a accepté, ce qui semble quand même être un grand privilège! À l'intérieur, après s'être déchaussés, on a observer les hommes faire leurs prières. L'intérieur de la mosquée, très épuré, était très beau: le sol était recouvert de tapis alors que les murs en céramique blanches n'étaitent couvertes d'inscriptions arabes qu'à l'avant de la mosquée. On est cependant pas trop restés longtemps parce que ma présence avait l'air de gêner un peu les hommes. En fait, à un moment donné, un homme s'est mis à me fixer, Tolgat est devenu nerveux et nous a dit : "Ok on y va!" Disons que c'était le temps de partir! Reste que le simple fait que j'aie pu accéder à la grande salle de prière dénote l'islam ouvert pratiqué par les Kazakhs. Paranthèse de François: Selon Talgat peu de gens sont vraiment très pratiquants au Kazakhstan: la plupart sont un peu comme nos catholiques non-pratiquants et ne fréquentent les mosquées que lors des grandes occasions. Sans compter le fait que l'interdit de l'alcool est difficile à accepter pour un pays abreuvé par la vodka! L'islam radical a aussi traditionellement eu peu d'impacts sur la société kazakhe, nomade jusqu'à récemment et située aux marges du monde musulman.

Retour de Mémé: après la mosquée, on est allés au parc Gorky, qui est l'équivalent kazakh de la Ronde chez nous. Talgat et Assel sont partis à leur cours de français et on a relaxé sur un banc de parc en mangeant une crème glacée. Devant nous des dizaines de  militaires sont passés. On ne sait pas trop ce qu'ils fasaient dans un parc d'attraction en uniforme, mais ils étaient jeune et devaient probablement effectuer leur service militaire, obligatoire au Kazakhstan. Le parc Gorky est assez grand et contient un parc d'attractions, un zoo ("a sad zoo" selon le Lonely Planet et donc je n'ai pas voulu y aller...) et un lac artificiel. On a même pu admirer Mickey Mouse, Spiderman, Bob l'éponge et autres mascottes au costume homemade! Après s'être fait dire "hello how are you" par des filles qui semblaient participer à un concours de Miss Kazakhstan, on a fini par faire un tour de grande roue pour pouvoir admirer les montagnes au loin. Après le parc, on a marché vers ce que le guide indiquait comme étant l'adresse d'une agence d'écotourisme. Le but était de réserver un tour pour aller visiter les lacs de l'est du pays, ce qu'on ne peut pas faire nous mêmes sans que ça nous coûte les yeux de la tête! En chemin, on s'est arrêtés à l'épicerie pour vérifier la disponiblité de certains produits. En effet, au détour d'une conversation, Assel nous a fait comprendre qu'elle aimrait bien qu'on lui prépare un souper québécois! Ça a rapidement pris de l'ampleur quand elle nous a dit qu'elle avait écrit à des amis souhaitant immigrer au Québec pour les inviter à souper le lendemain! Disons que ça nous mettait de la pression mais ça nous faisait bien plaisir pour les remercier de leur excellente hospitalité! Par contre, restait à trouver les ingrédients et ils n'ont pas de four! La poutine étant éliminée d'emblée à cause de l'impossibilité de trouver du fromage en crotte et de la sauce brune, on a donc décidé de faire du pâté chinois, mais sans le mettre au four... Après l'épicerie, on a cherché l'agence de voyage sans la trouver avant de se dire qu'elle avait sûrement déménagé! Le désavantage de voyager dans un zone pas trop touristique comme l'Asie centrale, c'est que le Lonely Planet n'est pas souvent mis à jour (on a le plus récent et il date de 2010) et n'est pas toujours précis... Soit dit en passant, c'est vraiment difficile de trouver une adresse à Almaty. Premièrement, les noms de rue ne sont pas au coin mais en haut de la voie à l'intersection, ce qui est surprenant au début. Après, trouver le numéro de porte est tout un défi: il y en a très peu et sont mal indiqués. Quand on cherchait Stantours par exemple, un bord de rue était dans les 240 alors que l'autre était dans les 50! Bref: on était déçus de ne pas avoir trouvé l'agence et on est allés dans un café internet pour écrire le blog. Malheureusement, j'ai eu faim et on a quitté parce que je devais désagréable (François: pour ceux qui ne le savent pas, en voyage et dans la vie en général, le moral de Mémé est inversement proportionnel à l'intensité de sa faim!). On a finalement mangé dans une cafétéria et c'était bien bon!

On est ensuite revenus à l'appartement en métro. Le métro d'Almaty est tout récent: il date de 2010. Il a une seule ligne de 7 stations. Il est hyper profond et étincelant de propreté. Les stations sont impressionnantes, avec des lustres, de la céramique sur les murs et des planchers en marbre sur lesquels on pourrait manger. Il y a même des mosaïques et des oeuvres d'art en céramique! On gage que le beau-frère du président du Kazakhstan a une compagnie de marbre et de céramique?

De retour à l'appartement, Talgat et Assel étaient absents puisqu'ils avaient un examen à l'Alliance française et on a donc décidé de faire une sieste. À leur retour, ils nous ont servi du plov et tout un souper, tout en paraissant presqu'outrés qu'on ait été manger au restaurant plutôt que chez eux! C'est à ce moment-là aussi qu'on a rencontré leurs enfants, Alien (oui oui), 7 ans, et Laura, 3 ans. Ils sont très gentils mais sont aussi de vraies pestes! Ils ne connaissent que "bonjour" et "bonsoir" en français, et donc notre relation avec eux se résume à faire des drôles de bruit et à leur faire peur... Mais dès qu'on leur donne de l'attention, on en a pour des heures! d'ailleurs, leur éducation est différente de celle qu'on donne aux enfants chez nous: ils se couchent souvent à minuit et mangent du dessert et des biscuits en quantité impressionnante, à n'importe quelle heure!

Le lendemain fut une journée de paperasse et de procédures. On est partis en voiture avec Talgat (qui avait encore insisté pour nous y conduire!) vers l'agence de voyage dont on avait trouvé la bonne adresse., question de finalement réserver notre tour vers les lacs de l'est du pays. Après, on est allés à la gare de bus pour trouver un moyen de se rendre au Kyrgyzstan.L'ode au béton armé qui sert de gare à la ville d'Almaty est à peu près aussi jolie que celle des villes vietnamiennes (donc assez moche), mais les gens sont franchement moins achalants! En chemin, Talgat nous parlait de sa ville et de la culture kazakhe. Une chose qu'on aime particulièrement: quand une auto en laisse passer une autre, ils la remercient en allummant les feux d'urgence pour quelques secondes!  Tout le monde le fait et ça fait très poli! Après la gare, on est allés dans un café internet pour résussir à enfin écrire le blog! On se sentait mal parce que Talgat attendait pour rien mais il voulait tellement venir avec nous et passait son temps à nous dire "non c'est normal que je vienne avec vous, je dois vous aider!" Il est un peu papa poule! Puis, ce fut enfin l'ambassade ouzbèke, pour une seconde fois en 2 jours. Comme ce n'était pas encore ouvert, on a fait la file avec plein de gens qui attendaient face au garde de faction. Finalement ce dernier a fini par nous dire d'entrer. On est passés dans l'arrière-cour puis dans une petite pièce pleine de monde, ou un fonctionnaire ouzbek grisonnant a fini par nous faire notre visa! Yéééé! Il y aura donc une partie "Ouzbékistan" à notre voyage!

En prévision de notre souper québécois du soir, nous sommes ensuite retournés à l'épicerie. Les "quelques amis" qui devaient être présents s'étaient mués en une journée en ... 14 personnes! On a donc acheté les ingrédients et on a décidé de faire du sucre à la crème comme dessert! Talgat nous a dit que c'était la première fois qu'il allait utiliser de la crème 35% donc il était bien curieux... On était contents parce qu'on a réussi à payer, alors que d'habitude il insiste toujours pour le faire. Arrivés à l'appartement, le stress a augmenté car je me suis rappelée que je ratais mon sucre à la crème 95% du temps... L'après-midi a été chaud: déjà qu'il faisait particulièrement chaud ce jour-là, être deux dans une petite cuisine avec le poêle à gaz allumé était infernal! Leurs amis sont arrivés (en retard, c'est normal pour les Kazakhs paraît-il) et on a commencé à jaser avec eux.

François: ils étaient tous très sympathiques et hyper-motivés à étudier le français et à immigrer au Québec. Inutile de dire qu'on est rapidement devenus le centre d'attention! Notre pâté chinois a fait fureur, le sucre à la crème aussi (qui était presque dur...). Comme on l'a déjà dit, les Kazakhs aiment beaucoup manger, et beaucoup boire d'ailleurs. Les invités avaient beau avoir entre 30-40 ans, avoir des enfants et travailler le lendemain, la plupart ont bu au cours de cette soirée d'amis comme on le ferait à un party de CÉGEP. Bière, vodka, cognac etc coulaient à flot! Finalement, tout lemonde est parti vers 1h du matin, laissant Talgat assez pompète, tenter de m'expliquer que s'il était saoul c'est qu'il ne buvait pas souvent :)

Le lendemain, on s'était fixé comme but de sortir d'Almaty, ou on était restés un peu coincés en raison du fait qu'on devait y faire des visas, réserver un tour et... faire des visites à la plus grande joie de Talgat! On a donc décidé d'aller marcher vers le grand lac d'Almaty (Ozero Bolshoe Almatinskoe) en "banlieue" de la ville. Naturellement, avant de partir, Assel nous avait préparé un déjeuner (3e jour de suite ou onétait nourris presque exclusivement par elle!) Là c'était un reste de gâteau de la veille mais d'habitude c'est des crèpes, omelettes, pancakes, un genre de gruau... L'hospitalité kazakhe est comme ça apparamment: les invités sont traités comme la famille et c'est presque un déshonneur de ne pas prendre le plus grand soin d'eux. Si on dit qu'on va aller au restaurant (dans le but de ne pas abuser et pour leur laisser du temps entre eux) ils sont presque insultés qu'on ne veuille pas manger chez eux! En revanche, ils apprécient beaucoup les petites attentions (genre avoir préparé un souper québécois) et les cadeaux (pour lesquels ils ne remercient pas beaucoup, contrairement à nous qui sommes super reconnaissant pour l'attention). Après déjeuner, on a pris le bus vers les montagnes au sud de la ville. Arrivés au terminus, on aurait difficilement pu croire qu'à moins de 50 km on était en pleine ville: végétation alpine, isbas, rivières, moutons, yourtes... On a suivi la route jusqu'à un barrage hydroélectrique, en croisant au passage des Kazakhs qui faisaient des BBQ dans la forêt. La météo a soudainement fait des siennes (très imprévisible en montagne) et il s'est mis à pleuvoir alors même qu'on s'apprêtait à pique-niquer avec notre reste de pâté chinois. Par la suite, on s'est rendus compte qu'on avait raté l'embranchement/raccourci vers le lac, donc on a décidé d'y aller par la route. On a oublié de vous dire que le lac est à 2500 m d'altitude et Almaty est èa 1000 m au plus haut. Disons qu'à partir du barrage, ça grimpait pas mal! On a suivi la route en lacet pendant 2h et Mémé ne s'est (presque) pas plainte! On est finalement arrivés au bord du lac, retenu par une genre de digue. Notre première impression du lac nous a laissés un peu perplexes... Juste en bas de la digue, le lac était clairement plus bas que son niveau normalé Il faut mentionner que le lac fournit l'eau à la majorité des maisons de la ville d'Almaty! On était donc un peu déçus après 4h et 15 km de marche, d'autant plus que devant nous nous accueillaient de repoussantes vieilles structures soviétiques... Le lac en soi était pourtant magnifique: l'eau est turquoise! Le lac est logé entre d'impressionnantes montagnes enneigées. On n'a pas pu l'admirer longtemps parce qu'au même moment, un coup de sifflet retentit d'un des bâtiments décrépis et un policier s'est mis à nous crier après en russe. On s'est donc approchés de sa cabane comme il nous le demandait, appréhendant un peu notre première rencontre avec les autorités kazakhes... Finalement le gars était super fin et nous a fait comprendre dans un anglais plus qu'approximatif qu'on n'avait pas le droit de se promener sur la digue, pendant que ses collègues militaires se bidonnaient de ses prouesses anglophones. Parenthèse: Mémé a appris en russe à dire "Je ne parle pas russe" = "Ia nié gavariou parouski", ce qui est notre motto depuis notre arrivée puisque tout le monde est convaincu qu'on est russes et nous aborde pour demander des informations...

Apparté de Mémé sur les Kazakhs. À Almaty, il y a beaucoup de diversité ethnique et culturelle. Les gens sont en majorités asiatiques (mais ils sont métissés entre occidenteux et asiatiques), mais il y a aussi beaucoup de blancs, des blonds, des bruns, des roux, des Russes... en fait de tout sauf des noirs. On passe donc facilement inaperçus! En effet, personne ne nous achale pour des taxis, des bébelles ou autres attrapes-touristes, parce qu'ils croient qu'on est Kazakhs aussi! La seule différence est l'habillement. François est en shorts et ici surtout les enfants en portent, les adultes mettent des pantalons longs. Par contre, moi ça paraît plus que je ne viens pas d'ici parce que je suis moins bien habillée que la femme kazakhe moyenne. Les femmes sont vraiment belles et s'habillent super bien. Elles sont toutes maquillées et bien peignées et portent toujours de jolies sandales. Je détonne avec ma couette mal faite, et j'ai même reçu des regard désaprouvant mes gros souliers de marche... Même celles qu'on croise en randonnée en montagne portent des sandales ou des petits souliers, aucun running shoes! La mode à Almaty ressemble beaucoup ici, en peut-être un peu moins sexy. Mais il n'y a aucun problème pour porter des camisoles ou des mini-shorts, sauf dans les mosquées bien sûr ou il faut être voilées et vêtues de la tête aux pieds. C'est bien agréable de passer pour des locaux, mais en même temps c'est beaucoup plus difficile de rencontrer d'autres touristes. Parfois on essaie d'en spotter pour se faire des amis, mais finalement ils parlent tous russe!

Retour de François: Avec les informations du policier, on s'est rendus sur le côté du barrage se reposer un peu, puis on a grimpé encore plus haut. De là, la vue était franchement époustouflante! Après un bon moment, on s'est décidés à redescendre. En chemin, on a croisé un gars qui montait les 15 km jusqu'au lac en vélo... un vrai brave (ou un fou...) On est aussi passés devant une maison ou on savait qu'il y avait un chien pas attaché. Depuis le Vietnam et les mésaventures canines de Mémé, on est méfiants avec les chiens. On a donc ramassé des roches dans le but de faire semblant de leur lancer s'ils devaient être agressifs. À peine avait-on approché de la maison que non pas 1 mais 6 chiens se sont mis à japper après nous avec un air menaçant, dont un chien-loup qui hurlait comme un loup!! Finalement, on a réussi à passer en marchant très doucement, peut-être parce qu'ils avaient vu les roches ou parce qu'ils étaient juste tannés de japper? En tout cas, l'essentiel c'est qu'on a toujours nos mollets intacts, jusqu'à nouvel ordre. On a continué à descendre. Tout au long de notre marche, pour une raison mystérieuse, tous les panneaux routiers indiquaient à chaque 100 m qu'une pente de 12% approchait. On ignore s'il existe un lobby des panneaux de pente de 12% ou si le frère du président est PDG d'une compagnie se spécialisant là-dedans, mais en tout cas il n'existe aucune autre élévation au Kazakhstan que des pentes de 12%...

En descendant, alors qu'il faisait trèsbeau au lac, le ciel s'est couvert et a pris une couleur apocalyptique annonçant un orage de la mort. Au même moment, un couple de jeunes Kazakhs en voiture nous ont demandé si on voulait monter. On a dit oui et 5 minutes plus tard le déluge s'abattait sur la vallée. Ils nous ont laissés à l'arrêt de bus et on est revenus à Almaty sous une pluie torentielle. Dans le bus, un dame qui apprenait le français nous a abordés, au moment même ou on parlait de la concentration étonnante de nos urines malgré la quantité astronomique d'eau qu'on boit (he merde pour le timing).

De retour en ville, on est allés manger dans un café branché avant de revenir chercher nos sacs chez Talgat. Ensuite, on est partis vers le point de rendez-vous de notre tour vers les lacs Kol-Say dans l'est du pays. Les indications  données surnotre papier écrites en russe n'étaient pas très claires. D'autant plus qu'au moment de réserver le tour, Talgat avaint insisté pour s'en occuper lui-même, ce qui au final nous a plus compliqué la vie qu'autre chose! Bref, on attend de 22h40 à 23h sur un coin de rue sombre qu'un autobus se pointe, jusqu'à ce qu'on remarque les chiffres 22h30 sur notre papier. Le bus partait à 22h30 et non à 23h00 comme nous l'avait pourtant dit Talgat?? On s'est alors mis à capoter avant qu'on décide d'appeler un gars de l'agence qui nous avait laissé sa carte. On a donc demandé à un chauffeur de taxi de nous prêter son cell. Après quelques explications houleuses, le gars que j'avais rejoint sur son cell et qui était vraisemblablement dans une discothèque à ce moment-là, finit par me demander de passer le téléphone au chauffeur de taxi. Celui-ci nous a ensuite dit de monter avec lui avant de nous conduire... 2 coins de rue plus loin, soit exactement à l'endroit ou il ne fallait pas être selon les indications du papier... Comme tout bon chauffeur de taxi qui se respecte, ce dernier a alors voulu nous escroqueret nous extorquer 15$ pour le trajet. Heureusement, on savait bien que le coût maximal d'un trajet pour traverser la ville (oui oui, traverser) est de 3$... On a donc tenu notre bout déjà que le 4$ qu'on lui a donné était très bon pour sa peine et ses minutes de téléphone... On a rejoint le bus et son groupe de touristes kazakhs. On s'est finalement endormis au son mélodieux de notre tonitruant et intarissable guide kazakh ne parlant que le russe... Ça promettait!

Bon, c'est assez pour aujourd'hui!

Ce soir on part pour Karakol, au Kirghizstan!